Accueil Numéros Numéro 3 06/2017 La notion d’identité collective

La notion d’identité collective

Richard Wittorski
Article paru originellement dans Wittorski, R. (2008), « La notion d’identité collective »in Kaddouri M., Lespessailles C., Maillebouis M., et Vasconcellos M. (éd.), La question identitaire dans le travail et la formation : contributions de la recherche, état des pratiques et étude bibliographique, Paris, L’Harmattan « Logiques Sociales », (p. 195-213)


Résumé

Cet article entend confronter les points de convergence et de divergence qui existent à propos des différentes définitions de la notion d’identité collective, ainsi qu’à propos des modalités de formation et de transformation de ces dernières. Ce faisant, nous y présenterons les différents travaux disponibles sur la question. Nous verrons d’abord que cette notion d’identité collective engage autant le collectif que l’individu, en ce qu’elle est à la fois révélatrice de la conscience d’un groupe et subjectivement vécue. Il sera ensuite question de la formation de cette identité collective ainsi que de ses modalités d’évolution. Nous verrons ainsi qu’elle se construit en définitive par et dans l’action collective.

Mots-clés : Identité collective, Individu, Collectif, Groupe, Action collective, Wittorski

Abstract

This article aims to bring together points of contention and points of convergence about the different definitions we can find on the notion of collective identity, as well as those about its modes of formation and transformation. While doing that, we’ll introduce the reader to a variety of studies on the issue. Firstable, we’ll consider that collective identity ropes both collectives and individuals in, as it is both one group’s conscience and subjectively experienced. Then, we’ll consider the issue of collective identity formation as well as its modes of evolution. We will therefore see that it is built by and within collective action.

Keywords : Collective identity, Individual, Collective, Group, Collective Action, Wittorski

 


Introduction

Comme le dit Freund « l’identité (nous ajouterons ici collective) est un vieux problème » (1979, p.65). C’est, aujourd’hui encore, une préoccupation forte probablement du fait d’évolutions sociales notables qui conduisent invariablement à remettre en cause les « supports » traditionnels d’identification collective. Il n’est qu’à noter l’ « inflation » des usages du mot identité pour mesurer son importance dans le champ social. On peut alors
légitimement se demander si la notion est toujours porteuse du même sens et, au bout du compte, de quel sens il s’agit.

Concernant la notion d’identité collective qui va nous intéresser ici, on peut constater qu’elle n’a jamais été autant utilisée que dans un contexte de valorisation forte des ‘sujets individuels’. Cette situation peut sembler paradoxale en première analyse, mais il n’en est rien : la quête d’identité collective s’inscrit vraisemblablement dans un contexte d’individualisation plus forte de l’activité humaine et en constitue, d’une certaine façon, une réponse.

Avant de s’ériger en objet de recherche, la notion d’identité collective est donc une intention sociale, venant des groupes qui cherchent à revendiquer une place et à se faire reconnaître dans l’espace social. Comment cette notion, fortement polysémique, peut-elle alors devenir un objet de recherche ? Certes, des tentatives, nombreuses, venant des champs de la sociologie et de la psychosociologie, pour l’essentiel, tentent de lui donner un statut scientifique. Mais le lexique utilisé demeure encore très varié : certains parlent d’identité sociale,…. d’autres évoquent même une identité « universelle », celle de l’homme (Linenberg-Fressard, cité par Chamarat, 1998, p.253). Par ailleurs, les champs d’étude sont divers : les populations ethniques, les populations urbaines ou rurales, les organisations, les métiers….

Dans cette contribution consacrée exclusivement à l’identité collective, nous chercherons à mettre en lumière, à partir d’une bibliographie non exhaustive mais illustrative de la variété des travaux disponibles, les points de convergence et de divergence à propos, d’une part, de la définition de la notion d’identité collective et, d’autre part, des modalités de formation et de transformation des identités collectives. Avant toute chose, il nous semble utile de préciser les enjeux sociaux et théoriques qui entourent cette notion.

Les enjeux sociaux et théoriques qui entourent la notion d’identité collective

Les enjeux sociaux : résister à des pressions normalisatrices

La constitution d’une identité collective pour un groupe semble répondre d’abord au besoin de se défendre vis à vis des contraintes qui lui sont imposées, mais aussi de revendiquer une définition autonome de son propre projet d’existence et enfin d’être reconnu dans l’espace social. Il en est ainsi, par exemple, des identités ethniques (en quête de reconnaissance, notamment, mais non exclusivement, dans les anciennes colonies). Comme le dit Michaud, « depuis le début du siècle, de façon souterraine… on assiste à tous les niveaux à un immense processus de désaliénation… se développe alors cette revendication de la différence » qui est à l’origine de la quête d’identités collectives (Michaud, 1978, p.9).

Par ailleurs, et de façon souvent liée, bon nombre d’identités collectives sont aujourd’hui mises à mal par une pression ‘socialo-culturelle normalisatrice’ : « il apparaît que les identités collectives connaissent le déclin et sont frappées de dissolution tandis que divers processus de normalisation fondent une socialité individualisante et dépossédée de ses défenses diffuses » (Beauchard, 1979, p.13). Par exemple, dans le champ du travail, la notion de culture d’entreprise est souvent proposée avec le secret espoir qu’elle tienne lieu de support d’identification pour les salariés de manière à « convertir » les identités individuelles dans une identité collective prescrite par l’organisation et fondée sur des valeurs de performance toujours plus ambitieuse.

« La question de la culture devient un véritable problème social majeur pour les entreprises, car la réussite de ces efforts collectifs de développement repose à l’évidence sur la compréhension mutuelle de leurs membres […] le problème social de chaque entreprise soucieuse de mobiliser son personnel sur des objectifs de performance est donc bien celui de savoir sur quelle culture commune fonder une telle volonté d’action collective centrée sur la production » (Piotet et Sainsaulieu, 1994, p.191 et p. 193).

Enfin, on constate également que certaines identités de métier sont en voie de recomposition du fait d’évolutions importantes de l’organisation et de la division du travail. Comme le dit Zarca, s’agissant des identités artisanales : « l’identité de métier semble vaciller lorsque l’industrie bouleverse le contenu et la division du travail » (1988, p.262) Au total, de nombreux auteurs notent une crise actuelle des identités collectives venant de changements sociaux majeurs dans les modes de production des sources d’identification et dans les modes d’identification eux-mêmes. Ainsi, Dubar, s’agissant des milieux du travail qui nous offrent un exemple tout à fait illustrant de ce mouvement, parle d’une

« remise en cause générale des identités sociales, qui traduit le passage de relations communautaires (le nous) à des relations sociétaires (le je) (au sens de la façon dont Weber caractérise le passage à la modernité). Produites autrefois collectivement, les identités professionnelles tendent désormais à être bricolées par les individus en fonction de leurs trajectoires professionnelles. Jusqu’au milieu des années 70, dans le cadre de relations communautaires, la qualification déterminait la production des identités collectives, à partir de systèmes stables de négociation d’équivalences entre employeurs et employés. Désormais, sous l’effet du chômage de la libéralisation,…dans des relations sociétaires, ce qui compte c’est le résultat que va apporter chaque individu à l’entreprise, accompagné du déclin des syndicats » (Dubar, 2004, p.141).

Les enjeux théoriques et les paradigmes de recherche présents

C’est aux USA dans les années 1960 que le terme identité est apparu notamment à partir des travaux d’Erikson. Le mot est aujourd’hui atteint de « folie » à force d’être utilisé, l’identité est à la fois une catégorie de pratique et une catégorie d’analyse, le mot supporte donc une charge théorique polyvalente. Comme le dit Barbier (1996, p.22), « la notion d’identité est d’abord une construction mentale et discursive que les acteurs sociaux opèrent autour d’eux-mêmes ou autour d’êtres sociaux avec lesquels ils sont en contact, dans une situation ayant pour enjeu immédiat dominant la relation qu’ils entretiennent ».

On voit donc bien à quels enjeux théoriques peuvent répondre les travaux menés sur la notion d’identité collective et celle d’identité plus généralement, citons-en quelques uns :

(1) d’une part, et pour les raisons mentionnées précédemment, tenter de passer du discours social au discours scientifique, c’est à dire donner à la notion d’identité (collective) un statut scientifique en la transformant en objet de recherche ;
(2) d’autre part et de façon liée, mieux comprendre les mécanismes symboliques sous-jacents aux et déterminant les actions collectives ;
(3) par ailleurs, et plus généralement, mieux comprendre les interrelations entre action des sujets (individuels et collectifs), production identitaire et production culturelle ;
(4) enfin, œuvrer à la construction d’un modèle explicatif des dynamiques culturelles et sociales d’un point de vue historique que cela concerne une société, une ethnie, un métier ou un corps de métiers ou encore une organisation.

Évoquons maintenant quelques traits des constructions théoriques disponibles, d’abord, sur la notion d’identité, avant d’aborder dans les deux parties suivantes, les travaux sur l’identité collective. Ces constructions sont, selon nous, marquées disciplinairement et elles ont pour tendance commune de considérer l’identité dans un rapport sujet-autrui-environnement. Leur différence tient dans le paradigme dans lequel elles s’insèrent (un paradigme donnant la préférence à une dynamique individuelle, ou à une dynamique interindividuelle ou encore à une dynamique sociale) :

(1) la préférence à une dynamique individuelle : en psychologie, l’identité a souvent tendance à être définie par des sentiments identitaires (sentiment d’existence, de cohérence, de continuité, d’appartenance, de différence..), « propriétés » attachées au sujet-individuel,
(2) la préférence à une dynamique interindividuelle : en psychosociologie, plusieurs travaux insistent sur les modalités de construction de l’identité sociale dans les relations réelles ou symboliques entre les groupes (3 mécanismes sont alors souvent mentionnés comme étant à l’oeuvre : un mécanisme de catégorisation sociale, de conceptualisation et de comparaison sociale inter-groupes),
(3) la préférence à une dynamique sociale : en sociologie, l’identité est souvent abordée comme étant l’objet et l’enjeu d’une « transaction/négociation » entre les groupes sociaux et les institutions ou entre les groupes sociaux eux-mêmes.

Comment définir la notion d’identité collective ?

Quelques convergences à propos des caractéristiques et des « ingrédients » de l’identité collective

L’identité collective n’est pas l’identité sociale ni l’identité individuelle ou personnelle même si elles sont interdépendantes :

Les travaux disponibles semblent s’accorder assez largement sur le fait que plusieurs ‘formes et dynamiques’ identitaires cohabitent tout en ayant des liens de codétermination forts entre elles.

L’identité sociale serait liée, selon les sociologues, à l’histoire d’une société qui viendrait « apporter une définition de l’identité sociale et une formulation de l’identité collective, à travers une nature de l’autorité et une forme du pouvoir résultant de l’idéologie globale de cette société et de ses pratiques » (Moreau de Bellaing, 1979, p. 197). Les culturalistes (une école d’anthropologie américaine autour de Linton et Kardiner) présentent un concept qui recouvre celui d’identité sociale, celui de personnalité de base : « chaque société, chaque entité sociale constituée est composée d’un ensemble de traits conscients et inconscients. Une société peut se définir par sa personnalité de base, c’est à dire par ses traits distinctifs » (Moreau de Bellaing, 1979, p.201).

En psychologie sociale, où la notion d’identité sociale est souvent synonyme de celle d’identité collective, c’est dans le début des années 70 et grâce à Tajfel que la problématique de l’identité devint liée à celle de la catégorisation sociale et donna naissance à ce que l’on a appelé la théorie de l’identité sociale. « Pour Asch, Lewin, Sherif ou Tajfel, c’est concevoir les comportements sociaux comme dépendant simultanément de 3 facteurs : la personne et en particulier la perception subjective de celle-ci ; la situation avec ses différentes contraintes ; et la culture ou les croyances collectives partagées » (Deschamps et Paez, 1999, p.16). La théorie de l’identité sociale de Tajfel postule que les groupes auxquels nous appartenons nous aident à construire une identité personnelle positive dont nous avons besoin notamment grâce à des mécanismes de comparaison sociale avec les autres groupes. Par ailleurs, « l’explication de l’identité nationale (par exemple française) ou supranationale (par exemple européenne) peut, selon Salazar, se faire en partie à partir de la théorie de l’identité sociale. Cet auteur postule que le sentiment national est à la base de la catégorisation dans un groupe national. Le sentiment prend appui sur 4 éléments : a) la territorialité, qui en constitue le fondement le plus primitif et que les hommes partageraient avec les autres espèces animales, b) la culture, le langage et les coutumes, c) l’ethnicité, conçue comme l’accord avec les mythes raciaux de descendance ou de lignée, d) l’existence d’un état national » (Oakes et al., 1999, p.108).

Alors que les psychosociologues considèrent souvent qu’identité sociale et identité collective sont synonymes, l’identité collective serait, selon les sociologues, une forme de ‘réaction’ locale à une identité sociale caractérisant une société donnée : « les habitants d’Amfreville ou du quartier de Strasbourg , au nom de leurs propres traditions historiques, de leurs pratiques continuées ou inventées, en un mot de leur socialité, résistent aux décisions des pouvoirs publics et aux choix des promoteurs et revendiquent le maintien ou la transformation par eux-mêmes de leur propre vie sociale. Cette définition de l’identité sociale et cette formulation de l’identité collective par les habitants eux-mêmes ne recoupent pas nécessairement celles de l’état ou des groupes économiques » (Moreau de Bellaing, 1979, p.197). D’une certaine manière, pour les sociologues, l’identité sociale pourrait être comparée à ce que Durkheim appelait la solidarité mécanique (organisation prescrite), et l’identité collective à la solidarité organique (auto-organisation par les groupes).

Pour sa part, la notion d’identité personnelle ou individuelle serait fortement attachée (au sens d’une dépendance réciproque) aux deux précédentes : « la pensée sur soi ou le concept de soi qu’a l’individu, suit la logique des représentations collectives. L’image de soi se construit à partir d’un savoir partagé et elle est assez homogène à l’intérieur d’une culture »…« L’identité personnelle peut être étudiée comme une représentation sociale, c’est à dire comme un principe générateur de prises de position liées à des insertions spécifiques dans un ensemble de rapports sociaux et organisant les processus symboliques intervenant dans ces rapports » (Doise, 1999, p.211).

En somme, selon les psychosociologues, l’identité sociale concerne un sentiment de similitude à (certains) autrui et l’identité personnelle concerne un sentiment de différence par rapport à ces mêmes autres. « Avec cette distinction entre identité personnelle et identité sociale ,… on se trouve dans le conflit entre l’individuel et le social » (Deschamps et Devos, 1999, p.152). Tout individu est donc caractérisé à la fois par des traits d’ordre social ou collectif et des traits plus spécifiques qui le distinguent des autres. Les traits d’ordre social ou collectif, d’une part, relèvent donc de l’identité sociale ou collective (en lien avec les appartenances à un ou plusieurs groupes, en lien avec une certaine position dans la structure sociale,..). Ces traits émanent des groupes d’appartenance vis à vis desquels il se sent semblable et proviennent d’un constat de différence par rapport aux groupes vis à vis desquels il se sent différent. Les traits d’ordre spécifique de chaque sujet, d’autre part, relèvent de l’identité personnelle ou individuelle. Ils déterminent à la fois son originalité par rapport aux autres mais aussi sa « mêmeté » dans le temps.

Les conditions d’une identité collective : entre différenciation et « mêmeté », à la fois subjectivement vécue et conscience d’un groupe.

Comme le dit Freund (1979, p. 74),

« il n’y a d’identité collective que sur la base de la conscience de particularismes […] il y a identité collective parce que les membres s’identifient à quelque chose de commun, c’est à dire le même qui constitue ce quelque chose de commun n’est pas une similitude totale, mais partielle. Ce qui cimente une identité collective c’est à la fois la représentation commune que les membres se font des objectifs ou des raisons constitutives d’un groupement et la reconnaissance mutuelle de tous dans cette représentation, sinon l’identité ne peut se former ou, si elle existait déjà, il se produit une crise de l’identité » (opus cité, p.78).

Par ailleurs, une simple association ne permet pas le développement d’une identité collective, cela suppose au moins la constitution de croyances collectives.

Allant dans le même sens, Michaud (1978, p. 112) ajoute que selon la définition courante de l’identité collective (par Lipiansky, Devereux, Erikson,..),

« elle est subjectivement vécue et perçue par les membres du groupe, elle résulte de la conscience d’appartenance du groupe, elle se définit d’abord par opposition à l’autre (en général), et comme différente des autres (groupes) ; elle se saisit à travers un système de représentations relativement intuitives où s’opposent un ensemble de traits négatifs (à éviter) et un ensemble de traits positifs (proposés par le groupe comme modèle idéal), ce dernier constituant une sorte de noyau défensif, souvent générateur d’attitudes ethnocentristes, ces attitudes et ces aspects peuvent s’exprimer dans un discours qui implique un système d’idées relativement cohérent ou idéologie ».

Ainsi, les individus se référent à des identités collectives, ils utilisent toujours des modèles de référence, des valeurs sociales qu’ils ont intégrés pour penser et agir.

L’identité collective est à la fois et indissociablement un processus et un produit.

Les identités collectives semblent relever de dynamiques, c’est à dire de réalités en changement perpétuel dont on ne peut observer l’état qu’à un instant donné. Berque (1978, p.14) note ainsi que l’identité collective relève à la fois de

« la continuité et de la transformation. A mes yeux il n’y a pas d’identité sans transformation, et la transformation n’est possible que si, elle est transformée en nous, un nous qui se reconnaisse dans ses propres phrases […]. Pas d’identité sans mutabilité. Dans l’identité se conjoignent aussi le subjectif et l’objectif, à tous les moments et dans toutes les instances […]. Cette identité est une totalité, […] et une combinatoire ».

Dans le même ordre d’idées, Erikson définit l’identité à la fois comme conscience et comme processus. La conscience signifie chez lui le sentiment qu’a l’individu de sa spécificité. Le processus, pour sa part, veut dire la tentative de maintenir une continuité de l’expérience vécue.

Des espaces variés d’expression des identités collectives : tant au niveau territorial que social.

Les identités collectives se construisent et se transforment dans des espaces divers, à la fois au plan territorial (une ethnie ; un pays ou plusieurs pays ensemble ; et au sein d’un pays, une organisation/entreprise,..) et au plan social (une catégorie sociale, un groupe professionnel). Selon Michaud, l’identité ethnique est un cas particulier d’identité collective. Il y aurait deux types d’identités collectives : d’une part, celle relative au niveau territorial, « depuis la communauté de base, jusqu’aux grandes fédérations plurinationales, voire jusqu’à la communauté internationale ; l’autre correspondant à des oppositions ou à des catégorisations sociales » (Michaud, 1978, p.113), telles le sexe, le groupe d’âge, le groupe socio-professionnel, etc…

Quelques spécificités selon les champs investigués : identités ethniques, identités de métier

La notion d’identité collective a été étudiée dans des champs différents, conduisant à singulariser, dans une certaine mesure, sa définition. Prenons deux exemples contrastés, l’un relevant du champ des groupes ethniques, l’autre des groupes de métier.

Le cas des identités ethniques ou ethnotypes

L’ethnie, ou le groupe ethnique, est un concept qui désigne :

« une réalité collective très anciennement constituée et généralement stable, mais en transformation permanente et qui entretient des rapports dialectiques avec ses voisins. Les sèmes qui définissent un groupe ethnique sont : le plus souvent la langue (bien que communauté ethnique et communauté linguistique ne se confondent pas) généralement un territoire, un environnement sans frontières rigides ; la culture au sens ethnologique (techniques, habitat, vêtement, nourriture, arts, manières de penser), organisée en un système original ; la conscience d’appartenance (etnicité), le vécu, surtout perçu dans les rapports inter-ethniques ; une volonté de vivre ensemble » (Michaud, 1978, p.115).

Selon cet auteur, une identité collective liée à une ethnie, s’appelle l’ethnotype. Ce dernier constitue un système de significations, une ‘mentalité collective’ qui fait partie d’une culture plus large : il comporte un « soi collectif » (les croyances, les valeurs, l’idéologie).

Le cas des identités de métier et des cultures de métier

Les identités de métier sont également une déclinaison particulière des identités collectives. Elles présentent des traits particuliers selon les contextes d’exercice des métiers et leur histoire comme le montrent les travaux menés, par exemple, dans le milieu des Dockers (Pigenet) et dans le milieu de l’artisanat (Zarca). Un des points communs réside dans le fait que « la force de l’identité collective se repère, pour un métier, à la puissance corporative » (Zarca, 1988, p.247).

Pigenet (2001), s’agissant des Dockers et étudiant plus largement les identités ouvrières, montre que la pénibilité des tâches oblige à une coopération au sein des équipes de sorte que tout est collectif et rien n’est individuel. Ce corps de métier (les Dockers) est l’objet de jugements externes contrastés, « les militants intègrent ces réflexes constitutifs d’une culture de ghetto social » (Pigenet, 2001, p.12). Dans ce contexte, la reconnaissance de l’identité professionnelle relève d’une conquête syndicale. « A compter du tournant du siècle, les organisations syndicales n’ont eu de cesse de construire un rapport de forces tel que la carte syndicale fasse office de sésame pour l’accès aux quais… un vrai docker, c’est un docker syndiqué » (opus cité, p.21).

Pour Zarca (1988), étudiant l’identité artisanale, l’identité de métier s’exprime dans les gestes qui constituent un langage spécifique bien éloigné des procédures formelles. « Le geste du métier implique un rapport à une gestuelle déjà constituée dans laquelle sont pris ceux qui la transmettent. Ainsi, une esquisse de geste technique signifie, à qui en possède le sens pratique, tel ou tel affect, telle interrogation ou telle réponse, tel conseil ou tel ordre… en tout cela l’identité se forge par la gestuelle et s’y exprime » (opus cité, p.254). Bien plus, l’identité de métier se caractérise souvent par une ‘langue de métier’ : « c’est au sein de l’univers culturel des métiers du bâtiment et seulement là que le pierreux (le tailleur de pierre) s’oppose au bois debout (le charpentier), au coucou (le couvreur) etc.. » (opus cité, p.255).

Les modalités de formation et de transformation des identités collectives

La construction et l’évolution identitaire collective dérivent de l’histoire et de ses modes de transmission

L’identité d’un peuple est liée à son histoire

Pour Fischer (1978), prenant l’exemple des musulmans philippins, le sentiment d’identité ethnique « dérive de l’histoire (action du colonisateur espagnol puis américain et réaction de la communauté contre le colonisateur et ceux qui s’y sont ralliés), d’une religion ou d’une idéologie et d’une culture partagées, d’une discrimination et d’une exploitation économique constamment subies » (Fischer, 1978, p. 246).

L’identité de métier se construit sur la base d’une culture de métier qui se transmet

S’agissant des métiers, notamment des métiers artisanaux, l’identité de métier s’élabore sur la base d’une culture de métier qui se transmet par les gestes et l’oral. Cette identité se construit et se transforme également au gré des luttes sociales qu’anime le groupe professionnel pour asseoir ou améliorer sa place dans l’espace des métiers. Ainsi, comme le dit Zarca, « Le métier constitue un groupe de culture » (Zarca, 1988, p.247) : il se transmet de génération en génération. L’identité ne se forge pas d’abord dans la relation à l’externe mais dans le groupe par un rapport à la fois de similitude et de différence nécessaire à la constitution de l’identité. Dans l’artisanat, le métier se transmet d’abord par la relation maître-apprenti, « il est tout à la fois une mise en forme du corps et de l’esprit qui s’opère par identification, tout d’abord par identification mimétique : le geste appris est un geste regardé » (opus cité, p.250).

L’identité collective se construit ou se renforce de façon réactive

La réaction à l’uniformisation culturelle et sociale (point de vue national ou ethnique)

Comme le dit Lanneau (1986),

« c’est lorsqu’un groupe social traverse une période de crise, de malaise, d’insatisfaction, lorsqu’il est menacé dans ses conditions d’existence qu’il va affirmer, développer, renforcer sa cohésion, les liens de solidarité, les relations d’interdépendance de ses membres […] c’est donc lorsqu’une société se sent atteinte dans son existence, désorganisée, lorsque ses propres mécanismes de régulation sont mis en défaut par de nouveaux modes d’organisation projetés ou déjà institués, qu’elle réagit pour les préserver » (Lanneau, 1986, p.189-190).

Les identités collectives se réveillent notamment à chaque fois que l’on tend à uniformiser l’ensemble ce qui produit un affrontement majeur entre les pouvoirs homogénéisants et les capacités différentielles. Ainsi en est-il, par exemple des jeunes nations auparavant colonisées et qui subissent encore une hétéroculture.

La réaction de populations à un nouvel aménagement du territoire, des logements :

Lorsque des populations ou des quartiers s’opposent à des projets d’aménagement de l’espace, des dynamiques identitaires ‘réactives’ peuvent avoir lieu, s’exprimant sous la forme soit de revendications fortes de démocratie locale soit de recours à une violence dirigée contre les services publics ou les représentants de l »ordre établi’. Ainsi,

« les modes de production du logement insèrent dans la ville l’évolution des modes de la normalisation sociale, l’espace des HLM comme celui de l’institution éducative se veut rigoureusement différencié, distribué, individualisé, sans désordre. Des cités, dont on dit qu’elles sont concentrationnaires, s’érigent mais paradoxalement jamais la foule ne s’y déploie ; une sorte de vide social pétrifie les rapports dans la peur de l’autre, on s’isole même s’emprisonne chez soi, faute d’une mémoire collective… l’identité collective se rétracte dans la violence » (Beauchard, 1979, p.13).

Par ailleurs, dans les milieux ruraux, les changements proposés ont tendance à être combattus quand ils sont jugés incompatibles avec les caractéristiques essentielles des groupes visés. Cependant, « le changement peut s’instaurer à condition qu’ils (les groupes) trouvent dans leur entourage des modèles d’identification possibles à partir desquels ils pourront élaborer des projets, s’engager dans de nouvelles pratiques et donner une image d’eux-mêmes socialement valorisée » (Lanneau, 1986, p.120).

La réaction de métiers à l’évolution de l’organisation sociale des tâches et des activités :

L’évolution de la division du travail ainsi que les décisions de réorganisation des secteurs d’activités et professionnels suscitent également des réactions collectives allant souvent dans le sens à la fois d’un renforcement identitaire collectif ou d’une revendication identitaire de la part des groupes (partageant le même métier) perçus comme étant en danger. Ainsi, « l’identité de métier semble vaciller lorsque l’industrie bouleverse le contenu et la division du travail » (Zarca, 1988, p.262). De même, « la scission d’un métier en métiers, sous-métiers ou quasi métiers connexes est un phénomène que l’évolution des techniques industrielles a largement favorisé » (Zarca, 1988, p.264). Ces scissions occasionnent la ‘séparation’ d’une identité de métier en différentes identités de métiers, sous-identités de métiers ou quasi identités de métiers. Un exemple nous est donné avec le métier de menuisier : on n’appartient pas à la même identité de métier quand on est menuisier de meubles traditionnels et menuisier au montage de meubles préfabriqués. « Ces atteintes plus ou moins profondes à l’unité d’un métier ne sont pas sans conséquences. Le mouvement centrifuge peut conduire à terme à un fractionnement des organisations professionnelles… et fait craindre un affaiblissement de l’identité » (Zarca, 1988, p.264).

La réaction de groupes à des conflits internes ou externes :

Une identité collective s’affirme et se développe aussi par le conflit. Comme le dit Freund (1979), « les conflits peuvent être endogènes ou exogènes. D’une part, ils peuvent surgir au sein d’un groupement et mettre à l’épreuve l’identité collective, d’autre part, ils peuvent venir de l’extérieur. Dans les deux cas ils peuvent ou bien la consolider ou bien la détruire ». (Freund, 1979, p.80).

L’identité collective se construit par et dans l’action collective

Les psychosociologues ont depuis longtemps montré qu’une action co-jointe durable dans un petit groupe induit le développement d’une structure informelle (systèmes de valeurs, normes,… intervenant dans la constitution d’une identité collective). Pour notre part, nous avons étudié pendant plusieurs années la mise en place puis le fonctionnement de groupes de salariés (dans une grande entreprise de textile) à qui il avait été demandé de redéfinir ensemble leurs pratiques de travail de manière à en améliorer l’efficacité. Cette analyse de terrain (Wittorski, 1997), a notamment permis d’étudier les mécanismes de la production de compétences et d’identités collectives dans les groupes, singulièrement quand la nature de l’activité collective est du registre d’une réflexion rétrospective puis anticipatrice de changements à propos des pratiques professionnelles. Un de nos résultats consiste à dire que la compétence collective semble fonctionner à la fois et dans le même temps comme un outil de production d’une identité spécifique pour le groupe et comme un moyen de construction de nouvelles règles de relations entre les acteurs en présence, participant ainsi à la restructuration des identités habituellement « portées » par les individus: il y a donc production conjointe de compétences collectives et d’une identité collective.

Nous avons ainsi pu confirmer que c’est par l’expérience de l’action collective que se constitue l’identité collective et l’investissement affectif. L’identité collective est ainsi caractérisée à la fois par les schémas et systèmes d’actions collectifs produits par et dans les groupes et par les sentiments ou affects qui y sont liés (par exemple, au niveau du groupe ‘cardage’, nous avons ainsi repéré plusieurs sentiments identitaires issus de l’expérience de mobilisation de compétences collectives : un sentiment d’appartenance à une entité collective spécifique; un sentiment de cohérence interne; un sentiment de différence (par rapport à l »encollage’); un sentiment de valorisation de l’intra-groupe; un sentiment de confiance; un sentiment de puissance collective).

L’identité collective et la conversion professionnelle d’un groupe entier

Lorsqu’un ensemble d’individus ayant en commun les mêmes activités est invité à changer radicalement de métier, les repères collectifs sont à reconstruire. Ainsi, Leconte (2002), étudiant le temps de la conversion professionnelle d’un groupe entier, plus précisément celui du passage de la mine au chantier (les mineurs devenant maçons dans le nord de la France), explique que les qualités professionnelles « se construisent dans la confrontation aux conditions techniques et sociales de la production. Elles sont le fruit de la co-production. Ce qui est vrai à la mine devient source de décalage et de contresens à l’arrivée sur le chantier » (Leconte, 2002, p. 76). Plus précisément,

« s’agissant du mineur, nombre de travaux ont montré l’aspect totalisant de la définition par le travail à la mine : sur les caractéristiques des qualifications techniques et sociales de cette catégorie de travailleurs, sur les modes d’organisation de l’ensemble de la vie quotidienne, sur les systèmes de valeurs et de représentations ayant façonné, fut-ce de manière mythique, la mémoire collective des générations successives […] leur construction identitaire d’homme et de travailleur s’était totalement, voire uniquement, forgée à la mine » (opus cité, p. 72).

Or, en changeant de métier (de mineur à maçon), non seulement l’activité change mais aussi son organisation et les gestes et postures au travail ainsi que les implicites liés à l’activité, ces derniers étant à la fois forgés sur le tas mais aussi au sein de la communauté des pairs. Ce sont ces repères collectifs qui font défaut aux mineurs-maçons, d’autant que ceux qui les caractérisent comme mineurs sont en rupture avec ceux du chantier :

« la diversité caractérise le travail en chantier : dans la mine, on faisait toujours le même travail. Ici, ça change tous les jours : une fois je ferraille, une fois je décoffre,…. Comment se faire connaître et reconnaître par le collègues et plus encore par le chef ? […] la qualification n’est pas uniquement constituée de connaissances et de savoirs propres au seul acte productif. Il en va aussi de la maîtrise d’une somme de petits faits qui, additionnés, font finalement « qu’on est du bâtiment ou qu’on n’en est pas » » (Leconte, 2002, p.76).

L’enjeu pour les mineurs devenus maçons est donc de déconstruire les repères collectifs de la mine pour en construire de nouveaux, souvent dans un contexte social peu accueillant : « pour parler d’eux, les autres travailleurs disent les « maçons mineurs » ou encore vu leur âge les « débutants-anciens » (opus cité, p. 75).

Conclusion

Nous parvenons au terme de notre introduction bibliographique concernant la notion d’identité collective. Qu’en retenir ? Quelles questions en suspens ? Le premier constat évident est que la notion demeure relativement fuyante même si elle fait l’objet de plusieurs traditions théoriques. Sans doute est-ce en partie lié à la quasi-absence de perspectives susceptibles d’ « embrasser » de façon plus large cette notion en tenant compte des différentes facettes de la réalité qu’elle concerne. A cet égard, force est de constater que les travaux disponibles restent encore largement marqués par leur appartenance disciplinaire qui conduit presque naturellement à s’intéresser de façon privilégiée à l’une des facettes de la réalité (soit la dynamique individuelle, soit la dynamique sociale pour faire simple et réducteur).

Il n’en demeure pas moins, comme nous le laissions entendre en introduction, que les tendances actuelles à l’uniformisation sociale mais aussi à l’individualisation des rapports à l’activité humaine constituent probablement des motivations suffisamment fortes pour susciter à la fois de nouvelles revendications identitaires collectives dans les groupes sociaux et donc, par ricochet, des travaux de recherche à leur sujet. Espérons que ces investigations déboucheront sur un nouveau paradigme de recherche susceptible de penser dans le même temps et de façon liée théorie du sujet individuel et collectif et théorie de l’action sociale au sens large (production symbolique ou non).


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