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De l’importance du négatif pour un coaching en conscience à la lueur des travaux de François Jullien

Sybille Persson
Première publication – Article de recherche


Résumé

La réflexion conduite propose des pistes conceptuelles au service d’un coaching en conscience, dans une perspective à la fois stratégique et éthique. Nous creusons dans les fondements des Sciences humaines et sociales qui structurent savoirs et pratiques de coaching, en suivant François Jullien, philosophe, helléniste et sinologue. L’approche se nourrit d’un vis-à-vis fécond entre positif et négatif, à l’écart de la coupure dualiste (métaphysique) entre bien et mal. Que se passe-t-il quand le négatif est (re)pris en compte ? Et par quelle voie peut-il l’être ? Le terme de conscience mérite alors d’être entendu comme présence consciente et attentive en situation et non comme morale prescriptive a priori.

Mots-clés : François Jullien, négatif, positif, Coaching, accompagnement


Introduction

Les travaux existant sur le coaching témoignent de la richesse pluridisciplinaire de cet objet de recherche, que ce soit dans le champ des sciences de l’éducation, en sciences de gestion, en théorie des organisations (Persson & Rappin, 2013, 2015) sans compter les récents développements autour des neurosciences, en particulier avec la mindfulness(Roux, 2017).  En amont de cette diversité, et pour souligner ce qui la structure, cet article creuse dans les fondements des Sciences humaines et sociales. En questionnant certains présupposés, il invite à un recul intellectuel critique, au sens épistémologique du terme. Pour autant, son originalité est de ne pas se cantonner au berceau occidental de la philosophie, dans la mesure où un vis-à-vis sera opéré avec d’autres traditions de pensée, venues de Chine en particulier (David, 2016). C’est ainsi que nous circulerons dans l’archipel des idées de François Jullien (2014), philosophe, helléniste et sinologue, en usant du chantier conceptuel ininterrompu qui est le sien et qui consiste à « penser par écart » (Bompied, 2019).

Le travail de Jullien depuis 40 ans, à travers autant d’ouvrages traduits en plus de 25 langues, a généré, sur la durée, des apports stimulants mais dérangeants, discutés mais de plus en plus reconnus. Ils ouvrent la voie à une dissidence féconde (Martin & Spire, 2011), au-delà des barrières disciplinaires de la sinologie et de la philosophie (Bougnoux & L’Yvonnet, 2018).  Des chantiers conceptuels inédits se déploient, avec des applications pratiques potentielles, en littérature, éducation, art, psychanalyse et en management. Sur ce dernier terrain, on trouve par exemple dans Vivre en existant(Jullien, 2016), les termes de bilan, investissement, capital, vision, stratégie, efficacité, réflexivité… largement en usage dans la vulgate managériale.  En émerge un branle-bas, encore discret, mais en plein essor, pour les entreprises (Persson, 2018) particulièrement applicable au champ de l’accompagnement (Jullien, 2007).

L’intérêt de cet article conceptuel concerne l’exercice d’un coaching en conscience dans une perspective à la fois stratégique et éthique. Le terme de conscience mérite alors d’être entendu comme présence consciente et attentive en situation, et non comme morale prescriptive a priori (comme y invite la métaphysique). L’approche mobilisée se nourrit d’un vis-à-vis entre positifet négatifen désassimilant ce vis-à-vis du dualisme usuel entre bienet mal. Cette question est d’importance à l’heure où le positif est de plus en plus revendiqué dans le champ des soft skills, des talents et du développement personnel au service du management des ressources humaines en général (Jaotombo & Brasseur, 2013) et du coaching en particulier. Psychologie positive, méthode Coué, pleine conscience, intelligence émotionnelle, bienveillance, autant d’items qui portent le positif à régner en maitre quasiabsolu. Que se passe-t-il quand le négatif est (re)pris en compte ? Et par quelle voie peut-il l’être ?

Pour répondre à ces deux questions de recherche qui s’emboitent, l’article est structuré en trois étapes. Dans un premier temps, nous soulignons la dominance d’une culture du positif, volontiers revendiquée par les coachs et autres tenants de la psychologie positive et du développement personnel, d’inspiration nord-américaine notamment. Cette culture du positif est mise en œuvre au service d’une performance devenu culte (Ehrenberg, 1996) y compris au plan individuel (Ehrenberg, 2000). Dans un deuxième temps, nous réhabilitons les ressources du négatif dès lors que l’assimilation rapide, voire exclusive entre mal et négatif, se déconstruit (Jullien, 2006). Il devient alors possible de bousculer le dualisme qui structure la morale traditionnelle pour l’appliquer au coaching entre bien-veillance et mal-veillance dans une troisième partie. L’ensemble permetde positionner le jeu, à la fois vivant et vital, qui se tisse entre positif et négatif pour un coaching d’abord humain dans sa pratique avant que de se vouloir humaniste dans sa théorie. Cette pratique, qui se déploie en situation, procède par dé-coïncidence (Jullien, 2017), selon une éthique plus stratégique que morale, à l’écart d’une performance étalonnée à l’aune du seul positif.

1. Le positif, une notion porteuse pour le coaching

Cette première partie examine la portée du positif sur les deux terrains où il se manifeste en relation avec la rhétorique du coaching, celui du bonheur et du bien-être, ainsi que celui de la réussite et de la performance. Elle intègre les niveaux d’analyse auxquelles ces notions renvoient dans une intervention de coaching : individuel et/ou organisationnel (Persson, 2007), en écho à que dit Fatien (2008) quant aux bénéficiaires prioritaires du coaching qui se déclinent selon quatre catégories : l’organisation (l’individu étant une variable intermédiaire) ; l’individu avant tout, que ce soit dans un cadre personnel ou professionnel ; l’individu et/ou l’organisation indistinctement, sans privilégier l’un ou l’autre ; et l’individu dans son cadre organisationnel. Après une première section qui rappelle le développement des recherches en matière de psychologie positive en lien avec l’économie du bonheur, la deuxième section questionne l’intérêt croissant envers les pratiques de développement personnel de plus en plus plébiscitées pour le management et le coaching.

1.1. Psychologie positive et économie du bonheur

La psychologie positive tire une partie de ses ressources de la Grèce antique, notamment à travers le daimond’Aristote qui, en tant que génie personnel, serait apte à guider chacun vers le bonheur (Boniwell, 2012). La discipline est pourtant souvent présentée comme neuve et profondément liée à la culture américaine, considérée dans les études existantes comme optimiste et entrepreneuriale. Selon Martin Seligman (2008), un des pères de la psychologie positive qui a établi scientifiquement la force de l’optimisme, la France serait le pays le plus pessimiste de tous les pays dits riches (Linder, 2019) et ce malgré la figure d’Emile Coué, promoteur de la pensée positive (Persson, 2017a). C’est ainsi qu’une enquête portant sur l’avenir des enfants montre que 80% des Français pensent que leurs enfants vivront matériellement moins bien qu’eux (Linder, 2019). Malgré son appartenance avérée aux 10 puissances mondiales les plus riches, la France n’émarge qu’à la 23èmeposition des pays les plus heureux dans le World Happiness Reportde l’ONU (2018, p. 21).

Ce contrepoint français est peut-être moins étrange qu’il n’y parait à première vue. En effet, s’il révèle une forme de pessimisme, il résiste en même temps à un phasage insuffisamment questionné entre richesse et bonheur, la première étant supposée causer le second. Les études sur l’économie du bonheur ont démontré que l’accroissement de la richesse ne signifie pas forcément l’accroissement du bonheur. En fait la croyance en cette causalité s’est renforcée au 19èmesiècle avec la seconde révolution industrielle, elle-même portée par l’idéal européen de bonheur et de progrès (Jullien, 2009). L’ensemble a participé au vaste processus de mondialisation que nous connaissons en générant une incitation à la fois démocratique et consumériste au bonheur pour tous (Shrivastava & Persson, 2018). Cette croyance en un progrès durable est aujourd’hui remise en cause par les effets délétères que l’on connait sur l’environnement. Mais elle demeure puissante à l’échelle individuelle, grâce notamment aux applications de la psychologie positive qui associent volontiers réussite professionnelle et bonheur personnel.

Comme le montre la figure 1, la psychologie positive mobilise de nombreuses ressources, quelque peu hétéroclites, auxquelles s’alimentent volontiers les pratiques de coaching (Boniwell & Kaufman, 2017). L’ensemble se rassemble sous l’égide du développement personnel en phase avec le désir de réussir sa vie ou la volonté de réussir dans la vie, en mobilisant divers registres, comportemental, cognitif, voire spirituel.

Figure 1 : Cartographie de la psychologie positive (source : Boniwell, 2012, chapitre 1.)

L’examen des termes mobilisés dans la figure 1 révèle que le terme « positif » est récurrent (il apparait 6 fois) et que le terme « psychologie » s’associe directement au bien-être et au bonheur (en haut à gauche de la figure). A cet endroit, Midal (2017, p. 57) ironise en déclarant que le bien-être est devenu un « mot valise qui englobe aussi bien les escapades au soleil que le marché des spas » en constituant « un des moteurs économiques de notre siècle ». Le bien-être requiert aussi sa place dans l’entreprise dans la mesure où il est considéré comme un élément fondamental du management humaniste (Pirson, 2017) ouvrant la porte au développement personnel et au coaching au service de la performance.

1.2. Développement personnel, coaching et performance

Le coaching regroupe un ensemble de techniques et de pratiques qui visent un accroissement des capacités individuelles, mises au service de la réussite et du bien-être en entreprise rappellent Imhoff et Silva (2016). A ce titre il participe à l’industrie du développement personnel qui fait aussi bien l’objet de plébiscite (le marché est porteur, l’intention est belle) que de critiques parfois très vives (Brunel, 2004 ; Droit, 2005 ; Ebguy, 2008).

Jaotombo et Brasseur (2013) ont réalisé une recension systématique des théories et concepts associés à la notion porteuse mais floue de développement personnel (DP). Son usage renvoie à différents niveaux de management et de leadership, que soit en entreprise, en formation initiale ou continue, ainsi que dans des approches plus générales liées à la notion d’épanouissement personnel. Même s’il n’existe pas de définition directe, explicite et opérationnelle du DP, il est possible de recenser les différents courants de psychologie (psychanalytique, humaniste, cognitiviste, positive…) qui alimentent le DP (tableau 1).

Tableau1 : Les principales théories liées au développement personnel

(source : Jaotombo & Brasseur, 2013, p.73)

La constellation de concepts plus ou moins directement associés au DP peut se regrouper en deux grandes catégories selon l’approche conceptuelle qui les mobilise : hédonique ou eudémonique. L’approche hédonique associe le DP à « des expériences positives qui renvoient à un vécu plaisant et immédiat tel que le bien-être, la satisfaction, l’affect positif ou l’émotion positive » (Jaotombo & Brasseur, 2013, p.70). Contrairement à la seconde approche, de type eudémonique, la notion d’effort personnel ou de transformation de soi n’est pas requise. Par ailleurs la mesure du bien-être se fait sur un registre subjectif à travers notamment les émotions positives qui sont de nature hédonique, par définition.

En la matière, deux résultats intéressants émergent des travaux de Frederickson et de ses collègues (Frederickson 2009; 2001; Fredrickson et al., 2008; Fredrickson & Losada, 2005). En premier lieu, les expériences positives mènent, sur la durée, vers un fonctionnement positif, au-delà de l’expérience positive elle-même. En second lieu, comme le soulignent Jaotombo et Brasseur (2013), il est nécessaire que le ratio entre les émotions positives et négatives soit supérieur à 3, ce qui signifie 3 fois plus de positif que de négatif. Ce fonctionnement positif a été observé dans un contexte professionnel, en matière de performance d’équipes managériales, mais également dans le devenir des couples (Gottman, 1994) et dans la progression de certaines psychothérapies (Schwartz, et al., 2002).

L’approche eudémonique se différencie de l’approche hédonique car elle ne correspond pas à une approche plaisante a priori. Elle suppose une discipline nécessaire en faveur d’une croissance personnelle dans une dynamique d’actualisation des potentiels. « Les notions d’effort personnel, de travail sur soi voire de transformation de soi y sont centrales » précisent Jaotombo et Brasseur (2013, p. 70). On retrouve la notion de travail sursoi challengée par le travail ensoi (Chavel, 2015 ; Persson, 2017b). Le travail sursoi suppose une démarche volontariste et optimiste que revendiquent souvent les coachs, il s’agit d’une démarche active, a priori ; en revanche le travail ensoi suppose une démarche non directement active, mais agissante, a posteriori. A titre d’exemple, l’apprentissage discipliné d’une langue étrangère relève d’un travail sur soi alors que l’apprentissage naturel de la langue maternelle relève d’un travail en soi.

Le travail sur soi s’apparente à une discipline du caractère dans la foulée des travaux en psychologie positive (Seligman et al,. 2005). Les 24 traits positifs repérés seraient à cultiver sur un registre volontariste. Pour autant, comme le rappelle Bradberry (2019), le principal obstacle à la positivité est que le cerveau humain s’est constitué à l’ère des chasseurs cueilleurs ; il est câblé pour repérer les menaces et se concentrer sur elles. Il devient donc nécessaire de rééduquer ce cerveau dans une logique de musculationneuronale, selon trois axes principaux.

  1. Séparer les faits de la fiction, en déposant ses pensées auto-destructives dans un journal par exemple
  2. Identifier un fait positif sur lequel se concentrer volontairement
  3. Cultiver la gratitude autant que possible et en faire une hygiène de vie.

En synthèse à cette première partie, il s’avère que le développement personnel au service du professionnel s’appuie sur une culture quasi sportive du positif que ce soit dans la doxa ou dans une recherche psychologique innovante étalonnée à l’aune du positif. Héritière d’une tradition philosophique et spirituelle (discipline de soi et quête de sagesse), elle emprunte de plus en plus aux savoirs versusexigences psychologiques (savoir-être et autres soft skills). Elle se déploie dans une société à l’aune de la réussite d’abord par soi et en soi, avec de nombreuses variantes qu’il est impossible de recenser ici. La « gestion » de ses émotions tend à s’imposer, en faveur d’un positif appelé à régner, en reléguant ce qui est de l’ordre du négatif.

Quand les managers retrouvent le droit d’éprouver des sentiments personnels, est-ce pour leur demander implicitement de mieux les dominer et de s’en défaire, quitte à devenir le gestionnaire intégral de leur savoir-être (Bellier-Michel, 1997), ce savoir-être dont l’utilité sociale réside dans l’instrumentation d’une soumission librement consentie (Bellier, 1998) ? Ou bien est-ce pour suggérer aux managers de mobiliser l’ensemble de leurs ressources socio-cognitives afin de développer des sentiments de compétences au travers d’expériences réussies dans la lignée du concept de self-efficacydéveloppé à partir des travaux de Bandura (1997, p. 423) : « A subtantial body of reseach shows that beliefs of personal efficacy play a key role in career development and pursuits ». Le marché du coaching et les pratiques associées surfent sur ces enjeux porteurs d’objectifs positifs à atteindre. Mais quid du négatif dans l’ombre du positif ?

2. Prendre en compte le négatif

Deux sections scandent cette deuxième partie. La première désassimile le négatif du mal pour mettre en relief ce qui les distingue, sans pour autant ignorer une possible déclinaison commune. La seconde section envisage une éthique de la vocation pour un coaching en conscience au-delà d’une morale de la prescription.

2.1. Le mal et le négatif

Il existe deux grandes façons de penser le négatif (Jullien (2006, 2014, 2019).  La plus commune est de l’opposer au bien ; le négatif s’acoquine alors avec le mal, pour le pire plus que pour le meilleur. Jullien (2019, p. 82) souligne que « le « mal » et le « négatif » désignent ordinairement la même chose dans nos vies (la souffrance, la maladie, la mort : le « malheur ») ». Au regard de la contiguïté des termes, si on ne l’interpelle pas, le mal désigne le malheur inévacuable sous l’angle de l’intériorité qui la subit, c’est-à-dire l’âme. Cette première option est particulièrement présente dans la mythologie biblique (Bompied, 2019), mais Jullien rompt le soubassement théorique et conceptuel de cette première perspective.

La seconde façon d’envisager le négatif est de l’intégrer au fonctionnement général du monde, comme une respirationnaturelle des choses en quelque sorte. Elle se manifeste clairement dans le Tao, avec les interactions incessantes entre yin et yang (Bompied, 2019). Il devient alors possible d’effectuer une lecture philosophique des deux notions en vis-à-vis pour éviter leur assimilation rapide et sortir d’une confusion facile entre les deux (Tableau 2).

Mal Négatif
Ordre Moralité

le mal s’oppose à un « devoir être » supposé

Fonctionnalité

Le négatif relève d’uneproblématique d’effectuation en lien avec la marche du monde

Optique Le point de vue d’un sujetà penser du côté de l’action-passion

Structure exploratoire d’intériorité

Un procès à penser du côté de l’opération (y compris mathématique)

Existence de grandeur négative

Focus Détache une singularité et l’isole, à l’échelle d’un acte, d’une personne, d’une histoire Implique la prise en compte d’uneglobalité en rapport à un ensemble
Interaction Instaure une dualité

Bien ou mal exclusif

Suppose une polarité

Positif et négatif vont de pair

Fonction Objet d’un jugement d’exclusion Requiert une compréhension
Caractère Dramatique

Métaphysique, invoquant une norme, un modèle, une transcendance

Logique

Ce qui est scindé est en même temps coordonné

Idéal Le Salut pour se sauver du mal du point de vue de l’âme La sagesse pour intégrer le négatif en coopérant avec le monde

Tableau 2 : Vis-à-vis entre mal et négatif (d’après Jullien, 2014, pp.136-137)

Il devient alors pertinent de différencier trois déclinaisons du mal de façon à y réinjecter un mouvement réflexif, et par là éthique, en distinguant le laid, l’abject et le douloureux (Jullien, 2014, pp.144-149).

Le laid : il ne s’agit pas d’esthétiser le jugement moral. Il s’agit en fait de prendre en compte la situation, la composition de la scène, dans laquelle un acte s’opère. Dire d’un acte qu’il est mal, c’est faire référence à un absolu (le mal versusle bien) en mobilisant une transcendance a priori. En revanche, dire qu’un acte est laid, c’est considérer qu’il fait tache. L’évaluation se fait « par immanence et auto-réfléchissement de l’acte commis » (Jullien, 2014, p. 144). Le mensonge constitue ici une illustration précieuse. Mentir est laid, il peut salir une relation, mais il n’est pas forcément mal car il peut servir une cause plus haute. Le mensonge se fait toujours dans le cadre d’une relation, que ce soit à un autre ou à soi-même. Ainsi le laid est de l’ordre du relationnel, du compositionnel, du situationnel, mais il n’est pas pour autant « relativiste », ce dernier terme supposant une vacance de morale ou pour le moins une morale commode, donc douteuse.

Le douloureux : le travail (douloureux) du négatif est ce qui qualifie l’humain. Il pose la question de savoir pourquoi il faudrait considérer comme faiblesse, cet émoi par lequel on participe à la vie. Accueillir le douloureux du négatif n’est pas apathie. A cet endroit, il convient d’éviter une possible confusion avec le raidissement stoïcien. Si les stoïciens prétendent ouvrir un accès à l’immanence, ils le font sur le mode impératif, au risque de refuser le douloureux qui est constitutif de l’humain. C’est pourquoi Jullien (2014, p. 149) déclare : « Je rejette la plainte, mais je garde la peine ». La sagesse consiste alors, face au douloureux du négatif de laisser passer, procéder, transiter sans chercher de posture héroïque qui serait fermeture au douloureux.

L’abject : la morale doit pouvoir et savoir décider pour être pratique. Elle ne relève pas seulement de l’appréciation. Pour garder une dimension idéale, elle doit aussi relever de l’exclusion. C’est dans cette perspective qu’intervient l’abject qui prononce le verdict d’exclusion. Dans ab-jectil y a d’abord le « ab » qui signale le rejet loin de soi, pour mieux « jeter » loin. Le champ du politique requiert cette évacuation exécutoire, car l’abject est précisément ce qui est susceptible de mettre en péril l’humanité. Il en est de notre dignité commune. Il s’agit du refus a priori et commun face à l’intolérable, fondement de la morale, d’Est en Ouest, de Mencius à Rousseau, (Jullien, 1995).

2.2. Les apports du négatif au vivre

« L’abstrait il en faut, mais pas trop. Le concret est toujours plus compliqué » résume Bompied (2019, p. 134).  Parce qu’elle n’a pas distingué théorie et pratique, la tradition chinoise n’a pas pensé une quête du salut ou du bonheur personnel comme nous l’entendons en Europe (Jullien, 2011). Il s’agit d’abord de « nourrir sa vie », au quotidien et sur la durée, dans une démarche de régulation ordinaire en quelque sorte (Jullien, 2005). Montaigne, le plus « chinois » de nos penseurs occidentaux qui préférait les têtes bien faites aux têtes bien pleines, cultivait « le vivre au gré » en pleine guerre de religion. Il incarne particulièrement cette intelligence de situation, en pratique et en mouvement, qui permet d’accueillir la circulation du vivre en soi et dans le monde.

Plusieurs mouvements de pensée ont ainsi permis d’ouvrir les portes trop rigides d’un esprit en quête d’adéquation parfaite tel que le souhaite la science (positiviste) ou la morale classique (kantienne). Jullien rompt l’homogénéité où s’endort et s’étale la pensée, par la vertu « désadhérante, autrement dit insolente du négatif » (Jullien, 2019, p.113). A titre illustratif, et parmi d’autres possibles, trois terrains sont proposés par Bompied (2019) à partir du travail minutieux de Jullien pour explorer la portée du négatif au vivre.

  • Dans le champ artistique : le surréalisme avait un programme explicite visant à « déborder les barrières logiques de l’esprit » (Bompied, 2019, p.134). C’est l’esprit qui construit le réel, il importe donc de casser ce cadre pour atteindre le surréel. De façon plus générale, tout l’art moderne vise à court-circuiter les limites de l’esprit.Il s’oppose ainsi au déni de vécu qu’instaure l’esprit.
  • Dans le champ culturel : l’Extrême-Orient a également permis une révolte contre l’esprit logique à travers le bouddhisme zen. Arrivé d’abord en Chine, où il constituera la troisième sagesse chinoise aux côtés du taoïsme et du confucianisme (Javary, 2010), le bouddhisme zen s’est ensuite épanoui au Japon. Les fameux koanzen permettent de désarçonner l’esprit logique.
  • Dans le champ de la littérature, où Jullien puise volontiers les marqueurs du vivre, sont mieux mieux dépeints que dans la philosophie classique. C’est ainsi que Jullien fait appel à Proust (A la recherche du temps perdu) pour montrer, comment au ras du vécu intime, conscience et esprit se séparent, comment de la conscience émerge contre l’esprit.

C’est sur ce dernier point, l’émergence de la conscience, que la troisième partie se penche pour ouvrir le champ d’une éthique plus stratégique que morale à un coaching opérant par dé-coïncidence.

3. Dé-coïncider du (tout) positif pour une respiration en conscience avec le négatif

Si le positif ne descend pas du socle d’une performance mentale et comportementale qui serait à installer autant en entreprise que dans sa vie, on peut en arriver à réduire, voire à tuer, le vivant, le créatif, et le dansant en soi et en l’autre au profit du convenu, du statique, du résultat (Midal, 2017). Après avoir réhabilité la portée du négatif, en le dissociant d’une assimilation culturelle trop rapide avec le mal, notre périple intellectuel se poursuit au faveur d’une pratique vivante d’un coaching en conscience. La première section questionne la notion convenue de bienveillanceen coaching, en utilisant les travaux de Maela Paul (2004), pour proposer une posture de veille en coaching. La deuxième section dessine ensuite les pistes d’un coaching en conscience qui opère par dé-coïncidence, en tant que fonction active d’un négatif moteur (Jullien, 2018 ; 2019).

3.1. Une posture de veille pour l’accompagnement

On revendique souvent, et à juste titre, la bienveillance en coaching, sans questionner cette notion tant elle semble positive, comme allant de soi, nantie de la préposition « bien ». Dans l’entreprise, elle est censée devenir levier de performance alors même que le mal-être s’accroit en vis-à-vis (Persson, 2018). Ainsi la bienveillance peut devenir une notion ambigüe car elle se décline face à son opposée, dans l’ombre, la malveillance. Si l’opposition théorique entre bien et mal relève d’une transcendance au nom de la morale, la posture de l’accompagnement en pratique ne peut se faire qu’en situation, en cheminant entre positif et négatif et en se nourrissant de l’ensemble.

En matière d’accompagnement, Maela Paul (2004) a repéré les mots en usage et mis au jour la racine indo-européenne weg. Cette racine sémantique signifie vigueur, force vitale, en articulant trois formes issues du latin : vigere(être bien vivant),vigilare(être éveillé) et vegetare(animer, vivifier). La notion de veilledevient alors centrale comme le montre la figure 2 entre éveiller,surveilleret veiller sur.

Figure 2 : les zones frontalières de l’accompagnement (Paul, 2004, p. 73)

Cette notion de veille se déploie dans un courant entre théorie/abstrait/connaissance d’une part et pratique/concret/action d’autre part, ce qui permet de nourrir une stratégie d’intervention en pratique. Face aux risques psychosociaux et au mal être au travail (Guarnieri, Zawieja, 2014), l’entreprise ne peut se contenter d’afficher des valeurs ou d’édicter des codes de conduite et autres chartes favorables au bien-être, destinées à favoriser, promouvoir, voire édicter un tout positif pour tous dans le texte.

Vivre mieux au travail ne demande pas de quitter l’espace de la stratégie de terrain au profit d’une morale d’ordre supérieur (métaphysique, donc au-dessus du monde physique) (Persson, Agostini, Kléber, 2017). En particulier, l’accompagnement, au service d’un mieux vivre au travail, est de nature à se mouvoir avec pertinence dans un espace laissé en friche par la philosophie entre santé et spiritualité, selon Jullien (2011). Cet espace offre des chemins de sagesse pratique, de nature buissonnière, parce qu’à l’écart aussi bien des idéologies par trop désincarnées que des recettes comportementales volontaristes en 3, 5 ou 7 points et autres fiches-outils par paquets de 10.

Penser l’accompagnement pour mieux le pratiquer, sans ignorer les aléas concrets du vivre au travail, ne relève pas de l’apologie. En particulier, il convient d’entendre la critique portée sur la « nébuleuse de l’accompagnement » qui pourrait n’être qu’un palliatif du management (Pezet & Le Roux, 2012). Il s’agit ici, face à un objet de recherche ambigu tel que le coaching (Nizet & Fatien, 2012) de comprendre (au sens de prendre avec) l’inconfort que l’accompagnement représente pour la pensée rationnelle, donc occidentale. Il s’agit, notamment, d’intégrer le relationnel et son opérativité en refusant de croire à l’indépendance psychologique de l’individu vis-à-vis d’une situation (Midal, 2019). La situation est porteuse avec ses ressources, positives et négatives. La portée des secondes provient de l’inconfort même qu’elles génèrent au plan de la conscience avec les questionnements éthiques associés. Le négatif devient neg-actif par invitation à se mouvoir, à se sortir de quelque chose, à dé-coïncider pour exister (Jullien, 2017) (ex-istere) avec des chemins de traversepour le coaching (Persson, Rappin, Richez, 2011).

3.2. Une éthique de la vocation

L’entrée en scène du négatif dans la sphère philosophique se fait avec Hegel, en marquant le tournant de la modernité (Bompied, 2019). Au-delà du cartésianisme avec le fameux cogito(je pense donc je suis) et de la coupure corps / esprit associée, Hegel définit la conscience comme inégalité à soi. De l’inconfort qui en découle, un défaut, un manque se dessinent qu’Hegel va conceptualiser à travers un mouvement dialectique. Pour autant la dialectique hégélienne ne peut trouver de réconciliation logique finale que dans l’Esprit (Geist) avec une majuscule souligne Bompied. Jullien s’intéresse au travail du négatif, par son exploration de la pensée chinoise en vis-à-vis de la philosophie européenne, en distinguant la conscience de l’esprit.

Négatif Esprit Conscience
Champ Morale de prescription (Kant) Ethique de la vocation
Discipline Philosophie Littérature
Connaissance Science – Recherche d’adéquation parfaite Art – Il faut des ombres au tableau pour faire ressortir les couleurs
Démarche Faire coïncider – Adéquation de la chose et de l’esprit

La perfection dans la coïncidence définit l’évidence (de Descartes à Husserl)

La dé-coïncidence comme fonction active du négatif par le neg-actif
Domaine prioritaire Théorie, abstrait Pratique, concret
Perception Sous l’angle de l’individualité Sous l’angle de la globalité, harmonie à percevoir
Approche Exclusion

Coupure ontologique

Intégration

« Il faut de tout pour faire un monde »

Figure Le Saint quêtant un salut par libération du mal Le Sage trouvant à se satisfaire du monde comme il vient

Tableau 3 : la conception du négatif selon l’Esprit ou la Conscience

(d’après Jullien, 2019, chapitres VIII et IX)

« La conscience implique négativité, par une dé-coïncidence généralement discrète mais essentielle à son fonctionnement, alors que l’esprit, par sa volonté de coïncidence, sa recherche d’adéquation, tend à réduire, voire gommer tout négatif » (Bompied, 2019, p. 136). Le travail du coach qui intervient d’abord en situation, et non dans l’absolu, peut favoriser une dé-coïncidence chez le coaché, en écho à ce que les coachs nomment « recadrage ». Pour autant, le terme recadrage reste chargé d’une directivité quasigéométrique, dans la lignée d’une positivité obligée, alors que la dé-coïncidence inaugure la dimension éthique d’un coaching qui procède d’une double dynamique entre rationalitéet relationalité. Dès 2009, Lash considérait la relationalité comme une dimension implicite chez Jullien. Cette relationalité s’explicite avec le concept d’entrecomme pré-positionau cœur d’une altérité vivante, en pratique, en situation, et à l’écart d’un altruisme théorique idéalisé et obligé. Ecoutons Jullien (2012, p. 50) : « L’« entre » : avons-nous jusqu’ici pensé l’entre ? […] Y avons-nous seulement songé ? Car le propre de l’entre, c’est de ne pas se faire remarquer, de passer inaperçu et donc de se laisser enjamber par la pensée. Le propre de l’entre, c’est que, ne donnant pas lieu à focalisation, à fixation, il n’attire pas l’attention. L’entre renvoie toujours à de l’autre que soi. Ainsi le propre de l’« entre » est-il d’exister, non pas en plein, mais en creux […] Je dis ainsi porté par la langue : «  le propre de l’entre », mais le propre de l’entre, c’est justement de n’avoir rien en propre. De ce qui n’a ainsi de statut que de préposition, si modeste, pourrons-nous faire un concept ? ».

Il importe de disposer d’une « connaissance praticable » en coaching (Persson & Rappin, 2015, p.112). Parce que le coaching travaille à partir de problématiques d’efficience professionnelle en lien avec des comportements individuels, la connaissance mobilisée ne doit pas être « débranchée du vital » (Jullien, 2011, p. 210). Face à la rationalisation gestionnaire, aux normes des fédérations professionnelles et aux injonctions sociétales, il importe de préserver le potentiel de sagesse pratique dont le coaching est porteur. Comme le souligne Brasseur (2009), le coaching doit permettre de dépasser une double injonction, toutes deux sources de stress : l’épanouissement personnel et l’intégration sociale. Le coaching permet des zones de liberté marginales et des responsabilités limitées pour les acteurs vivants qui œuvrent en toute imperfection (Persson, 2009). Cette imperfection, pour exister en pratique, suppose une rupture idéologique de type émancipatoire et réflexive (Brasseur, 2009) qui constitue un désapprentissage (Moreau et Vigneron, 2013) par dé-coïncidence. Elle fait écho à ce qu’écrit Chavel (2013) pour qui les trois marqueurs du leader adulte sont la patience, pour sortir de l’urgence, la frustration, pour sortir de la dépendance au travail, et enfin la déception, pour accepter d’être déçu et oser décevoir.

Conclusion

Cet article invite à accueillir le négatif pour un coaching en conscience. Désassimilé du mal, le négatif devient moteur en tant que ressource nég-active (Jullien, 2006). A l’heure où le positif tend à régner, et au-delà des apports notamment de la psychologie positive au coaching, il y a urgence à évacuer la quasi obligation à une positivité comportementale associée à un certain culte de la performance et de la réussite par soi et en soi. Il importe notamment d’ouvrir une place à une altérité vivante en coaching, en situation, donc imparfaite, à l’écart de la notion d’altruisme par trop théorique et morale, « qui a connu une étrange fortune dans la pensée du XXesiècle » (Midal, 2017, p.172), à l’écart donc de nombreux discours institutionnels ou politiques dans un héritage culturel abreuvé de scientisme.

Coacher en conscience ne relève pas d’un alignement théorique où « rien ne dépasse » mais suppose d’accepter les ressources positives et négatives du vivre, à travers le jeu du vivant en pleine altérité avec soi et avec l’autre. Pour cela il est nécessaire d’ouvrir la porte au nég-actif, d’opérer par dé-coïncidence, en écho au jeu d’enfant de Chavel (2013) et au droit à l’imperfection de Persson (2009). Se dégage alors une éthique de la vocation, plus stratégique que morale, au sens que lui donne Jullien (2016, 2017).


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