Accueil Numéros Numéro 10 04/2020 La place du coaching dans le processus de résilience

La place du coaching dans le processus de résilience

Jérôme Benoît
Article de recherche – Première publication le 08/04/2020


« La vie est un long fleuve tranquille »… pas toujours !

Ouvrons les yeux, observons autour de nous. Alors, nous remarquerons sûrement la présence d’un être qui malgré des conditions de vie, une histoire de vie, nous paraissant difficile, est positif, souriant, engagé, sans aucune prétention. C‘est parce que pour lui, « au-delà de la résistance, il s’agit d’une capacité à reconstruire la vie, et parfois même à transformer un malheur en quelque chose de positif, comme l’aveugle qui devient un excellent musicien ».Stefan Vanistendael[1], sociologue et responsable R&D du BICE donne la définition de la résilience comme « la capacité d’un individu ou d’un groupe à surmonter de très grandes difficultés et à croître dans la vie. Il peut s’agir de traumatismes, de grande pauvreté, d’une maladie grave, d’un deuil lourd, ou d’autres problèmes. Le journal d’Anne Frank ou la vie de Nelson Mandela sont des exemples célèbres de résilience ».

La stabilité sur le chemin de vie n’est pas acquise, et la vie peut basculer parfois rapidement. Pourtant les besoins restent présents surtout lorsqu’ils ont été assouvis pendant longtemps. Alors comment s’adapter à cette nouvelle situation, qui bien souvent entame la confiance et l’estime de soi ? Comment se remobiliser, et ré activer ses ressources et son plein potentiel ? Du simple coping, stratégie d’adaptation, à la reconstruction d’une valeur de soi, réel processus de transformation, « métamorphose qui permet le nouvel envol », le processus de résilience ne sera pas la même pour tous.  Il peut concerner un ou plusieurs des cinq domaines de vie de l’être humain : vie familiale, vie professionnelle, vie de couple, vie liée à l’épanouissement personnel, vie sociale.

La résilience relève-t-elle d’une faculté naturelle, innée, ou à acquérir, marche qui nécessite alors d’être accompagnée ?

Nous pensons que le coaching que ce soit dans une approche personnelle ou professionnelle, a toute sa place pour accompagner l’individu, dans une connexion à lui (dans l’acception tant psychologique que celle des Neurosciences), une mobilisation de ses ressources, propice à plus de créativité, et alors favorable à son épanouissement.

Sur le chemin de la résilience : survivre ou se reconstruire

Qu’est-ce que la résilience ? Avant d’approfondir cette notion, arrêtons-nous sur ce qu’elle en est connue du grand public, à travers les métaphores de Boris CYRULNIK neuropsychiatre.

La qualité d’une personne ? La personne résiliente est alors assimilée au sous-marin et surtout aux caractéristiques de ce qui le compose : le métal, solide, à toute épreuve, à l’image du cuirassé : « un blindé » qui continue sa route. Nous parlons alors de personnalité résiliente, qui attacherait la définition aux caractéristiques de la personne.

Un processus paradoxal : où le traumatisme, la confrontation au monde hostile, vient produire compétence et créativité ? Il utilise alors l’image de « l’huître perlière, qui face au grain de sable, constitue de la nacre autour de l’intrus et élabore la perle, véritable trésor, d’où l’oxymore, « la résilience, un merveilleux malheur »…

Le résultat d’un fonctionnement, d’un comportement ou d’un ensemble de comportements ? La résilience se construit alors comme un «tissage » maillé à partir d’un brin psychologique et d’un brin social sur une trame développementale. La représentation imagée de la construction du tricot évoque tout à la fois :

  • l’engagement de l’individu dans une création,
  • un résultat évoquant : solidité, efficacité (le lainage protège du froid), liberté (possibilité de le mettre et de l’ôter), investissement adapté à ses capacités (pas forcément coûteux, on peut même se le fabriquer soi-même), joli et choisi pour plaire aux autres (qui lui correspond),
  • mais aussi exposant à la possibilité d’avoir laissé passer quelques mailles qui produiront des trous dans le tissage…

Alors, approchons nous plus en profondeur de ce que la résilience désigne et recouvre.

1. Approche sémantique :

Le terme de résilience est initialement utilisé pour définir « la résistance du matériel aux chocs élevés et la capacité pour une structure d’absorber l’énergie cinétique du milieu sans se rompre » [2]. Elle désigne la qualité émergente entre fragilité et élasticité, à permettre au matériel de retrouver son état initial, suite à un choc ou une pression continue.

En informatique, la résilience désigne la capacité d’un système à pouvoir continuer de fonctionner en dépit d’anomalies, liées aux défauts d’un ou plusieurs éléments constitutifs.

Ce mot a été fabriqué à partir du latin resilire[3], venant lui-même de salire « sauter » et du préfixe « re » qui indique un mouvement en arrière. Au moyen âge, en français, il se dirige vers le premier sens de « Résilier » : se rétracter – sorte de saut en arrière. Ce processus de désengagement (résilier un contrat), considéré dans cette unicité, pourrait imprimer trop fortement l’empreinte de la résistance, et/ou de la rigidité. Marie ANAUT[4] présente la résilience avec cette notion adjointe de renaissance, appelant les propriétés de flexibilité, d’adaptation, de souplesse.

Précisément, la langue anglo-saxonne va apporter au participe présent du latin résilireresiliens – la notion de rebond : réaction après un choc. Ce qui compte alors n’est plus tant de se délier, mais l’importance du choc, du recul qu’il provoque, et ceci dans le sens de pouvoir alors, mieux aller de l’avant.

La notion de sens vectoriel complexe : choc, mouvement arrière et reprise dynamique imprime une mise en mouvement, qui peut conférer à la résilience plus que le statut d’une qualité, l’acception de processus : un ensemble, considéré comme doté d’une unité et d’une organisation, d’événements étalés dans le temps. Il peut être aussi, une unité élémentaire du fonctionnement mental qui, d’après un modèle, est susceptible de se composer avec d’autres pour donner lieu à une unité d’ordre plus élevé.

Paul CLAUDEL apporte au début du 20ème siècle une nouvelle dimension à la notion de résilience : « Il y a dans le tempérament américain une qualité, qu’on traduit là-bas par le mot de résiliency, pour lequel, je ne trouve pas en français de correspondant exact, car il unit les qualités d’élasticité, de ressort, de ressources et de bonne humeur».

John BOLWBY, la désigne en 1960,  comme « le ressort moral, la qualité d’une personne qui ne se décourage pas, ne se laisse pas abattre »[5]

2. L’apport des pionniers américains :

Les pionniers américains des années 1950 : Emmy WERNER[6] , Mickael RUTTER, Norman GARMEZY, se sont attachés à l’étude des facteurs de risque et de protection.

Le risque est la probabilité de subir un dommage ou une perte, d’être soumis à un danger, d’être exposé à une blessure. Il sous-tend la possibilité d’un résultat négatif en terme de développement psychique et/ou social surtout si les risques sont pluriels et s’accumulent. La définition de l’OMS complète en désignant le risque comme tout attribut, caractéristique, ou exposition d’un sujet, qui augmente la probabilité de développer une maladie ou de souffrir d’un traumatisme. En psychologie, il représente les variables pouvant conduire à la pathologie ou à l’inadaptation sociale[7].

Emmy WERNER s’est attachée à observer les facteurs de risque chez les enfants, en comparant la capacité des enfants à se développer favorablement ou non, au regard des circonstances de vie de leur enfance (pauvreté, violence, discorde conjugale…). Elle a alors repéré la capacité de certains de se développer normalement outre ces facteurs défavorables, et pour d’autres, la capacité de résoudre leurs problèmes au cours des années. Elle décrit la résilience comme un équilibre évolutif entre des dimensions en interaction :

  • internes : vulnérabilité et facteurs de protection interne.
  • Externes : facteurs environnementaux délétères, mais aussi facteurs de protection externe du milieu.

L’approche devient alors plus systémique.

Mickael RUTTER s’est penché sur l’identification de facteurs de protection susceptibles de contrebalancer ces facteurs de risques familiaux (discorde familiale, classe sociale défavorisée, famille nombreuse, criminalité paternelle, désordre psychiatrique maternel et placement des enfants) et ainsi :

  • Diminuer l’impact du risque
  • Réduire la probabilité de réactions négatives en chaine
  • Renforcer l’estime de soi et le sentiment de sa propre compétence, car plus l’estime de soi augmente, plus le risque d’être affecté par un traumatisme, baisse.
  • Entrainer des opportunités positives

Il distingue plus tard trois caractéristiques essentielles du processus mental résilient :

  • La conscience de son auto-estime et du sentiment de soi qui permet au sujet de se définir et avoir le sentiment de sa propre valeur. L’estime de soi implique trois dimensions[8]: l’amour de soi, la vision de soi, et la confiance en soi.
  • La conscience de son efficacité ou sentiment d’auto efficacité.
  • Un répertoire d’expériences de résolution de problèmes sociaux.

Norman GARMEZY  identifie trois modèles de résilience : stratégies d’adaptation sociale, en dépit des circonstances, des menaces, et organisées après évaluation de la situation, face à un obstacle. Ils sont centrés sur l’enfant, la configuration familiale et les facteurs sociaux environnementaux :

  • Modèle compensatoire: comment certaines variables (facteurs compensatoires) vont directement neutraliser les facteurs de risques, ou indirectement réduire les potentielles conséquences négatives. Cumulées, ces compétences neutralisent l’effet de l’adversité.

Ce modèle appelle à des compétences cognitives. Esther MUJAWAYO[9], qui a vécu le génocide rwandais, relate que quelle que soit la gravité du traumatisme subi, il reste toujours des potentiels exploitables : « Tout ce qu’il faut pour que tu remontes à la surface, c’est qu’on t’aide à retrouver ce qui est fort en toi. Retrouver ce qui a été écrasé comment ça a été écrasé et puis reconstruire là-dessus ».

  • Modèle des facteurs de protection: qui interagissent sur l’exposition aux facteurs de risques.
  • Modèle du challenge: l’exposition aux risques (surtout si faibles ou modérés) est alors considérée comme un challenge à relever. Le stress est approché comme un défi, alors stimulateur et non une catastrophe. L’équilibre est à trouver entre tranquillité et stress formateur.

Dans son mécanisme, la résilience analyse les impacts des facteurs de risques, et prend en compte les ressources et les facteurs de protection, inhérents aux personnes et à leur environnement affectif et social.  « Ces facteurs de protection modifient les réactions aux dangers présents dans l’environnement physique, affectif et social et tendent à diminuer les effets aversifs des contextes traumatogènes »[10]. Les compétences et facteurs de protection dont ces  individus peuvent disposer par eux-mêmes, et ou grâce à des soutiens par leur environnement psycho affectif et social, sont complémentaires.

Anne MASTEN à la suite de N GARMEZY, déclarera, « la résilience se construit, se développe et change au fil du temps. Ainsi un individu pourrait montrer de la résilience à une période de la vie et pas à une autre ».[11]

Ainsi, au gré de l’appropriation de ces facteurs, tous les individus ne réagissent pas aux mêmes facteurs de risque selon l’âge et le sexe, la personnalité, et la typologie du traumatisme, lorsqu’ils y sont alors confrontés.

E James ATHONY, l’illustre en partie avec sa métaphore de la poupée, qu’on laisse tomber sur le sol : la poupée de verre se brise, celle en acier reste indemne, et celle en plastique se déforme, assimilant les caractéristiques des matériaux, aux caractéristiques internes du sujet. Michel MANCIAUX complète le modèle en 1999[12] en rajoutant la nature du sol (sable, béton…) la force du jet et l’intentionnalité (négligence ou agressivité)…

La résilience est donc décrite comme un processus transactionnel, entre risques, résistance, tous les deux liés aux facteurs externes et internes du sujet, et adaptation.

3. L’approche psychologique et psychanalytique :

La résilience est un processus psychique, proche du mécanisme de sublimation dans la psychanalyse freudienne, dans le sens de transformer les conséquences pénibles d’un traumatisme en richesses intérieures. La sublimation consiste à désinvestir certaines représentations sexuelles (déplacement et symbolisation), réinvestir d’autres représentations (la codifier pour lui donner du sens), leur donner une forme appréciable et appréciée (la rendre extérieure), forme qui représente le désinvestissement de pulsions sexuelles, pour les réinvestir (ex : les artistes). Associée à la résilience, l’assimilation pourrait se faire par la recherche de désinvestir, de se protéger de certains éléments traumatisants de la réalité, et des représentations psychiques, visuelles, auditives, même cénesthésiques (ensemble des sensations internes, qui suscite chez l’être humain le sentiment général de son propre corps, de son existence, en-dehors de la perception sensorielle), qui leurs sont attachés, sans perdre sa vigilance par rapport au monde extérieur. Ce travail s’effectue dans le préconscient sous forme de rêverie (roman familial, fuite réussie, réussites narcissiques ou amoureuses), puis un travail psychique conscient dans lequel on s’efforce de comprendre la situation. Pour Michel HANUS, la résilience « fait mieux que survivre au traumatisme, elle le transcende, elle l’intègre, elle le surpasse …/…. elle est construction, elle est création, une œuvre narcissique qui nous émeut »[13].

La psychologie comportementale, laisse la notion de traumatisme pour s’attacher à la notion de stress ou de situations stressantes, avec la stratégie de coping définie par R. LAZARUS et S.FOLKMAN[14] en 1984 comme : « l’ensemble des efforts cognitifs et comportementaux toujours changeants que déploie l’individu pour répondre à des demandes internes et/ou externes spécifiques, évaluées comme très fortes et dépassant ses ressources adaptatives ». Cette stratégie adaptative adopte deux opérations mentales :

  • analyse de la situation, de ses enjeux et de ses dangers,
  • interrogation des moyens possibles pour la gérer.

Le coping est centré sur le problème : réduire les sources de stress, et sur l’émotion pour réduire la détresse émotionnelle  associée à la situation.

La résilience « fait intervenir un travail psychique de symbolisation qui associe dans sa forme complète, des composantes sensori-motrices, émotionnelles, imagées et verbales »[15]. Elle est basée sur des mécanismes d’introjection : processus inconscient par lequel un sujet transpose, sur un mode fantasmatique, des objets extérieurs partiels ou totaux, ou encore des qualités de ces objets, dans les différentes instances de son appareil psychique : moi, surmoi, idéal du moi. Ils permettent de lier les éléments des expériences nouvelles aux traces laissées par les précédentes, dans un enrichissement permanent. Nous verrons plus loin qu’elle est tributaire du lien qui attache à un tiers et du plaisir qu’on prend avec lui (famille, couple, amis, psychothérapeutes, pédagogues…). Elle peut s’appuyer sur le jeu partagé avec un interlocuteur réel ou imaginaire et sur les rêveries.

La dynamique du processus psychique de la résilience comporte deux phases :

  • La phase de protection: il s’agit de la confrontation au trauma, avec la en mise en place d’un processus de résistance à la désorganisation psychique. C’est l’installation de modalités défensives pour parer à l’effraction psychique par des mécanismes de défense : bulle psychique, déni, répression des affects, déplacement, projection, comportement passif, agressif, passage à l’acte…
  • La phase élaborative: elle consiste à l’intégration du traumatisme et la réparation, pour rétablir les liens rompus et se reconstruire, à l’abandon des mécanismes de défense et l’adaptation à de nouveaux plus matures, avec plus de souplesse : créativité, humour, intellectualisation, altruisme, sublimation.

John BOWLBY en 1969, dans sa théorie de l’attachement et compréhension psychanalytique des sujets traumatisés, étudie la construction du sentiment de sécurité interne. L’attachement est un instinct primaire : besoin d’une relation sensorielle sécurisante pour se permettre ensuite une nouvelle approche des autres et de son environnement. Cette sécurité acquise dans la petite enfance permettrait de faire face plus facilement ensuite aux traumatismes ultérieurs de les surmonter et de s’adapter. Elle représente une base de construction du processus résilient.

Peter FONAGY[16] exprime que la possibilité de donner du sens aux éléments de sa vie en étant aidé par ses parents et ses proches, et donc la qualité des expériences d’attachement augmenterait la capacité de pouvoir interpréter correctement ses émotions et celles des autres. Dans le cas d’une relation de sécurité intrafamiliale défaillante, l’étayage social (travail, association) peut-être équivalent, et la supplée.

Ces 2 chercheurs démontrent bien en quoi le processus est réellement une interaction entre ce qui compose le sujet, depuis sa naissance, son histoire de vie, sa capacité à être et son environnement immédiat : représentation de l’univers et capacité à tisser des liens et de s’appuyer dessus.

Pour compléter cette approche nous citerons les travaux de Jeanne et Jack BLOCK, qui ont tenté de définir en 1980 une forme de résilience qui serait un trait de la personnalité, « l’égo résilience » capacité de s’adapter aux circonstances variables et aux contingences environnementales, qui prédisposerait alors à :

  • La possibilité d’être heureux,
  • La capacité de s’engager dans un travail productif,
  • La bonne sécurité émotionnelle,
  • La capacité de nouer des relations satisfaisantes avec les autres.

Cependant, cette approche n’a pu être démontrée scientifiquement, et les recherches de STEVEN J et S WOLIM (1993)[17] se concentrent désormais sur les traits de personnalité qui représenteraient autant de facteurs de protection faces aux épreuves de la vie et à l’adversité. Ils en relèvent sept : la perspicacité, l’indépendance, l’aptitude aux relations, l’initiative, la créativité, l’humour et la moralité.

4. Appropriation d’une définition de la résilience :

L’appropriation successive par les traducteurs font passer la résilience du postulat de rebond à la capacité à rebondir, enfin la capacité de mobiliser instantanément des défenses efficaces en cas de stress.

Ainsi nous nous retrouvons face à une notion à deux visages :

  • La capacité de survivre dans un environnement hostile: « pouvoir résister à tout »[18] . Stefan VANISTENDAEL[19] considère la résilience comme « la capacité d’un individu ou d’un groupe à surmonter de très grandes difficultés et à croître dans la vie. Il peut s’agir de traumatismes, de grande pauvreté, d’une maladie grave, d’un deuil lourd, ou d’autres problèmes ».  Cette capacité surprend, par le fait qu’on puisse apercevoir des individus, malgré une vie très difficile, être positifs, souriants, engagés. Il l’a étudié auprès d’enfants dans les milieux sociaux défavorisés.
  • La capacité de se reconstruire après un choc: Stefan VANISTENDAEL la reconnait aussi, au-delà de la résistance, comme une capacité à reconstruire la vie, et parfois même à transformer un malheur en quelque chose de positif.

Edmund W. GORDON, professeur de psychologie, Faculté de l’Université de Columbia, rajoute, que pour cela, une personne doit mobiliser toutes ses ressources : biologiques, psychologiques, et celles de son entourage social.

D’ailleurs Boris CYRULNIK[20], insiste sur l’importance de la  présence de tuteurs autour de lui, pour l’aider dans ce processus, que ce soit un psychothérapeute, une sœur, un frère, un ami, une assistante sociale. Il entend par « tuteurs de résilience» des présences soutenantes, auprès desquels l’individu, pourra mobiliser en lui les ressources et trouver, alors la puissance pour se mettre en mouvement.

Jacques LECOMTE (2004)[21] a listé les qualités principales de ces personnes qui font office de tuteurs de résilience : attitudes positives, étayages empathiques, et absence de jugement envers les individus en souffrance :

  • Ils manifestent de l’empathie et de l’affection,
  • Ils s’intéressent prioritairement aux côtés positifs de la personne,
  • Ils laissent à l’autre la liberté de parler ou de se taire,
  • Ils ne se découragent pas face aux échecs apparents,
  • Ils respectent le parcours de résilience d’autrui,
  • Ils facilitent l’estime de soi d’autrui,
  • Ils évitent les gentilles phrases qui font mal

La conjugaison des données de deux auteurs nous conduit à penser et vouloir soutenir, la place que peut prendre le coach parmi ces tuteurs de la résilience.

« La résilience est donc un processus dynamique qui implique la réorganisation psychique après un traumatisme ou qui permet un développement harmonieux en dépit des risques ».[22] Elle appelle les compétences des individus, des familles ou des groupes, pour faire face à des situations délétères et déstabilisantes : évènements de vie traumatiques, accidents, maladies, carences graves, grande précarité. Elle devient un mécanisme  qui permet alors de se prémunir face à la possibilité d’un effondrement physique et psychique, où alors de se reconstruire après lui.

Ce processus évolutif met en jeu des ressources internes et externes, autant de  modalités défensives et de procédures protectrices qui intègrent des dimensions suivantes :

  • Ressources individuelles: caractéristiques intrapsychiques (mécanismes défensifs), flexibilité cognitive, recherche de sens, sociabilité…
  • Ressources externes: les soutiens affectifs (familiaux péri familiaux amoureux) et des conditions externes favorables, véritables supports (soutien des pairs, des communautés sociales d’appartenance).

On n’est pas résilient seul : c’est un processus complexe résultant de l’interaction du sujet avec son environnement, visant à sortir vainqueur d’une épreuve traumatique, permettant de continuer de se construire et de poursuivre un développement harmonieux.

L’image de la résilience n’est pas l’apanage de surhommes. Les cicatrices et blessures restent, elles sont intégrées, la trace en est gardée sans s’en retrouver pour autant stigmatisée.

La résilience appelle à une souplesse psychique et cérébrale dont serait capable chacun, à chaque moment de sa vie, pour reconquérir une possibilité d’être heureux et satisfait en donnant un sens à sa vie, de reconquérir une perception réaliste de soi et des autres qui permet de s’accepter et d’accepter ses proches.

5. Neuroplasticité et Résilience : l’apport des Neurosciences

Nous nous intéressons à la notion de plasticité cérébrale. La neuroplasticité, ou plasticité neuronale mise en évidence par les neuroscientifiques, désigne l’ensemble des manifestations traduisant la capacité des neurones à se modifier et se remodeler (créer, défaire ou réorganiser des réseaux) tout au long de la vie.

Notre cerveau est composé de 100 milliards de neurones. La perte neuronale quotidienne est de 10 000 à 50 000 neurones par jour. On a longtemps cru que cela était irréversible, or depuis une dizaine d’année, l’essor des neurosciences démontre que des nouveaux neurones apparaissent chaque jour, même si en quantité moindre, et que surtout les neurones restants créent alors des nouvelles voies de communication entre eux et ce jusqu’à l’âge de soixante-dix ans environ. Les démonstrations scientifiques témoignent des capacités de certaines parties de notre cerveau à se substituer à d’autres parties lésées, par des corrélations synaptiques nouvelles.

Par exemple : l’Hippocampe qui est siège de la mémoire, augmente rapidement, si il est soumis à des exercices intenses de mémorisation. L’hypothalamus, centre de gestion du stress, peut se densifier par la méditation pleine conscience, comme l’a démontré Richard DAVIDSON, chercheur reconnu et fondateur du Center for investigating healthy Minds. Il a accueilli dans son laboratoire d’imagerie cérébrale à l’université du Wisconsin des personnalités, telles Mathieu RICARD ou le Dalaï Lama, pour étudier les bases neuronales des pratiques méditatives, leurs impacts sur le cerveau et le comportement, ainsi que sur le développement des circuits neuronaux liés à l’attention, à la régulation des émotions, voire à la conscience (contrôle par imagerie IRM – Induction à résonnance magnétique – avec des marqueurs, pour mesurer l’effet de la méditation sur l’accroissement de cette zone du cerveau). La méditation pleine conscience a été développée par Jon KABAT-ZINN, qui en a initié la démonstration scientifique par les neurosciences, et donc celle de la plasticité cérébrale. En 1979, il a élaboré le programme MBSR (Mindfulness Base Réduction Stress) qui vise la mise en œuvre des mécanismes réparateurs et préventifs permettant :

–          une plus grande stabilité émotionnelle, une plus grande force intérieure,

–          une augmentation de la concentration et de l’état de détente,

–          une meilleure capacité à faire face aux situations stressantes,

–          une plus grande vitalité et un plus grand enthousiasme pour la vie,

–          une diminution du niveau de la douleur et une capacité accrue à faire face à la douleur chronique,

–          une prise en charge plus active et une amélioration de la qualité de vie, du bien-être et de la santé.

Acquisitions nouvelles et suppléance, tout est possible. Chacun a donc en lui des possibilités considérables ignorées de lui-même qui peuvent lui permettre de se reconstruire  après un traumatisme.

Chaque seconde, notre cerveau se modifie en fonction des expériences affectives, psychiques, cognitives que nous vivons. C’est un processus physiologique d’adaptation du système soumis à l’influence de facteurs environnementaux, génétiques ou épigénétiques. L’acquisition de cette flexibilité s’appuie sur le mécanisme de conditionnement, entre le stimulus et sa réponse. Rechercher les « bons » stimuli pour obtenir une réponse jugée adaptée et positive à la reconstruction, et répéter cette action, permet de créer une routine qui est stockée dans une partie du cerveau appelée les ganglions de la base. Appelés aussi noyaux gris centraux, ils reconnaissent, stockent et répètent les routines (les patterns). Tel le conditionnement, la flexibilité se développe.

Pour Caroline CARLICCHI, coach, « La résilience, est en fait une capacité de notre cerveau que nous développons au fil de nos expériences, positives et négatives. La répétition de ces expériences, que l’on appelle aussi le conditionnement, est à l’origine de connexions cérébrales, de création d’habitudes, de fonctionnements réflexes, automatiques. »[23]. La structure du cerveau la plus impliquée dans la résilience est le cortex préfrontal, cette zone du cerveau qui régule notre système corporel et nerveux, qui nous donne accès à la conscience de nous-même, de nos ressources. Cette zone dite préfrontale (cerveau plus évolué) est sollicitée pour les changements de stratégie. En effet, face à une situation stressante l’organisme va d’abord solliciter la zone postérieure et basse (cerveau ancien au plan évolutif) pour les réponses automatiques, pour une tâche maîtrisée ou routinière. Cependant, le cortex préfrontal voyant que c’est inopérant, va alerter les centres du stress, entrainant production de cortisol et d’adrénaline à long terme néfastes. Il parait alors opportun d’utiliser les potentialités d’adaptation du cortex préfrontal. Jacques FRADIN et Camille LEFRANCOIS[24], décrivent six facultés cognitives du fonctionnement préfrontal, par opposition au fonctionnement en mode automatique :

  • la rationalité,
  • la relativité (comprendre qu’il existe plusieurs points de vue),
  • la curiosité
  • la souplesse d’esprit,
  • la nuance
  • l’opinion personnelle

La compétence principale qui semble réunir ces six facultés, semble être la créativité, c’est-à-dire la capacité à être imaginatif et efficace dans ses réponses à l’imprévu.

Alors, plus qu’un état, qu’une caractéristique, la résilience nous semble bien être un mécanisme complexe, pas si simple à mettre en œuvre, dépendant tant de facteurs internes qu’externes. Cependant, elle apparait être aussi un mécanisme puissant, pour autant que l’homme ne néglige pas d’aller explorer la profondeur de ses ressources, et notamment de ses capacités neuronales. Alors s‘ouvre un chemin de reconstruction, où la personne va devoir se ré inventer. Cependant, l’état de vulnérabilité est  bien présent, le chemin ne se fait pas seul. Sur celui-ci, les tuteurs semblent à chaque fois nécessaires. Au regard des éclairages que nous avons assemblés, le coach dans son rôle de facilitateur, nous parait pouvoir en être un.

La place du coaching dans le processus de résilience

1. La place du coaching : le coach peut faire partie des tuteurs de résilience

Le coaching est l’accompagnement d’une personne qui, à un moment de sa vie va s’inscrire dans une dynamique de changement. Il y a donc une logique de sens de vouloir passer d’une situation A vers une situation B, avec des degrés de mutation différents selon les demandes de transformation, conduisant de la transformation minime à maximale, invisible à manifeste. Accompagner une femme brune à devenir rousse, aura un résultat visible immédiatement, si elle atteint son objectif. Accompagner un client sur le chemin de l’assertivité, notamment peut-être à savoir « oser dire non », sera peut-être moins visible immédiatement mais représentera pour le client une radicale métamorphose dans sa vie, précisément si cela le conduit au gré de sa volonté et de ce qu’il sentira de bien pour lui, à l’expression complète de soi, d’un renforcement de l’estime de soi, d’une créativité. Nous nous gardons bien, coach, de porter un jugement sur la valeur d’une demande, car que savons-nous réellement, autre que ce que le client nous en aura dit, de la valeur et de la force que ce changement aura dans son intimité. Rien n’est à négliger, tout est important s’il l’est pour le client.

La place du coach émerge donc lorsque la personne a une demande, qu’elle n’arrive pas à « gérer » seule, et lorsqu’elle a un désir d’engagement dans ce processus suffisamment fort pour s’en remettre à un professionnel, plus qu’à son entourage de proximité. La personne arrive en percevant bien souvent inconsciemment, que même si la demande est là tapie au fond d’elle-même, la formalisation consciente qu’elle en fait ne revêt pas encore exactement l’objectif précis qu’elle souhaite explorer et mettre en œuvre pour se développer, s’accomplir, ou parfois se rétablir. Elle réalise, (parfois cela se précise et conscientise, pendant les premières séances de l’accompagnement) qu’elle a besoin d’un autre pour l’accompagner à cela, un professionnel. C’est pourtant elle qui va opérer sa transformation, avec ce qu’elle y mettra d’elle-même. Le coaching n’est pas un audit diagnostic externe assorti d’un panier de solutions, de conseils tout faits, illusion qu’appliqués, ils seraient garant d’une transformation « clé en main » assurément réussie. Cela reviendrait à dire qu’il existerait une série de modèles types de transformation, applicables par et pour tous. Bien au contraire, nous sommes persuadés qu’aucune demande, même similaire dans sa formulation et portant sur un même sujet, ne pourra être abordée, approchée de la même façon, et avoir les mêmes résultats de transformation, puisque chaque client est singulier. Dans sa pratique, cela oblige sans cesse le coach à s’adapter, se renouveler et donc inventer un ajustement sur mesure, pour le bien de son client et de sa propre pratique professionnelle à lui.         Le coaching est là pour accompagner ce changement. Le coach est «un passeur vers plus d’éthique et de responsabilité, un professionnel engagé dans la vie de la cité »[25].  Nous apprécions cette définition de Reine Marie HALBOUT, qui pour nous replace bien les trois dimensions du coaching :

  • Le client: le mot « éthique » réfère aux valeurs de celui-ci, son souhait de connexion à celles-ci, et de celles-ci à son environnement par l’intégration choisie à son comportement, pour lui permette d’être avec ce qu’il est. Le terme de « responsabilité » évoque aussi son engagement dans la démarche.
  • Le coach : le terme de « passeur » exprime son rôle de facilitateur dans la démarche avec ce qu’il est lui-même et ce qu’il souhaite y mettre, un professionnel lui aussi « responsable », et pour cela, qui s’est formé, pas tant simplement dans l’acquisition d’outils, mais par la réflexion qui l’a conduit à réfléchir sur sa posture et sa pratique, raison pour laquelle, il continuera tout au long des accompagnements, d’être supervisé et de respecter dans une dimension éthique le code de déontologie des coach certifiés.
  • L’utilité sociale de cette pratique : utilité pour l’autre dans la singularité d’une relation qui s’adapte à lui, pour l’aider à se développer dans ses choix, dans les situations qu’il a à vivre, ses projets professionnels… Donc œuvrant pour l’individu, elle œuvre pour la société, puisque l’homme est un être de relation.

 

Nous empruntons sa définition à Jean Luc AVELLA BAGUR[26], parce qu’elle colle à la représentation que nous nous faisons du coaching : « Comment changer ? Comment vivre et se développer ? Comment conduire sa propre vie selon ses propres choix ? Comment évoluer, s’adapter, se réaliser, ici et maintenant dans cette société, dans ce monde avec ce que je suis ? Le coaching consiste à accompagner des personnes ou des groupes dans la définition et l’atteinte de leurs objectifs, au bénéfice de la réussite de leur évolution personnelle et professionnelle ». A partir de la demande du client, le coach va aider celui-ci à la clarifier pour poser un objectif. « La relation qui s’installe entre le coach et son client, ouvre un espace intersubjectif,  où s’élaborent et d’où émergent les « solutions » propres à l’individu, en relation avec la découverte, la valorisation et la mise en œuvre de ses potentiels ». D’autant plus que le coach aura pris soins dans ce rapport collaboratif, véritable creuset dans son acception littéraire, de tisser les conditions de protection, de permission et de puissance, pour cela. Ce qui leurs fait dire aussi que : « le coaching se doit aux hommes, à la réussite de leur évolution, à leur performance, à la seule place qui leur revient dans les systèmes et les organisations du monde qui est le nôtre, le centre ».

  • Espace de protection : accueil bienveillant, sans jugement, acceptation positive, qui respecte la personne, ce qui est bon pour elle, de sa temporalité, espace sur lequel la confidentialité règne en maîtresse.
  • Permission : de s’exprimer, de faire, de répondre ; ou de ne pas le faire.
  • Puissance : relative à la notion de l’engagement, de la responsabilisation dans ses choix et donc de la force du processus et du résultat.

Il est d’autant plus important de citer ces points, qu’ils nous semblent plus que jamais appropriés à la situation de clients qui se saisissent du coaching dans leur processus de résilience. En effet, comme nous l’avons expliqué précédemment, il découle de cet épisode une certaine vulnérabilité, une estime de soi mise à mal, voire détruite, à la rencontre de laquelle, ces conditions représenterons autant d’éléments sécures et confortables, pour la fécondité du processus de résilience, dont ils ont besoin sur leur chemin de reconstruction.

Dans notre approche conceptuelle, nous avons évoqué l’identification par M. RUTTER des facteurs de protection favorables à la résilience, dont le renforcement de l’estime de soi et le sentiment de sa propre compétence. Nous avons souligné grâce à lui, les trois caractéristiques essentielles du processus mental résilient dont la conscience de son auto-estime et du sentiment de soi qui permet au sujet de se définir et avoir le sentiment de sa propre valeur, la conscience de son efficacité (sentiment d’auto efficacité).

Nous avons vu que l’estime de soi implique l’amour de soi, la vision de soi, et la confiance en soi. L’estime de soi spécifiquement pour chacune de ses trois dimensions, est précisément un des champs sur lequel intervient le coaching, auquel il invite le client à explorer, soit au cours de la clarification de sa demande, soit lors de l’établissement de l’objectif. Dans le cadre du processus de résilience, l’objectif pourrait précisément être celui-ci « recouvrir une estime de soi qui lui permettre de se re trouver», ou représenter un objectif intermédiaire au bénéfice d’un objectif ciblé sur une « re création » personnelle ou professionnelle précise.

L’éclairage théorique démontre la pluralité et la variété des profils des tuteurs de résilience sur lesquels, l’homme peut s’appuyer. Nous affirmons que le coach à sa place parmi eux. Il a par sa déontologie, les qualités principales de ces personnes qui font office de tuteurs de résilience : attitudes positives, étayage empathique et absence de jugement envers les individus en souffrance, que cite Jacques LECOMTE[27]. En effet,

  • Il manifeste de l’empathie et de l’affection,
  • Il s’intéresse prioritairement aux côtés positifs de la personne,
  • Il laisse à l’autre la liberté de parler ou de se taire,
  • Il ne se décourage pas face aux échecs apparents, car il fait confiance en son client.
  • Il respecte le parcours de résilience d’autrui, en ayant le souci de l’écologie de son client
  • Il facilite l’estime de soi, d’autrui,

Marie ANAUT, confirme la place et l’action de l’accompagnement dans ce processus de résilience : « l’approche du processus de résilience  constitue un modèle de compréhension conceptuel, mais également un cadre d’accompagnement et de soutien auprès des individus, des familles et des groupes…/… Travailler avec des individus en grandes difficultés pour activer spontanément ou naturellement les processus de résilience : lever des blocages qui entravent les réaménagements psychiques, nécessaire à la reconstruction, repérer et valoriser les ressources, les compétences et les soutiens. Favoriser les attitudes proactives des sujets pour les aider à trouver leur propre cheminement vers la résilience »[28]. Il est manifeste qu’il n’a pas l’unique place et que chaque professionnel sera utile, chacun à sa place et parfois dans leur complémentarité. Le coaching n’a pas mission d’accompagnement pour traiter en tant que tel l’évènement, le traumatisme, la maladie, qui reste du domaine de la thérapie. Mais il s’agit bien d’aider la personne, ayant subi une épreuve qui ne fait plus sens, dans son projet de vie ou professionnel, de l’accompagner pour lui permettre de reprendre pied et d’être en mesure de retrouver ses ressources pour atteindre ses objectifs. Ceci comme le cite Christèle PERROT, coach « tout en prenant en compte l’évènement, le traumatisme, le choc qui font qu’elle est devenue ce qu’elle est, c’est à dire différente…. Sans que cela ne se voit forcément… »

Marie ANAUT souligne toute l’importance dans ce processus, de prendre du temps pour se reconstruire soi, puis pour renouer un contact ajusté avec son environnement. Nous soulignons encore une fois l’importance de l’approche singulière, et le fait que le temps propice à l’accompagnement ne sera jamais le même selon les personnes, fonction de l’intensité du traumatisme, de ses ressources et de sa capacités à les mobiliser. S’agissant chaque fois, d’un parcours unique : « il conviendra alors de permettre au client de trouver son fonctionnement résilient dans son contexte de vie selon ses ressources et les particularités socio culturelles »[29].

Stefan VANISTENDAEL[30] expose que « la résilience n’est pas une technique d’intervention. Mais, elle inspire un autre regard qui, tout en reconnaissant les problèmes, cherche au-delà de la pure réparation, les ressources et éléments positifs, même modestes qui aideront à reconstruire la vie. Pour favoriser cela : se sentir fondamentalement accepté par une autre personne sans que cela implique nécessairement une approbation des comportements – cet élément est souvent considéré comme le plus important -, la découverte d’un sens positif à sa vie, des repères, le sentiment d’avoir une certaine prise sur sa vie, une image de soi positive mais sans illusion, une série de compétences sociales ou autres, un sens de l’humour constructif… » Il confirme notre position, puisque nous retrouvons le coaching dans ses propos, dans la notion d’aider le client à contacter ses ressources internes, comme dans la posture qu’il décrit importante d’adopter.

Le coach a donc bien sa place parmi les tuteurs de la résilience. Il est bien une ressource externe au service de la mobilisation des ressources internes du client, que ce soit dans les étapes du processus de résilience, jusqu’à la possible métamorphose, en contactant alors toute sa créativité pour « évoluer, s’adapter, se réaliser, ici et maintenant dans cette société, dans ce monde avec ce qu’il est ».

2. Du coping à la sollicitation de la neuroplasticité cérébrale : l’empowerment.

Le processus de résilience, recouvre deux champs (Cf définition) :

  • Celui des modalités de résistance au stress ou au traumatisme et donc la capacité de faire face : le COPING  – l’ajustement.
  • Celui concernant la capacité à continuer de se développer sans perturbation majeure et à continuer de développer ses compétences dans un environnement.

Combiner alors les deux : s’ajuster personnellement, tout en continuant de se développer, tant le pouvoir d’agir est parfois plus à sa portée, sur son périmètre intérieur, que sur celui de son environnement, sur lequel il ne pourra pas toujours avoir prise. Cependant, nous apporterons cette touche positive qui nous caractérise, que c’est bien en démarrant par l’empowerment au service de soi, et parce que l’homme est un être de relation, que cette première approche peut concourir à une plus grande, celle de pouvoir alors faire évoluer son environnement.

2.1. Le coaching au service du coping dans la phase adaptative du processus  de résilience

Décrit par LAZARUS en 1984, le coping désigne l’« ensemble des efforts cognitifs et comportementaux destinés à maitriser, à réduire ou tolérer les exigences internes ou externes qui menacent ou dépassent les ressources de l’individu »[31]. C’est un comportement d’ajustement, différent des mécanismes de défense : domaine de l’inconscient et qui relève de conflits intra psychique. Il concerne le présent et les procédures conscientes, orientées vers la réalité extérieure et suscitées par l’évènement. Le coaching  se caractérise par l’action résolument axée sur le comment, pour aujourd’hui et demain. Soucieux de s’ajuster à l’écologie du client à l’instant où il présente sa demande, cette phase adaptative, nous semble être un premier pas dans le processus de résilience, auquel le coach peut proposer son accompagnement.

La résilience appelle à des capacités d’adaptation aux éléments stressants, selon la récurrence, et/ou l’intensité de nouvelle exposition. Ces traces peuvent subsister longtemps encore après l’évènement, selon le degré plus ou moins fort de nouvelles expositions, et précisément selon la distance d’éloignement, qui plus elle est longue, plus elle aura permis l’acquisition de modes de protection. Dans la recherche de réduction de l’impact psychologique d’évènements stressants de manière à préserver le bien-être émotionnel, Serban IONESCU, cite quatre dimensions principales de coping :

  • Le coping centré sur l’émotion : qui vise la régulation de la détresse émotionnelle.
  • Le coping centré sur le problème : qui vise à gérer le problème qui se trouve être à l’origine de la détresse humaine.
  • Le coping évitant : stratégie passive de réduire la tension émotionnelle.
  • Le coping vigilant : stratégie active d’affronter la situation pour la résoudre (recherches d’informations, de soutien social, de moyens).

Le coping seul ne suffit pas à la résilience. Pour autant, si le client nous en formule la demande, le coaching va s’adapter à ces recherches de stratégies, ces différents niveaux d’adaptation, s’ils représentent parfois des objectifs intermédiaires nécessaires à atteindre l’objectif plus grand de la résilience. Il le fera dans le respect de la demande du client, pour que le client puisse atteindre son objectif avec ce qui est au plus juste pour lui. Cependant chacune de ces dimensions sollicitent déjà, si on veut bien s’en approcher de plus près, une flexibilité cérébrale, qui peut revêtir différents niveaux d’inventivité, de créativité, selon la stimulation cérébrale activée par le client et parfois alors se dépasser elles-mêmes.

2.2. Plasticité cérébrale et coaching :

Quels sont les mécanismes de soutien aidant au développement de la résilience ?

Dans notre approche, nous avons pu voir précédemment, qu’il existe des facteurs favorisant le développement de la résilience, de la capacité de rebond. Parmi ceux-ci, nous soulignons :

  • l’intention claire: Clarifier ce que l’on souhaite développer, et ce sur lequel le coaching porte son attention : « vers quoi » il souhaite aller. Alors pour cela, formuler un objectif de changement, pour passer en mode « aller vers » plutôt que de chercher à «s’éloigner de».
  • La méditation pleine conscience: Nous avons pu voir aussi que la zone « ressources » intéressée dans cette activité est notre cortex préfrontal. Or il s’avère être très facile à déconcentrer, alors qu’est nécessaire la capacité d’être présent, disponible, concentré sur la réalisation de notre objectif. La méditation pleine conscience peut apporter aptitude à la concentration et à l’intention claire. Si nous le stimulons, notre cerveau a donc bien les capacités opérantes dans la mise en place de stratégies permettant le processus de résilience
  • la stratégie de W. DISNEY : initialement modélisée par Robert DILTS, le rêveur, le réaliste et le critique, présents en chacun de nous expriment trois formes de créativité[32] :
  • Le rêveur permet de reformuler les buts fixés ou les objectifs. Il représente l’innovation, avec une flexibilité à changer le «quoi». Le coach invite à l’exploration de l’objectif sous toutes les coutures, à se libérer du réalisme, de faisabilité, vers les solutions les plus fantaisistes. Il s’appuiera sur les questions : Quel est votre objectif? Quel est le but de ce projet? En quoi est-ce qu’il vous motive? Qu’est-ce qu’il vous apportera? Quelles solutions ou stratégies vous viennent à l’esprit y compris les plus délirantes? Et demandera de retenir trois solutions, dont une qui lui paraitra « la plus folle » la plus abracadabrante.
  • Le réaliste permet de reformuler les moyens à mettre en œuvre pour atteindre un but. C’est une « invention », avec une flexibilité à changer le « comment » des opérations. Le coach invite son client à reprendre les solutions précédentes et se poser les questions suivantes : Que devez-vous faire pour la mettre en œuvre? De quelles ressources avez-vous besoin? De quelles personnes? Pour faire quoi? Quels obstacles risquez-vous de rencontrer? Comment les contourner?
  • Le critique permet de reformuler les procédures de preuves de l’atteinte de l’objectif. Le coach invite à une observation rigoureuse, autant dans leur globalité que dans le détail : Quels sont les avantages? Quels sont les inconvénients, les coûts? Quels éléments ne dépendent pas de vous? Qu’est-ce qui pourrait l’améliorer?

Le coach invite le client à prendre alors conscience qu’il dispose à présent de différentes possibilités, qui vont le conduire à élaborer une stratégie, forcément unique.

« C’est une « découverte », avec une flexibilité à changer le « Pourquoi » afin de modifier nos filtres de perception et regarder les choses de manière différente ».[33]

  • Pour entrainer notre cortex préfrontal: Jacques FRADIN et Camille LEFRANÇOIS[34] proposent de partir d’exercices axés sur le développement de six facultés cognitives :
  • La rationalité: pour adapter les moyens aux finalités. Sont nécessaires : les conditions de bonne formulation d’un objectif,  les stratégies empruntées à la programmation neurolinguistique avec des modèles de conditionnement opérant, tel que : le modèle TOTE (Test-Opération-Test-Exit) établi par G MILLER. Le modèle de la réponse au stimulus est enrichie d’une notion de feed-back, qui s’il est positif entraine la réponse et le passage à une autre action, si non est  re tenté et si toujours négatif, fait sortir de la boucle de cette action pour inventer une nouvelle réponse. Le méta modèle en est un autre. Défini par R. BANDLER et J. GRINDER, il travaille sur 3 catégories : l’omission, la généralisation, et la distorsion, le méta modèle aide ainsi les individus à retrouver les informations perdues, à les intégrer dans leur expérience interne et à redessiner ainsi une nouvelle carte cognitive.
  • la relativité des points de vue pour éviter de rester figé sur une position acquise : les positions de perception, la recherche de l’intention positive, les recadrages linguistiques et les changements de croyance.
  • la curiosité pour être tourné vers la nouveauté : méta-programmes, ancrages de ressource, relation au temps « Futur », cadre du « comme si », le méta modèle.
  • La souplesse d’esprit pour résoudre les paradoxes : les tailles de découpages de l’information, la hiérarchie des critères, le méta modèle, la négociation entre parties.
  • La nuance pour affiner la perception de l’environnement : l’acuité sensorielle et la calibration, la pensée non polaire.
  • Le développement de l’opinion personnelle pour faciliter la décision : le renforcement de la référence interne, la stratégie de décision (méta programmes Match et Mismatch : « commencer par dire oui, ou commencer par dire non »), la recherche des critères de choix, la hiérarchie de valeurs.

L’homme a donc bien des capacités d’agir et le coach de l’accompagner dans cela.

2.3. Coaching et Empowerment :

L’Empowerment désigne le pouvoir d’agir, le gain de pouvoir. Dans le champ des pratiques sociales, il désigne un affranchissement personnel : avoir du pouvoir sur l’environnement, ce qui peut être lié à la reconnaissance de l’individu sur ses propres capacités d’agir. Yan LE BOSSE et Marguerite LAVALLEE (1993)[35] le décrivent comme « un processus par lequel une personne qui se trouve dans des conditions de vie plus ou moins incapacitantes, développe par l’intermédiaire d’actions concrètes, le sentiment qui lui est possible d’exercer un plus grand contrôle sur les aspects de sa réalité psychologique et sociale ».

Le coaching nous semble bien être celui qui permet à notre client de reprendre le contrôle sur sa vie, de retrouver des capacités à développer des habilités, ce qui favorise l’estime de soi et la confiance en soi. Selon le stade auquel, il réalisera sa démarche, elle pourra aller jusqu’au recouvrement de sa capacité de contrôle personnel et d’autonomie, d’auto appréciation de ses compétences et de l’estime de soi, autant d’auto capacités indispensables dans le processus de résilience. Le coach sera le facilitateur de la participation active, pour faire émerger les capacités et les compétences que les individus possèdent en matière de relation, d’éducation et de vie communautaire et leurs permettre de les mettre en œuvre.

Le cerveau est malléable et dispose de perspectives de création mais aussi donc de re création, très utile pour permettre au client, enfermé dans boucles « négatives » de pensées et de comportement, acquises progressivement au cours de la situationinitiale, d’évoluer vers une nouvelle façon d’être et une reconnexion nouvelle à son environnement. C’est lui l’acteur, c’est donc bien d’empowerment, que nous traitons à travers l’engagement du client dans « son » coaching, ce pouvoir de soi et de celui de son environnement, qui permet d’exercer le pouvoir de changer les choses bien au-delà de son seul sort.

Conclusion

La résilience est un processus dynamique qui implique la réorganisation psychique après un traumatisme ou qui permet un développement harmonieux en dépit des risques.  Elle appelle les compétences des individus, des familles ou des groupes, pour faire face à des situations délétères et déstabilisantes : évènements de vie traumatiques, accidents, maladies, carences graves, grande précarité. C’est un mécanisme qui permet alors de se prémunir face à la possibilité d’un effondrement physique et psychique, ou alors de se reconstruire après lui. Ce processus complexe, résultant de l’interaction du sujet avec son environnement, appelle à des ressources internes et externes : « on n’est pas résilient seul ». La résilience appelle à une souplesse psychique et cérébrale dont serait capable chacun, à chaque moment de sa vie, pour reconquérir une possibilité d’être heureux et satisfait en donnant un sens à sa vie, de reconquérir une perception réaliste de soi et des autres qui permet de s’accepter et d’accepter ses proches.

Nous avons donc tenté de démontrer pourquoi et comment le coach a donc bien sa place parmi les tuteurs de la résilience. Il est une ressource externe, au service de la mobilisation des ressources internes du client, différemment aux différentes étapes du processus de résilience qui vont de la facilitation pour le client de mobiliser des stratégies d’adaptation, à la sollicitation de sa souplesse cérébrale,  jusqu’à la possible métamorphose, en contactant alors toute sa créativité pour qu’il puisse « évoluer, s’adapter, se réaliser, ici et maintenant dans cette société, dans ce monde avec ce qu’il est ».


Notes

[1] http://bice.org/fr

[2] Dictionnaire Le Petit Robert

[3] Tisseron S. (2007) La résilience. Paris : Presses Universitaires de France, Collection “Que sais-je ?”, p. 4.

[4] Anaut M. (2015) Psychologie de la résilience. 3è édition, Paris : Arman Colin, p.45

[5] Anaut M., op cit. p.47

[6] Tisseron S., op.cit pp14-16

[7] Tisseron S., op cit. p. 32

[8] André C., Lelord F. (2008) L’estime de soi : s’aimer pour mieux vivre avec les autres : Paris : Odile Jacob, collection Poche Odile Jacob

[9] Tisseron S., op.cit, p. 8

[10] Anaut M., op cit p.11

[11] Anaut M., op cit p.59

[12] Anaut M., op cit p.81

[13] Hanus M. (2002) La résilience : à quel prix ? “Survivre et rebondir”. Paris : Maloine p.145

[14] Tisseron S., op.cit p.25

[15] Tisseron S., op.cit p.114

[16] Tisseron S., op.cit p.22

[17] Anaut M., op cit. p 61

[18] Tisseron S., op.cit, p. 5

[19] Vanistendael S.(2014) La résilience : une définition simple, le 20 mars 2014, http://bice.org/fr, consulté le 10/02/2018.

[20] Vanistendael S., Cyrulnik B. (1999) La résilience : blessé mais pas vaincu. -Durée : 45′. Productions Anthéa. Collection : “Parole donnée”.

[21] Lecomte J. (2005) Les caractéristiques des tuteurs de résilience, Recherche en Soins Infirmiers, (82), pp 22-25

[22] Anaut M. (2015) Psychologie de la résilience. 3è édition, Paris : Arman Colin, p9

[23] Carlicchi C, (2015) Apprendre à rebondir : les neurosciences de la résilience, in  http://blog-fr.coaching-go.com· publication 10 septembre 2014 · mis à jour 24 février 2015, consulté 2018

[24] Monsempès JL. (2006), Le cerveau et les stratégies de réaction au stress, http://www.institut-repere.com à partir de Jacques Fradin et Camille Lefrançois. Comprendre le stress pour le vaincre. Cerveau &Psycho n° 18 Novembre-Décembre 2006-11-26, consulté 2018

[25] Halbout MR (2015) Savoir être coach : un art, une posture, une éthique. Paris : Ed. Eyrolles

[26] Jean Luc AVELLA BAGUR est dirigeant fondateur de Linkup coaching

[27] Halbout MR, op cit. p. 25

[28] Anaut M. op cit p.12

[29] Vanistendael S. (2014) La résilience : une définition simple, le 20 mars 2014, http://bice.org/fr, consulté le 10/02/2018. (2016)

[30] Ibid .

[31] Anaut M., op cit p.89

[32] Pascual S. (2017), Ithaque coaching, http://www.ithaquecoaching.com, consulté 2018

[33] Dilts R., Delozier J. J -Encyclopedia of Systemic NLP and NLP New Coding -NLP University Press

[34] Monsempès JL. (2006), Le cerveau et les stratégies de réaction au stress, http://www.institut-repere.com à partir de Jacques Fradin et Camille Lefrançois. Comprendre le stress pour le vaincre. Cerveau &Psycho n° 18 Novembre-Décembre 2006-11-26, consulté 2018

[35] Anaut M., op cit p.85


Références

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Citer cet article :

Benoît, Jérôme. “La place du coaching dans le processus de résilience”. Revue Européenne de Coaching, 10, 04/2020

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