Accueil Numéros Numéro 4 10/2017 Coaching au féminin

Coaching au féminin

Stéphanie Plessis et Marion Chapsal
Interview croisée réalisée par Chloé Bonnet – première publication le 24/10/2017


Préambule

Dans cette interview, Chloé Bonnet croise les regards de deux coaches, Stéphanie Plessis et Marion Chapsal, et fait entendre leurs voix respectives. A travers trois thèmes déclinés, le coaching au féminin, le coaching et le féminisme et l’accompagnement des femmes, une autre voie se dessine, celle d’un métier loin des tentations typologisantes, psychologisantes, enfermantes et réductrices. A travers une discussion sans concession à propos de tous les thèmes de nos jours très à la mode, se dégage ainsi une ambition forte pour le coaching : celui d’être un métier universel et créatif au service des individus, toujours et plus que jamais singuliers. Si le coaching est féministe dans ses conséquences, il ne saurait l’être dans son essence.

Mots-clés : Féminisme, Coaching, Accompagnement, Femmes, Management

Abstract

In this cross-interview, Chloé Bonnet exchanges views with two coaches, Stéphanie Plessis and Marion Chapsal. They come across three main themes : « feminine coaching », « coaching and feminism » and « coaching women ». Through those themes, a new path opens, that of a profession far away from reducing and/or confining categories. In short, a clear ambition for coaching rises from their conversation : coaching is a universal and creative profession at the benefit of singular individuals. If coaching is feminist in its consequences, it is not in its essence.

Keywords : Feminism, Coaching, Support, Women, Management


Coaching au féminin

Chloé Bonnet : Après le « management au féminin » , « l’entrepreneuriat au féminin » , désormais place au « coaching au féminin »  ! En tant que coaches, femmes, vous accompagnez de nombreuses femmes, que pensez-vous de cette appellation ?

Stéphanie Plessis : La féminisation est une avancée certaine pour la discipline. Maintenant je pense que l’appellation « coaching au féminin » est potentiellement réductrice et typologisante. On tente d’arrêter de discriminer la femme et la discrimination revient avec le dogme corseté du féminin et de la féminité…La place grandissante des femmes est une action vertueuse. Par contre, l’appellation, dans sa stigmatisation, renforce ce qu’elle entend mettre à distance.

Marion Chapsal : J’ai été très impliquée dans les réseaux féminins (ou « au féminin »). Dès qu’il y avait « women » dans une organisation, je fonçais ! Je me suis très vite rendue à l’évidence : l’univers « au féminin » se traduit bien trop souvent par une invitation à consommer « femmes » plutôt que par la création d’endroits propices à l’apprentissage et au développement. De manière générale, les labels comme « le coaching au féminin »  sont toujours un terrain glissant, cela enferme et renforce l’idée selon laquelle les femmes seraient différentes. Cela va de pair avec le fait de vanter des qualités dites « féminines » d’empathie, de gentillesse, de bienveillance qui sont complètement construites.

Du côté du coach.e, le « coaching au féminin »  laisse entendre qu’il y aurait une méthode et des pratiques typiquement féminines…

Stéphanie Plessis : Je ne crois pas au bien-fondé d’une version masculine du coaching, pourquoi devrais-je croire en une version féminine ?

Personnellement je préfère utiliser l’appellation « coache », qui comme toute féminisation de nom de métier a ouvert un possible, plutôt que de sous-entendre une qualité dogmatiquement associée à une pratique féminisée. Je préfère une vision inclusive de la profession en termes de pratiques professionnelles à une vision séparatiste et souvent archaïque. La seule reconnaissance valable se joue sur la posture et l’assise épistémologique des pratiques. Renvoyer les femmes à leur féminité revient à décentrer la question des compétences. Un référentiel de compétence est asexué, celui du métier de coach(e) aussi.

Dans les discours médiatiques dominants autour du « management au féminin », on met en avant des qualités prêtées aux femmes : bienveillance, inclusion, participation. Ces représentations se transposent-elles dans le coaching ?

Stéphanie Plessis : Elles peuvent se transposer chez un certain type de coach… pas les plus professionnels… Ce genre de typologies cohabitent aisément avec d’autres prêts à penser ou « fiche cuisine ». L’essence de ce métier est d’être créatif et libérateur. Le principe d’auto-détermination prévaut sur des particularismes de vision. Nos coach(e)s, ne travaillent donc pas avec ce genre de représentations si elles ne sont pas celles de leurs clients. Le plus gros travail d’un coach sur lui-même est de se défaire des rôles, de sortir des cases et de ces prétendues qualités qui sont autant de croyances limitantes et d’injonctions souvent mortifères pour l’individu. Nous mettons souvent nos coach(e)s en garde contre la myopie opérationnelle de ces typologies.

Marion Chapsal : Bien sûr, ces stéréotypes sont partout…C’est d’ailleurs ce qui les rend dangereux – et à l’opposé de la démarche du coaching. Nous ne sommes pas là pour aider des individus à se conformer aux modèles dominants. Un coaching au féminin qui viendrait « mettre les femmes là où on les attend » serait incontestablement une dérive.

Croyez-vous que le « coaching au féminin » peut aussi permettre de démocratiser le coaching ou de briser les barrières à l’entrée pour des femmes qui peuvent se sentir exclues de ce type d’accompagnement, notamment dans la sphère professionnelle (« le coaching c’est pour les grands dirigeants ce n’est pas pour moi » ) ?

Marion Chapsal : Non, il serait bien naïf de parler d’un appel d’air vers la diversité. Autour du coaching et des réseaux au féminin, on retrouve plutôt des dirigeantes de très haut niveau. Une nouvelle forme de statut et de nouveaux clubs de pouvoir se sont recomposés autour du coaching au féminin. On ne peut pas (encore) parler de démocratisation.

Stéphanie Plessis : Plus les femmes seront accompagnées (et pas nécessairement que par des femmes.) plus cela rentrera dans les mentalités et contribuera encore à sa démocratisation et cela au bénéfice de tous. Les femmes sont partout, dans toutes les spécialisations que nous dispensons chez Linkup Coaching. Les domaines d’expertise ou le haut de l’organigramme ne sont plus l’apanage d’un seul sexe et c’est un renouvellement vital pour la pratique.

Coaching et féminisme

Chloé Bonnet : Vous êtes féministe. Un coaching féministe est-il possible ? Est-il compatible avec l’approche de la page blanche ? Quel est alors votre rapport aux théories qui vous influencent ?

Marion Chapsal : La page blanche, quelle page blanche ? La page blanche n’existe pas, nous sommes tous et toutes un livre plein à ras-le-bord de ce qu’on a vécu ! Il est impossible de coacher sans ce matériau. Les personnes qui souhaitent que je les accompagne me choisissent aussi en fonction de ce que j’ai vécu et appris, en fonction de mes convictions. J’ai agrémenté ma pratique de coaching grâce aux études de genre. Devrais-je m’en cacher ? Je suis fière de le dire. Cela m’a permis aussi à titre individuel de mieux prendre conscience de mes propres œillères : mes représentations et croyances limitantes. Le féminisme n’est pas un biais ! Au contraire, ce sont ces théories qui m’aident à me défaire de mes biais et à être totalement présente à la personne accompagnée, en tant que personne, durant la séance.

Stéphanie Plessis : Le coaching peut être féministe dans ses conséquences, jamais dans son essence ! Le coaching est un humanisme…Un(e) coach(e) ne cherche pas à partager ses convictions, un coaching partisan sortirait du cadre du coaching…C’est justement parce qu’il ne prend pas parti que le coaching crée un espace de liberté dans la conscientisation des possibles, de tous les possibles, il s’affranchit des clivages. Là ou les approches psychologisantes ou partisanes recyclent l’ancien en continuant à le corriger, le coaching positionne un universalisme créatif et ambitieux.

Vous êtes parfois confrontées, dans des grandes entreprises à des cas de discrimination ou de harcèlement. Où s’arrête l’accompagnement ? Le coach doit-il être un pur observateur ou un acteur, voire un militant ?

Marion Chapsal : Je me donne des permissions. J’agis. Mon premier engagement en tant que coach, c’est d’être entièrement présente pour la personne dans le temps de la relation. Cela ne veut pas dire que je puisse mettre mon engagement personnel au placard lorsque je suis face à une responsabilité qui dépasse de très loin celle du seul coach ! Récemment, j’ai par exemple accompagné une jeune femme dans une grande entreprise industrielle. Au fur et à mesure des séances, elle m’a confié des enjeux avec son manager et a fini par me demander de lui faire un compte rendu écrit de l’une de nos séances. Elle me l’a demandé, j’ai donc souscrit à la demande de la cliente. Elle se trouvait en réalité dans une situation de harcèlement et mon email, donc mon intervention, a contribué à bâtir le dossier et dénouer la situation.

Même sans demande explicite, le coach se doit aussi de sortir de son rôle de coach pour revêtir son rôle d’individu et de citoyen face à certaines situations. Bien sûr, nous faisons très attention à la confidentialité mais il y a un équilibre confidentialité – responsabilité à trouver. J’ai toujours une responsabilité, y compris légale, face à ce que je fais ou ce que j’ai pu voir. Il faut absolument alerter !

Les mouvements féministes ont longtemps été divisés ceux/celles qui militent pour le séparatisme et entre ceux/celles qui oeuvrent pour la reconnaissance du « continuum des sexes » , arguant que le séparatisme a tendance à homogénéiser les femmes, à les figer dans une identité « femme »  qui n’existe pas. Le coaching des femmes est-il nécessairement un séparatisme ?

Marion Chapsal : J’ai fait le choix d’accompagner des femmes mais j’ai aussi un rôle important à jouer par rapport aux hommes. Je leur permet de laisser plus de place et d’adopter un style moins stéréotypé. Je mets aussi en place des ateliers de groupe pour les hommes et les femmes afin de les sensibiliser aux biais dont nous sommes tous à la fois coupables et victimes. Il faut travailler sur les représentations, en profondeur. Adopter des lunettes de genres et une « écoute genrée » des dynamiques d’un groupe ouvre les yeux et permet les progrès de tous et de toutes.

Je remarque un nombre croissant de demandes de coaching en entreprises orientés vers des modes de fonctionnement plus inclusifs, des styles de management plus collaboratifs qui laissent place à une grande palette de style pour tout le monde.  

Stéphanie Plessis : Oui, l’enjeu du coaching des femmes est souvent une sortie de la « culture du féminin » et la place des femmes n’est pas une question spécifiquement féminine tout comme n’est pas spécifiquement féminin la problématique du harcèlement sexuel. C’est un enjeu sociétal fort dont la réponse se doit d’être inclusive et créatrice, au sens de nouvelles structures de pensées et donc de comportements. A l’inverse, il faut faire attention aux injonctions du continuum des sexes : l’individu se devrait alors de ne plus vivre ses particularismes !

Accompagner des femmes

Chloé Bonnet : « les principaux freins à l’ascension des femmes, ce sont les blocages psychologiques et les phénomènes d’auto-censure ». Il n’est pas rare de lire ce type de propos tant le psychologisme est partout. Ces idées reçues ne font-elles pas reposer, une fois de plus, la responsabilité sur les femmes seules ?

Stéphanie Plessis : Ces croyances limitantes n’arrivent en effet pas toutes seules. Ce phénomène d’auto-censure peut facilement être lu comme un héritage culturel. Ce ne sont pas les femmes qui se censurent, ce sont les injonctions qu’on leur assène (toujours la féminitude….) qui les amènent à le faire. Peut-on reprocher à une femme de se censurer quand on lui a appris qu’elle ne devait pas oser ? Quand on lui a laissé en héritage que sa vérité n’était pas dans la sphère publique mais dans l’intime ? Peut-on également le lui reprocher quand la volonté politique s’affiche partout mais se dissout dans le quotidien laissant les femmes dans une double contrainte proche du harcèlement moral ? Il y a tellement de dichotomies ressenties dans toutes les identités prêtées aux femmes à ce jour.

La pression n’est plus sur la femme, la mère ou la professionnelle mais sur le fait d’être performantes sur toutes les facettes, à tous les âges et à tous les instants.  Vu comme cela, la pression est énorme et la charge mentale associée aussi.

Marion Chapsal : Oui, il faut définitivement en finir avec les « osez ! faites ! You can have it all » à la Sheryl Sandberg. Sous couvert de messages d’espoir pour les femmes, nous avons réintroduit des attentes sociales et des injonctions à la fois paradoxales et culpabilisantes.

Vous le dites toutes les deux très bien, la pression exercée sur les femmes est forte et ceci à tous les points de vue. Paradoxalement, cette même pression peut aussi être à la source d’une forme d’engouement pour le coaching. Qu’en pensez-vous ? Ressentez-vous cette pression ? Que faire alors en tant que coach ?

Stéphanie Plessis : en effet, La vision de certaines femmes les amène à se sacrifier professionnellement ou personnellement pour ce qu’elles pensent devoir faire. La peur de réussir est très présente. Elles ne sont pas elles-même, elles sont ce qu’elles croient devoir être.  Ces femmes sont dans cette croyance-contrainte où investir leur vie professionnelle  équivaut toujours  à désinvestir leur vie familiale…. On trouve aussi toutes les croyances du type, “ je ne serai pas capable à un tel niveau”. Alors qu’une redéfinition profonde s’impose, la reconstruction ne s’est fait que sur du correctif, laissant la femme avec toujours plus de de doute et de culpabilité..

Mais si ce phénomène d’auto-censure est observable, il existe surtout également comme un dangereux alibi et une tentative manipulatoire pour ceux et celles qui ne voudraient pas envisager un changement profond des mentalités et des comportements

Encore une fois, on féminise sans fondement et on restreint au professionnel une problématique qui est sociétale c’est-à-dire collective, et mixte.

Marion Chapsal : Oui, c’est vrai et l’engouement des femmes pour le coaching n’est pas neutre dans cette affaire ! Pour le coach, il s’agit d’abord et toujours, de se garder de tomber dans le piège de la performance. Nous ne sommes pas là pour aider des personnes à se conformer au modèles dominants. On doit protéger les personnes accompagnées de ces foutaises. Je coache de nombreux profils qui ont une forme de fragilité. Je vais donc les aider à œuvrer pour renforcer leur solidité intérieure mais surtout pas dans l’optique de faire plaisir à des attentes extérieures. Nous allons ensemble chercher à renforcer le fondamental, les capacités à choisir et à pouvoir agir, indépendamment des demandes sociales. Le coach ne peut pas être dans la sommation au changement permanent ! Ce que je propose n’est pas un changement, c’est le fait de pouvoir lâcher et de s’octroyer ce droit ! Ceci étant dit, il y a bien sûr une réalité de l’entreprise dans laquelle les femmes à compétences égales vont devoir fournir beaucoup plus d’efforts. A titre d’exemple, je fais un grand nombre d’accompagnement en prise de parole. Sur les présentations en entreprise, on ne peut nier l’impératif  : il faut impressionner ! Si le point d’entrée est alors bien celui de la performance, je recentre toujours sur le/la coaché.e : pourquoi est-ce important pour elle ou lui ? La question n’est pas pourquoi est-ce important pour l’entreprise ou le supérieur hiérarchique ou n’importe quel commanditaire. Je n’achète pas cette pression là ! Le coach n’est pas là pour gonfler momentanément sur une prestation. L’effet doit être durable. La prise de parole est un point d’entrée. Elle n’est pas un aboutissement.

Même lorsque la demande de la cliente est orientée vers la performance, notamment dans des coachings autour de la prise de parole, le coaching permet que cela reste un jeu et un jeu en conscience. Le coach et la personne accompagnée ne sont pas dupes.

Quelles sont vos méthodes privilégiées sur ces sujets empreints de difficultés ?

Stéphanie Plessis : les méthodes, au-delà du travail sur le développement des potentiels et leur synergie, au-delà des « libérations » individuelles, vont se concentrer au démarrage sur le collectif. Les méthodes sont celles du coaching stratégique. En ce sens, on crée de l’efficience. De la valorisation des existants naît une systémie vertueuse, cohérente et applicable, qui permet de bénéficier à tous.

Pour évacuer les phénomènes de censure par exemple, nous avons un atelier baptisé «  Quand je serai grande, je serais chevalière » qui est un délicieux moment où nous soulevons collectivement et dans la mixité les croyances limitantes le plus profondes attachées au féminin et au masculin. Les plus fortes sont tellement ancrées qu’elles en sont parfaitement invisibles. C’est un moment de partage et de compréhension profonds. C’est un tremplin formidable pour mettre en place de nouveaux comportements, plus sains, plus adaptés, plus réalistes et plus ambitieux.

Marion Chapsal : Je n’ai pas une méthode, c’est bien sûr une hybridation. J’ai été une bonne élève, je me suis nourris de la PNL et l’analyse transactionnelle. Il s’agit de décortiquer le langage et le non verbal à travers les gestes, les symboles, la respiration. Aujourd’hui, l’approche sur laquelle je m’appuis le plus est celle des constellations systémiques. J’ai découvert des jeux avec des figurines qui étaient utilisés pour l’orientation scolaire et je les ai adaptés à mes séances. Les figurines permettent, en plus d’apporter une dimension ludique, de créer un mini théâtre de ses propres archétypes, de mettre en scène des situations, avec beaucoup de souplesse et de recul. Cette médiation, à la fois visuelle et kinesthésique, fait ressortir les forces en présence et les problématiques pour faire des bonds en avant !

Ces méthodes sont bien entendu adaptées aux hommes et aux femmes. En revanche, je me rends compte que la différence vient souvent de moi, de mes propres représentations. Je me donne beaucoup plus de permissions quand je suis avec une femme. Je vais plus loin dans l’originalité, dans la créativité. Je sors plus facilement les jeu de la valise car moi-même je joue un rôle social devant les hommes de ce que je pense qu’il attendrait d’une coach. Je vais compenser et à avoir tendance à être beaucoup plus intellectuelle avec les hommes comme pour leur prouver certaines choses. Ce sont d’autres biais que le coach doit conscientiser et briser à chaque séance !

En 2017, on atteint péniblement 6 % de femmes PDG, 21,6 % de femmes cadres dirigeantes en France, 9 % de femmes dirigeantes de startups. Le coaching est-il le remède à la progression des femmes dans les organigrammes ? Quelles sont les limites du coaching face à l’inégalité hommes-femmes ?

Marion Chapsal : Face à l’enjeu, l’approche doit être collective. A lui seul, le coaching ne suffit pas. Il est un outil parmi d’autre pour mettre en valeur le décalage entre ce qui est vécu et ce qui est perçu. Il faut le combiner avec des facilitations de groupe. D’une part, ces groupes doivent d’un côté permettre aux femmes de s’exprimer, de sortir des rôles qu’on définit pour elles et de tisser davantage de sororité. D’autre part, il faut aussi sortir des groupes exclusivement composés de femmes et aller vers des groupes mixtes pour bousculer les pratiques. Dans l’entreprise, on a aussi plus que jamais besoin d’une volonté politique au plus haut de l’organisation. Aujourd’hui on m’appelle encore souvent au moment du 8 mars. Il faut arrêter de cantonner ses actions là à un registre symbolique et à des opérations de communications cosmétiques. Cela doit être pris en compte, au même titre que la finance, et pleinement intégré à la stratégie.

Stéphanie Plessis : Ces chiffres ont le mérite de mettre en lumière le profond décalage entre la réelle place des femmes aujourd’hui, leur influence et le discours ambiant.  Il y a une fracture dès que l’on cherche à transposer les discours dans l’opérationnel. Ils nous renseignent sur cette double contrainte et cette ambivalence qui pèsent sur les femmes.   

Ils reflètent aussi, ceux plus insidieux, du nombre de temps partiels, d’emplois précaires, de disparités salariales….  Et si l’on est tout à fait honnête, on doit regarder aussi du côté des chiffres des violences faites aux femmes. On comprend alors à quel point la situation demeure urgente.

Nous ne pouvons continuer à maintenir des modèles d’accompagnements révolus, vecteurs de clichés ou de crispation. Nous devons créer. On ne résoudra pas la problématique en regardant derrière nous. On ne la résoudra pas non plus dans un communautarisme sexué ou en mettant des hommes dans des caddies. La discrimination positive à l’égard des femmes est l’exemple de ces fausses bonnes idées, où le poids des extériorités négatives restent considérables. Le coaching, parce qu’il s’inscrit dans une démarche proactive et ouverte, permet à l’individu, à l’équipe, à l’organisation d’exprimer son plein potentiel. Il réunit et développe des actions. Il n’est pas un sparadrap sur les symptômes. Il est fondateur d’une nouvelle vision. Parce qu’il sort du prêt-à-penser, il renforce un sentiment d’alignement et de cohérence qui bénéficie à tous.

commentaires

1 COMMENTAIRE

  1. Dans le prolongement des réflexions de mes deux consoeurs, j ‘apporterai humblement un point de vue masculin à leurs positionnements respectifs.
    Riche de diverses théories et techniques mais aussi de fondements sans cesse renouvelés, le coaching est à mon sens  »unisexe ». Qu’il soit véhiculé par un homme ou une femme , je vous propose d’intégrer le postulat qu’il est véhiculé par  »un coach » et peu importe son appartenance aux 2 genres. Rappelons que le coach n’a pas vocation à être  »dirigiste » et encore moins  »catégorique » donc qualifiable dans un registre de la communication qu’il n’a pas à polluer par le prisme et le filtre de ses propres expériences ou épisodes de vie.Il devient ainsi plus simple de classifier le coach dans un  »troisième » genre, celui du professionnel  » assexué  » . En effet , le coaching ne saurait souffrir de travers sexistes ou de toute connotation à caractère  »sexué ». Accompagner hommes et femmes , femmes et hommes dans le cadre du coaching individuel, individuel d’entreprise ou d’entreprise ne peut être  »pollué » par toutes inférences provenant d’une  »inclination » que la génétique pourrait introduire dans la qualité de l’accompagnement voire de la pratique du coach . Aspect clivant, ce postulat a le mérite de  »désexuer » la pratique du coaching car si chacun des 2 genres possède ses lettres de noblesse ou la caricature de ses excès, le coaching lui les bat en brèche et s’exonère de tous leurs poncifs . Neutralité, bienveillance , alignement et déontologie, voilà des valeurs que les 2 genres , s’ils sont sensés renfermer, n’affichent pas toujours ou pas toujours de manière pertinente ou opportune. Si les 2 sexes possèdent leurs particularités et leurs particularismes, le coaching lui est uniforme dans sa déclinaison et sa pratique. Accompagner un homme ou une femme repose sur les mêmes fondamentaux, adaptés ensuite à l’objectif du coaché. Devrions nous alors croire qu’à même demande une réponse  »sexuée » pourrait être apportée? Devrions nous ainsi considérer qu’un coach homme ou femme utiliserait des moyens d’accompagnement et d’atteintes d’objectifs influencés par la note génétique qui le caractérise ? La mémétique aurait alors raison du cognitif ?
    Ramenons ainsi le débat à ce qui semble une évidence : le coaching est un espace qui réunit les deux sexe en leur proposant un langage commun, celui de la raison ( par la neutralité) au détriment de celui de la passion ( par l’excès des genres ). Voyons donc au delà de ce que la nature nous propose visuellement , voyons  » le professionnel  » au sens général masculin/féminin et laissons de côté les préjugés qui faussent indubitablement l’approche de la qualité du coaching au féminin . Dans un cadre spécifique , et puisque  »les anges n’ont pas de sexe », reconnaissons au deux genres l’égalité dans l’expression de leur même pratique, le Coaching.

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