Catégories
Numéro 13 09/2022 Numéros

Coaching et Gestion du Temps : Trouver l’équilibre et s’épanouir grâce au coaching en gestion du temps

De nos jours, la question de l’équilibre dans la vie et de l’épanouissement personnel de l’individu se pose de plus en plus. Cette question est souvent étroitement liée à la difficulté d’organisation et de gestion du temps que l’individu manifeste en réalité ou du moins dans sa perception de cette difficulté à s’organiser au cours de son existence.

Ousseny Diangana
Article de recherche, première publication le 26/09/2022

Ousseny DIANGANA, Cadre chez EDF et Coach Professionnel Certifié. Passionné de Développement Personnel et Professionnel avec une spécialisation dans l’organisation, la gestion des priorités et des priorités. Cette article constitue une réflexion sur les apports du coaching dans l’organisation, la gestion du temps et des priorités pour une performance durable et écologique sur les plans individuel et collectif. Retrouvez-le sur YouTube juste ici : https://www.youtube.com/c/DevenirBEST


Introduction

De nos jours, la question de l’équilibre dans la vie et de l’épanouissement personnel de l’individu se pose de plus en plus. Cette question est souvent étroitement liée à la difficulté d’organisation et de gestion du temps que l’individu manifeste en réalité ou du moins dans sa perception de cette difficulté à s’organiser au cours de son existence.

La question du temps au sens physique-scientifique et philosophique a été abordé par plusieurs auteurs dont Aristote (384-322 avant Jésus-Christ), Saint Augustin (354-430 après Jésus-Christ), Galilée (1564-1642 après Jésus-Christ), Isaac Newton (1642-1727 après Jésus-Christ), Henri Bergson (1859-1941 après Jésus-Christ), Albert Einstein (1879-1955 après Jésus-Christ), ou par certains de nos contemporains comme Etienne Klein (physicien français et directeur de recherches au CEA), Marc Lachièze-Rey (théoricien et cosmologue français du CNRS), Eckhart Tolle (écrivain et conférencier canadien), etc.

En physique, il y a une distinction entre le temps et les phénomènes temporels qui eux-mêmes utilisent le temps comme une variable. La vision physique ou philosophique du temps reste très abstraite pour la majeure partie des gens. Nous nous appuierons sur certains principes physiques et philosophiques pour présenter les bases théoriques et les fondements de la question du temps.

Pour l’utilisation pratique au quotidien de son temps, des auteurs écrivains contemporains comme David Allen (Théoricien de la productivité et de l’efficacité professionnelle), Brian Tracy (Conférencier et formateur), Hal Elrod (Conférencier en développement personnel), Stephen R. Covey (Consultant en management et développement personnel) et plein d’autres auteurs ont également abordé la question du temps mais au sens opérationnel et productiviste en abordant l’aspect pratique avec des outils comme les agendas, les checklists, les objectifs, le feedback,… parfois la question de la motivation, de l’autodiscipline et de l’épanouissement souvent orienté résultat et profit.

A mon sens ces deux approches physique-philosophique et productiviste de la question du temps fournissent une très bonne lecture et une bonne compréhension avec la distinction de différents types de temps : le temps physique (la variable t), le temps horloge (le chronomètre), le temps productif ou improductif (les résultats), le temps perdu ou gagné (le rapport au temps), etc.

Mais en prenant en compte l’individu au sens identitaire, « le qui suis-je avant de parler du temps ou de productivité » ; une question essentielle et existentielle demeure : Comment utiliser le temps au service de son bien-être durable en prenant en compte ses croyances, ses valeurs et ses propres besoins dans le but de réaliser son rêve, d’être aligné et de s’épanouir indépendamment du temps qui passe ? Comment trouver le juste équilibre entre temps, activités, résultats et épanouissement personnel grâce au coaching ?

Voilà l’interrogation que nous posons dans cet article et à laquelle nous allons chercher à répondre.

Nous vivons dans une société de la consommation et de la productivité, dans une société où tout va de plus en plus vite grâce à la démocratisation des nouvelles technologies comme Internet, les smartphones, les réseaux sociaux… Ce qui a complètement bouleversé nos habitudes de vie et notre rapport au temps.

La course à la satisfaction immédiate instantanée et la course contre la montre quasi permanente dans notre société nous poussent à nous interroger sur la question du bien-être de l’individu et sur la question du degré de conscience qu’à cet individu de sa propre réalité à travers le temps.

Une autre question se pose, c’est celle de la stratégie d’action de l’individu : Dans quel but agissons-nous, quelles sont nos sources de motivation profondes qui nous poussent à agir parfois de manière inconsciente ?

Dans ce contexte de mouvement perpétuel à vitesse grand V de notre société et en même temps dans cette période où l’individu est en quête de sens de la vie, le coaching de manière générale et en particulier le coaching en gestion du temps devient plus que nécessaire.

En tant qu’individu membre de cette société en mouvement, sommes-nous conscient de notre propre rythme de vie, notre propre « vitesse » ou sommes-nous pris dans une tempête de la vie et que nous suivons le sens du courant sans aucune maîtrise de soi, de sa vie, de son temps, de ses comportements et des conséquences que ses comportements produisent à court, moyen ou long terme ?

L’axe de travail que pose cet article est de mener une réflexion sur la question du temps et de la gestion du temps en coaching avec la perception personnelle propre à chaque individu en s’appuyant sur les outils et le processus de coaching en particulier le CVBLPE (Croyance, Valeur, Besoin, Limite, Parasitage et Emotion) tout en prenant en compte les comportements et leur conséquence dans la vie de cet individu.

L’objectif de cet article est d’utiliser l’approche du coaching pour traiter la question de la gestion du temps chez l’individu en prenant en compte son identité dans le but de trouver son équilibre de vie et de s’épanouir.

J’ai choisi de traiter la gestion du temps pour un individu sans me focaliser sur un domaine en particulier car tous les domaines de notre vie sont liés, interconnectés et ont une influence les uns sur les autres.

Pour moi il sera très difficile de traiter la question de la gestion du temps en coaching individuel sans prendre en compte la vie de cet individu dans sa globalité au risque de traiter les conséquences sans agir sur la ou les vraie(s) cause(s) qui peuvent être dans d’autres domaines de sa vie.

Notre manière de gérer notre temps ou de nous organiser dans la sphère privée a une influence non négligeable sur notre vie professionnelle. Et l’inverse est aussi vrai, c’est-à-dire le déroulement de nos journées de travail avec l’état émotionnel qui en découle en fin de journée influence en retour notre vie privée.

Il est difficilement concevable d’imaginer une frontière hermétique entre la gestion du temps au travail et la gestion du temps à la maison dans la mesure où je m’intéresse à l’individu dans sa globalité, dans son unicité identitaire cognitif et aussi dans sa pluralité au niveau de ses domaines de vie interconnectés.

Je crois au principe de la synergie selon lequel tout est interdépendant et c’est encore plus vrai quand on s’intéresse à l’être humain, cet être si complexe de par son parcours de vie, son environnement, ses interactions sociales, sa quête de sens, etc.

Pour traiter ce thème de la gestion du temps en coaching, nous allons aborder dans la première partie de l’article la théorie et les problématiques liées à la gestion du temps. La deuxième partie sera consacrée aux apports et les limites du coaching en gestion du temps.

 

 

 

1       Théorie et problématiques en gestion du temps

Le temps est ce qui se fait, et même ce qui fait que tout se fait.

Henri BERGSON

Avant d’aborder la question du temps avec l’approche du coaching, posons-nous d’abord la question suivante « Qu’est-ce que le temps et quel est son impact dans la vie au quotidienne ? ». Cette première partie de l’article sera consacrée aux bases théoriques du temps, ses différentes descriptions et propriétés au sens physique, philosophique, spirituel et opérationnel ainsi que les problématiques liées à la gestion du temps dans notre société.

1.1      Définitions du temps

Le temps, un concept abstrait et réel en même temps à travers notre perception, l’horloge, le vieillissement, l’alternance des saisons, du jour, de la nuit, etc.

1.1.1      Qu’est- que le temps ?

Pour donner une définition au temps, nous allons nous référer aux différentes définitions proposées par le dictionnaire Larousse, parmi lesquelles nous en avons choisi 3.

Le temps est :

  1. Une notion fondamentale conçue comme un milieu infini dans lequel se succèdent les événements : Situer une histoire dans le temps.
  2. Un mouvement ininterrompu par lequel le présent devient le passé, considéré souvent comme une force agissant sur le monde, sur les êtres : Vous oublierez avec le temps.
  3. Une durée considérée comme une quantité mesurable : Ce procédé nous fera gagner du temps.[1]

Ces trois définitions du temps présentent des perceptions différentes de ce qu’est le temps selon son contexte d’utilisation. Cette diversité de sens et de définition du temps rend très difficile le fait de lui donner une définition unanime qui convienne à tout le monde et dans toute circonstance. Dans chacune des définitions, nous retrouvons une notion fondamentale sur ce qu’est le temps :

– La notion de succession d’évènements, qui montre que le temps n’est autre qu’un ensemble d’expériences vécues dans notre vie ;

– La notion de mouvement ininterrompu, ce qui veut dire que le temps est comme un fleuve qui coule sans cesse de manière infinie, indépendamment de son utilisation ;

– La notion de quantité mesurable, qui renvoie aux moyens de mesure temporel comme l’horloge ou le calendrier et la personne qui mesure.

Au vu de ces différentes définitions, le temps ne peut pas être gérer dans l’absolue car nous n’avons aucune influence sur le déroulement du temps. Mais nous pouvons gérer nos activités dans un laps de temps donné. Et notre perception du temps qui passe dépend de notre propre vécu et de ce que nous sommes en train de faire. En d’autres termes chacun peut donner sa propre définition au temps et décider de ce qu’il fait ou ne fait pas à chaque instant de la journée. On peut donc s’approprier du temps à sa manière et prioriser par rapport à notre perception du temps qui passe.

C’est là où le coach et le coaching rentre en jeu dans cette notion de décision consciente en lien avec mes valeurs et qui me permettent de m’épanouir. L’individu ou le client n’a pas la maitrise du temps qui passe, mais il peut avoir la maitrise sur son propre comportement, son attitude, sa perception, les actions et les résultats qui peuvent en découler dans le temps.

Par principe, le client en coaching cherche à atteindre son objectif en mobilisant ses ressources de manière durable, écologique et responsable. Grâce au CVBLPE (nos Croyances, nos Valeurs, nos Besoins, nos Limites, nos effets de Parasitage et nos Emotions), le coach va permettre à son client de mieux se connaitre pour choisir la stratégie d’action qui lui est adaptée.

1.1.2      Le temps vu par la philosophie

La philosophie nous donne d’autres définitions du temps qui est un concept difficile à appréhender. Il est intéressant de confronter différentes approches dont celle de la philosophie pour avoir une meilleure vision de la question du temps. Voici quelques définitions du point de vue des philosophes :

Le temps selon Aristote (384-322 avant Jésus-Christ), philosophe grec de l’Antiquité :

Le Temps, dans son ensemble, se compose du passé et de l’avenir ; et quelque portion du Temps que l’on considère, ce sont là les deux grandes divisions à l’une desquelles elle doit appartenir, ou entre lesquelles elle doit se répartir. […] Le présent, limite du passé et de l’avenir, se réduit en effet à un instant ; c’est l’instant présent.[2]

Le temps selon Saint Augustin (354-430 après Jésus-Christ), philosophe et théologien romain :

Toute la doctrine augustinienne du temps intérieur tient dans cette double opposition entre les préverbes des mots distensus et colligar d’une part, d’autre part extentio et intentio. Le temps subi était écartèlement, distension du présent entre un passé de regret ou de remords, et un avenir objet d’autres passions — crainte, attente ou désir — . L’instantanéité d’un présent où le futur bascule constamment dans le passé nous fait ressentir ce temps-là comme le lieu intérieur de la dispersion et de l’écartèlement, d’où il convient de se « rassembler ». […] Déjà, pour Augustin, la conscience du temps en ses trois dimensions est ce que nous appelons, depuis le début de ce siècle, une « donnée immédiate de la conscience ». Cette pensée très concrète s’en remet en effet aux données que lui « représente » sa mémoire ; elle décrit ce qu’elle appréhende, avant de l’élaborer ; elle se donne à elle-même sa propre phénoménologie, et la propose souvent telle quelle. Elle révèle ainsi l’immensité et la richesse d’un temps intérieur, sans rapport autre que conjoncturel avec celui des cadrans solaires dicté par la course des « grands luminaires » bibliques.[3]

Le temps selon Henri Bergson (1859-1941 après Jésus-Christ), un philosophe français :

Le Temps étant l’antithèse de l’Espace, il est bon de rapprocher ces deux notions pour en éclairer le sens par leur contraste. Or, dans le système de M. Bergson, l’Espace est défini par quantité et homogénéité, et partant par mensurabilité. […] Au contraire, le Temps est défini par qualité pure et hétérogénéité pure, exclusive de toute quantité, de toute homogénéité, et partant de toute mensurabilité. C’est le propre de l’esprit. Ainsi le Temps vrai n’a ni parties virtuellement multiples, ni quantité par où il soit mesurable ; ni homogénéité qui permette de comparer une durée à une autre durée et de les dire égales ou inégales. La durée pure, écrit M. Bergson, n’est qu’une succession de changements qualitatifs qui se fondent, qui se pénètrent, sans contours précis, sans aucune tendance à s’extérioriser les uns par rapport aux autres, sans aucune parenté avec le nombre. Ce serait l’hétérogénéité pure.[4]

L’approche philosophique du temps permet d’introduire d’autre notions en fonction de l’auteur :

  • Le temps est composé de passé, de présent et de futur;
  • Il existe un temps intérieur et un temps extérieur à l’individu ;
  • Le temps est qualitatif et hétérogène par opposition à l’espace qui est quantitatif et homogène.

Là encore nous nous retrouvons avec plusieurs notions différentes du temps mais qui peuvent être complémentaires dans la compréhension et dans l’identification des levier d’action en coaching. La vision philosophique confirme le fait qu’il est difficile de trouver une définition unanime du temps.

Le coach en gestion du temps doit être conscient de cette difficulté et du sens subjectif que peuvent avoir les mots selon l’interlocuteur que l’on a en face de nous. Le coach doit être vigilant pour éviter des erreurs d’interprétation ou de compréhension de la réalité de son client exprimée par ses propres mots. C’est là où la reformulation et le feedback jouent tout leur rôle.

Le temps, sa signification et sa bonne ou mauvaise gestion sont le reflet et la perception de chaque individu. Le travail de coach en gestion du temps va consister dans un premier temps à questionner le client sur sa réalité avec une attention particulière sur les mots et les expressions utilisés par le client. Dans cette quête de compréhension de la réalité du client à travers son champ lexical, la reformulation devient un outil incontournable pour le coach.

1.1.3      Le temps vu par la science

Afin de donner une autre vision au concept du temps, voici d’autres descriptions selon le point de vue scientifique cartésien qui nous fournissent d’autres enseignements sur le sujet.

Isaac Newton (1642-1727 après Jésus-Christ), mathématicien, physicien, philosophe et astronome,

En faisant du temps absolu, vrai et mathématique, qui coule uniformément l’opposé du temps relatif, apparent et vulgaire, Newton a fait du temps un devenir absolu qu’il appelait durée et des différentes échelles communes utilisées des mesures approchées d’une réalité métaphysique hors d’atteinte en elle-même.[5]

 

 

Marc Lachièze-Rey, Directeur de recherches au CNRS,

Un point de l’espace-temps est un évènement. En physique newtonienne, un évènement est à la fois un point dans l’espace (sa localisation) et un point dans le temps (sa date) […] Tout corps matériel (une particule, un objet, un physicien observateur…) vit une histoire qui se constitue de la succession continue de tous les évènements qu’il vit. On l’appelle sa ligne de vie ou sa ligne d’univers ; un morceau de la ligne de vie représente une portion de l’histoire de cet objet.[6]

On voit apparaitre notion de ligne d’univers ou d’histoire dans le temps qui sépare deux dates ou deux évènements. La science considère également le temps comme une variable utilisée dans les équations physiques ou mathématiques d’une part et d’autre part on parle de temps absolu et de temps relatif. C’est-à-dire le temps du point de vu de l’observateur.

La notion de temps relatif correspond à la vision du temps en coaching, car seul le client sait ce que signifie le temps pour lui et le coach va chercher à comprendre au mieux cette signification des mots de son client en utilisation les outils de communication. En ce sens, la théorie de la relativité peut s’appliquer au coaching en gestion du temps en prenant en compte le référentiel du client qui n’est autre qu’au-delà de la question du temps, sa vision du monde. C’est la carte du territoire du client qui fait foi, aucune autre carte n’existe en coaching à part celle du client. Le rôle du coach en gestion du temps sera de mieux comprendre le référentiel de son client avant toute stratégie d’action.

Face à ces multitudes de définitions et de concepts du temps, il est très difficile de lui donner une définition standard et de lui donner un sens unique. Il est d’autant plus difficile de traiter le sujet de la gestion du temps en coaching. Cette difficulté de définition, de traitement ou de réponse à la question du temps et de sa gestion a été mieux exprimée par Saint Augustin dans cette citation :

 

Si personne ne me demande ce qu’est le temps, je sais ce qu’il est ; et si on me le demande et que je veuille l’expliquer, je ne le sais plus.

Saint Augustin

 

Au-delà de cette difficulté d’appréhension de la question du temps, la notion de société en mouvement, d’accélération ou de vitesse fait rentrer une nouvelle dimension dans la réflexion sur cette question du temps. En physique, le temps est le rapport entre la distance parcourue et la vitesse, comme présenté sur la formule ci-dessous.

D (m)
V (m/s)
T (s)   =

 

 

 

 

Donc le temps ou notre perception du temps dépend de notre rythme d’avancement ce qui produit nos résultats. En physique, le temps est la mesure du mouvement. Trouver son équilibre de vie revient à mesurer sa propre vitesse d’avancement au quotidien et de s’assurer qu’elle nous convienne et que ce ne sont pas les conditions extérieures qui nous imposent la vitesse à laquelle nous avançons dans notre vie et dans la poursuite de nos rêves, mais que nous avançons à notre propre rythme de manière consciente.

L’individu doit s’interroger en permanence sur sa manière d’agir et son rythme propre afin d’adapter sa vitesse pour trouver son équilibre et s’épanouir. Dans notre société de l’hyperconsommation et de l’hyperconnectivité où tout va très vite, on retrouve 2 catégories de personnes :

D’une part, 1a 1ère catégorie de personnes qui avancent à vitesse grand V de la société sans prise de conscience au risque d’être en surcharge physique et/ou mentale avec comme conséquence la fatigue, le stress voire le burnout dans certains cas.

D’autre part la 2ème catégorie de personnes qui est quasiment à l’arrêt et exclu du mouvement de son environnement avec des difficultés de passage à l’action, le manque de motivation et de confiance en soi.

Pour ces 2 catégories de personnes, tant que chacun est conscient de sa situation avec la prise de recul nécessaire pour observer sa vitesse d’avancement relative par rapport à la vitesse et les conditions que lui impose la société et qu’il est aligné avec cela ; aucune question ne se pose. Mais à partir du moment où il existe une dissonance entre la perception de l’individu de sa vitesse d’avancement dans la vie et celle de l’environnement qui l’entoure avec une recherche d’amélioration de sa condition humaine, que ce soit dans le sens de ralentir le mouvement ou au contraire d’accélérer la cadence, le coaching peut avoir tout son rôle à jouer.

Dans ce contexte, le rôle du coach en gestion du temps est une fois de plus de permettre au client de prendre conscience de sa propre réalité (sa propre vitesse d’avancement, sa propre utilisation de son temps) et de l’environnement dans lequel il se trouve pour ajuster sa vitesse et retrouver sa position d’équilibre et d’épanouissement en se basant sur ce qui a du sens pour lui.

Est-ce que nous gérons réellement notre temps ? Peut-on vraiment gérer son temps ?

La question de la gestion du temps se pose dans différentes sphères de la vie par exemple

–           La gestion du temps professionnel sur le lieu de travail,

–           La gestion du temps personnel en dehors du travail,

–           La gestion du temps pour étudiant,

–           La gestion du temps pour parents,

–           La gestion du temps quand est en période de transition professionnel,

–           Et autres.

Nous sommes ce que nous sommes et nous avons ce que nous avons par le temps et grâce au temps. Derrière cette notion de temporalité, il y a la répétition d’Actions, d’Habitudes et d’Attitudes qui ont forgé notre personnalité, notre caractère et notre identité. Notre rapport au temps s’est forgé dans le temps avec l’installation d’un certain nombre de croyances qui peuvent être motrices ou limitantes. C’est pourquoi nous abordons la question du temps en coaching en s’appuyant sur les fondements identitaires de l’individu à travers le CVBLPE.

1.1.4      La question du temps en coaching

Comme nous l’avons vu dans les paragraphes précédents, il y a plusieurs définitions du temps en fonction de chaque discipline : la philosophie, la science et même le dictionnaire. Face à cette difficulté de définir le temps ou du moins de trouver une définition unanime entre la science et la philosophie, il est plus que nécessaire de se pencher sur la question de la gestion du temps dans un processus de coaching.

En coaching, le temps et sa gestion n’ont de sens que s’ils sont exprimés par le client. Le temps existe et n’a de sens en coaching tant que le client l’exprime par ses propres mots sans aucune interprétation du coach. Donc ici le temps c’est le temps du client qui n’a qu’une définition relative aux souffrances, au vécu, à l’objectif et au champs lexical du client. Le coach doit plus que jamais être à l’écoute active de son client sans aucun jugement ni interprétation du sens que donne le client aux mots.

Pour la suite de l’article, pour simplifier la réflexion, parmi toute les définitions du temps, nous allons retenir les 3 hypothèses ci-dessous au sujet du temps :

  • Le temps comme passé, présent et future ;
  • Le temps comme une durée mesurable ;
  • Le temps relatif pour chaque individu.

1.2      Problématiques liées au temps chez l’individu

Une des interrogations majeures de notre société est la question du temps. L’espérance de vie continue à s’allonger grâce au progrès technologique. Les conditions de vies matérielles s’améliorent de jour en jour avec le confort de vie associé. Est-ce que pour autant notre qualité de vie s’améliore ou du moins notre sentiment de bien-être s’améliore au fil du temps ?

1.2.1      Notre rapport au temps

Sommes-nous conscient du temps qui passe ? Selon notre vécu, chacun a une perception du temps qui est différent. Le temps peut sembler passer très vite si nous faisons quelque chose qui nous plait et avec laquelle nous sommes alignés. L’inverse est aussi vrai, quand il y a une dissonance entre ce que l’on pense et ce que l’on fait, le temps semblera très long. Ce qui veux dire que nous n’avons pas le même ressenti vis-à-vis du temps en fonction de l’individu et en fonction du contexte.

Pour mettre en relief les difficultés face à la question de l’équilibre, de l’épanouissement et de la liberté en lien avec le temps et l’absence d’activité voici deux extrait de sondage et d’enquête menés en France en 2015 et en 2021.

  • Extrait du Sondage Ipsos – Les trophées du bien-être :

La majorité des Français avoue chercher « constamment » à gagner du temps (55%), notamment parce qu’ils ont trop de choses à faire dans leur vie (54%). Plus d’un Français sur deux se déclare « souvent » stressé (54%) et considère même qu’il est en train de passer à côté de sa vie (47%), une situation très préoccupante. Le sentiment de ne pas prendre assez de temps pour s’occuper de soi est ressenti par près de 6 Français sur 10 (59%). En termes de bien-être, le bulletin de note des Français est en effet plus que passable. La mention « peut beaucoup mieux faire » s’impose. [7]

Ce sondage datant de 2015, met en évidence le besoin de gagner du temps chez les français et le stress qui peut être associé à une mauvaise organisation. Le sentiment de ne pas prendre du temps pour soi est présent chez 59% des Français. Le coaching en gestion du temps a tout son rôle à jouer dans cette quête de temps pour soi en permettant à l’individu de trouver ses sources de motivation intrinsèques et de mobiliser ses ressources pour son bien-être.

Ce sondage montre un rapport au temps des français plus tôt dans le manque de temps au quotidien, le manque de sens dans ce qu’ils font mais aussi la problématique de stress. Notre rapport au temps peut produire des conséquences positives ou négatives dans notre vie du fait que c’est le reflet de notre manière de nous organiser au quotidien. Ici on peut dire que l’individu est en mouvement perpétuel et cherche à ralentir.

Là encore le coach et le coaching en gestion du temps ont toute leur place pour aider l’individu à mener ce travail d’introspection, de connaissance de soi et de quête de sens qui puisse être le fondement d’une bonne organisation et de gestion du temps. Le coach va aider son client à mettre en place une organisation basée sur l’équilibre et l’épanouissement pour développer la responsabilité et l’autonomie du client.

Ces deux études/sondage montrent le rapport au temps des français, avec plus de la moitié qui cherche à gagner du temps à travers les activités du quotidien. Le covid19 a également eu un impact non négligeable sur les priorités des français. De plus en plus de personnes s’interrogent sur le sens de leur vie. L’apport du coaching dans ses moments de remis en question profonde c’est de de faciliter l’introspection et l’identification de ses valeurs.

1.2.2      Les différents profils temporels

Il y a une différence entre le temps et les phénomène temporels c’est à-dire-ce qui se passe dans le temps. On ne peut pas maitriser le temps mais on peut maitriser ce que l’on fait en terme d’activité dans un laps de temps donné. Selon notre manière d’organiser nos activités, il existe 2 profils temporels.

Dans son livre « Catégories de temps et relativités culturelles », Edward T. Hall explique qu’il existe deux modèles d’organisation du temps : « polychrone » et « monochrone ». « Ces deux systèmes d’organisation sont logiquement et empiriquement tout à fait distincts. Comme l’huile et l’eau, ils ne se mélangent pas. »

Dans un système « monochrone », courant en Europe du Nord ou en Amérique du Nord, la conception du temps est linéaire ou séquentielle. Les individus monochrones considèrent celui-ci comme une entité unique et tangible, qu’il est possible de planifier, contrôler, gaspiller et gagner, raison pour laquelle un manque de ponctualité peut être un facteur d’irritation. La vie professionnelle et sociale est dominée par un horaire ou un programme. Cette tendance pousse à l’établissement constant de priorités. « On traite d’abord les affaires importantes, en y consacrant la plus grande partie du temps disponible, et en dernier lieu seulement les affaires secondaires que l’on néglige ou abandonne si le temps manque », relève Hall.

Dans une culture « polychrone », que l’on retrouve dans les sociétés méditerranéennes ou dans le monde arabe, les individus sont engagés dans plusieurs événements, situations ou relations à la fois, et le temps est rarement perçu comme « perdu ». «Les rendez-vous ne sont pas pris au sérieux, et par conséquent, souvent négligés ou annulés», observe Hall.[8]

Il est important de connaitre l’existence des profils temporel, mais il ne faut pas s’identifier à tel ou tel profil. Il faut connaitre les mécanismes de réaction dans notre organisation quotidienne et s’adapter en fonction des situations. Ce qui arrive en réalité c’est que nous ne sommes pas tous conscient de notre profil temporel ainsi que les avantages et les inconvénients à agir de telle ou de telle sorte. La connaissance de ces profils permet connaitre ses propres tendances, c’est là que le travail du coach devient primordial en aidant son client à identifier ses différents modes de réactions au travers les profils temporels et d’adapter sa stratégie d’action en conséquence.

1.2.3      Les souffrances liées à une mauvaise gestion du temps

Cet article s’adresse à tous ceux qui sont intéressé par la question de la gestion du temps, les difficultés ainsi que les souffrances qu’une mauvaise organisation peut entrainer chez l’individu. Le but étant, tout le long de l’article, d’apporter des éléments de réponse à travers le coaching et d’aborder les limites du coaching dans l’accompagnement de ces difficultés en gestion du temps. Voici un certain nombre de souffrances et de difficultés auxquelles pourraient être confrontés les individus qui ont du mal à gérer leur temps et à s’organiser.

Pour mieux présenter ces difficultés, supposons un individu lambda qui s’appelle Pascal(e), avec des difficultés d’organisation et de gestion du temps, ce qui génère chez lui un mal-être, de la démotivation, de la procrastination et parfois une remise en question dans son quotidien. Pascal(e) souhaiterait trouver l’équilibre entre sa vie personnelle et sa vie professionnelle afin de s’épanouir et de vivre la vie de ses rêves.

Voici comment Pascal(e) définirait ses difficultés d’organisation, de gestion du temps et son ressenti face à ces difficultés :

–           Pascal(e) se dirait avoir du mal à trouver l’équilibre entre sa vie personnelle et sa vie professionnelle ;

–           Pascal(e) se dirait courir à longueur de journée et à être toujours en action sans satisfaction personnelle ;

–           Pascal(e) se dirait ne plus trouver de sens à sa vie du fait de la course permanente contre la montre dans tout ce qu’il fait ;

–           Pascal(e) se dirait ne pas être épanoui à travers les actions qu’il réalise ;

–           Pascal(e) se dirait ne pas trouver parfois la motivation de sortir du lit le matin, ce qui le pousse à reporter certaines tâches importantes et à prorcastiner ;

–           Pascal(e) se dirait manquer de temps, d’énergie et d’espace pour les choses importantes comme prendre du temps pour lui et pour sa famille ;

–           Pascal(e) se dirait subir les choses et perdre le contrôle de sa vie ;

–           Pascal(e) se dirait manquer de confiance en lui avec des difficultés à dire non, à prioriser et à planifier ses journées ;

–           Etc.

La suite de l’article présente ce que va permettre le coaching dans l’accompagnement de cette quête d’équilibre, d’épanouissement et de sentiment de non-maitrise de son temps. Dans la deuxième partie, nous allons tenter de répondre à ces différentes interrogations et les difficultés exprimées par Pascal(e) en utilisant l’approche du coaching.

1.3      Les champs d’accompagnement possibles

Face à toutes ces problématiques et à toutes ces souffrances que peuvent subir les individus en difficultés de gestion de leur temps, plusieurs champs d’accompagnement sont envisageables :

  • Clarifier son rapport au temps en travaillant sur ses croyances pour être proactif en renforçant les croyances motrices tout en limitant les effets des croyances limitantes.
  • Se recentrer sur soi en guidant et en permettant à l’individu de cheminer en toute sécurité dans sa démarche d’exploration et d’introspection pour une meilleure connaissance de soi, de ses valeurs et de ses besoins.
  • Donner du sens à son objectif pour susciter la motivation et ancrer le comportement.
  • Définir ses priorités en tenant compte de ses valeurs et de ses besoins pour donner du sens à son action.
  • Mieux gérer son temps et ses priorités en utilisant les outils et techniques adaptés à sa situation.
  • Trouver l’équilibre entre la vie personnelle et la vie professionnelle.
  • Mieux s’organiser quand on est en télé-travaille (contexte crise sanitaire Covid19).

Sans une prise de conscience profonde et identitaire des Croyance, des Valeurs et des Besoins, il est difficile d’avoir une gestion du temps écologique et durable pour l’individu. La mise en évidence de ses propres limites avec tous les effets de parasitage permet à l’individu de se mettre en mouvement et en action pour son bien être tout en minimisant l’impact de ses freins et en s’appuyant sur ses forces.

La gestion du temps n’a de sens que si elle permet à l’individu d’être aligné et de s’épanouir au-delà des simples résultats opérationnels. C’est-à-dire satisfaire ses Besoins, nourrir ses Valeurs et renforcer ses Croyances en activant les leviers de la Motivation intrinsèques qui lui confèrent l’autonomie et la responsabilité, ce qui constitue la finalité même d’un processus de coaching. Le rôle du coach étant d’accompagner son client vers la prise de conscience de qui il est vraiment, vers l’autonomie dans la prise de décision et vers la responsabilité dans sa stratégie d’action.

Aborder la question du temps et de sa gestion sous l’angle du coaching permet de mettre l’accent sur l’individu avant toute chose, sur qui il est, quel est son parcours, qu’est-ce qu’il se dit de lui-même pour ensuite aborder l’aspect pratique de la gestion du temps au quotidien.

Aborder la question de la gestion du temps sous l’angle du coaching permet d’adopter une approche holistique qui consiste à prendre en compte tous les aspects et toutes les dimensions d’un sujet. Les outils de l’analyse systémique comme le SCORE ou le Bateson aide dans la compréhension de la réalité du client avant de se lancer dans une stratégie d’action prématurée.

 

2       Apports et limites du coaching en gestion du temps

Toute action est un empiétement sur l’avenir.

Henri Bergson

Face à ces difficultés de définition et de perception de ce qu’est le temps et de sa gestion, le coaching offre une perspective très intéressante dans la mesure où nous allons nous intéresser à l’individu. Le coaching permet d’offrir un cadre d’échange et d’expression qui permet à chaque individu de mettre des mots sur sa propre perception du temps, des difficultés que cette perception pose dans son quotidien et surtout ce qu’il aimera faire évoluer dans cette perception ou réalité.

C’est là où le coaching et le rôle du coach prennent tout leur sens et toute leur place, c’est-à-dire aider l’individu (le client) à mieux se connaitre, à mieux connaitre sa propre réalité d’aujourd’hui pour pouvoir se projeter en plein conscience dans une nouvelle réalité avec une stratégie d’actions, de moyens et d’outils adaptée à ses vrais besoins.

L’intentionnalité du coach :

Le rôle du coach est de guider et d’accompagner son client dans son parcours de changement tout en adoptant une posture basse sur le contenu que va lui livrer son client. En dehors de l’entretien préalable, durant lequel, le coach définit le cadre du coaching en adoptant la posture haute, le reste du temps, le coach écoute et questionne son client pour avoir une meilleure compréhension de sa réalité et adapter par la suite sa dimension tactique aux besoins du client.

Le coach aide le client à mieux intégrer la première stratégie cognitive identitaire en toute sécurité ontologique avant la stratégie d’action qui n’est finalement qu’une conséquence de notre identité profonde, de nos croyances, de nos valeurs et de qui nous sommes vraiment.

Une chose est sûre, peu importe la performance opérationnelle de l’outil de gestion du temps que nous utilisons, si cette utilisation ne s’inscrit pas dans une prise de conscience profonde de nos modes de pensées automatiques qui sont liées à notre identité profonde, nous allons avoir des changements superficiels de résultat à court terme mais aucun résultat durable et écologique pour l’individu.

La dimension tactique du coach :

Le coach en général ou le coach en gestion du temps en particulier doit permettre à son client d’atteindre son objectif, d’être autonome et responsable à la fin du processus de coaching. Ce qui passe nécessairement par la connaissance de soi et de ses vrais besoins avant de choisir sa stratégie d’action ou son outil de gestion du temps. Donc avant de poser la question de l’outil à utiliser qui n’est qu’un moyen et non une fin en soi, il faut d’abord s’intéresser à l’individu qui utilise l’outil :

Qui il est ? Où il a vécu ? Qu’est-ce qu’il a vécu ? Comment il l’a vécu ? Où il en est aujourd’hui ? Qu’est qui a fait qu’il en est là ? Où il veut aller ? Qu’est-ce qu’il veut vraiment ? Qu’est-ce que ça lui apportera ? Quels sont ses ressources et ses blocages ? etc.

Comme dit l’adage populaire « L’habit ne fait pas le moine », donc l’outil ne fait pas l’organisation. Ce n’est pas l’outil qui gère le temps, mais c’est l’individu qui utilise l’outil et l’utilisation qu’il fait de cet outil. D’où l’importance de la dimension cognitive pour une bonne gestion du temps et une organisation qui nous corresponde.

Pour moi, en gestion du temps, il existe deux grandes stratégies : la Stratégie Cognitive Identitaire (SCI) et la Stratégie Comportementale Active (SCA). Chacune de ces stratégies influence notre manière de percevoir le temps et ses effets réels ou imaginaires dans notre quotidien. Ces deux stratégies complémentaires s’appuient sur le CVBLPE et permettent à l’individu de mieux appréhender d’abord sa propre réalité et ensuite de mettre en place des actions pour atteindre ses objectifs de vie grâce à la gestion optimale de son temps et de ses activités. Le principe que nous adoptons en coaching de gestion du temps est présenté sur le schéma de la page suivante :

 

La stratégie cognitive identitaire :

C’est une stratégie d’introspection, de recherche de causes profondes, d’analyse profonde, de compréhension de sa propre réalité et du contexte avant de tenter toute mise en action. Ici on cherche les raisons profondes qui poussent l’individu à agir de telle ou telle sorte, ses ressources ou blocages éventuels. Cette stratégie est orientée vers l’identité de l’individu pour une meilleure connaissance de soi, sans quoi, les actions que nous allons entreprendre ne serons pas efficaces.

La stratégie comportementale active :

C’est la stratégie d’action et de traitement des effets qui doit venir après une meilleure compréhension de la réalité du client. Ici l’objectif est d’utiliser ou d’appliquer des outils de gestion du temps et de mettre en place des actions pour produire les effets désirés, obtenir des résultats et atteindre l’objectif fixé.

Dans cette deuxième partie de l’article, nous allons aborder les apports et les limites du coaching dans la gestion du temps d’un individu lambda sous l’angle des deux stratégies cognitive et comportementale.

Le développement personnel :

Au cœur de ce principe de représentation du coaching en gestion du temps autour de ces deux stratégies cognitive et comportementale, on retrouve le développement personnel de l’individu. A travers cette vision, le développement personnel se décline en 3 axes :

1er Axe : L’individu doit s’assurer en permanence d’être en accord avec le contenu qui se trouve dans son propre cercle dont il a lui-même tracé les contours de manière consciente ou inconsciente. Il doit être aligné avec sa propre vision du monde, ce qui se trouve dans son cercle d’entendement, donc qui il est vraiment au-delà des étiquettes de jugement de la société. Ici l’individu se centre sur lui-même.

2ème Axe : L’individu élargit le périmètre de son cercle en intégrant de nouvelles idées de nouveaux principes de vie, de nouvelles croyances ou de nouvelles valeurs à travers son évolution dans la vie, son expérience, l’éducation et la formation continue de la vie. En d’autres termes, il agrandit sa carte, son cercle pour avoir une meilleure vision du territoire. Là encore, la notion d’alignement est plus qu’important car elle doit permettre la paix intérieure et l’épanouissement.

3ème Axe : L’individu améliore ses interactions avec son environnement à deux niveaux : à l’intérieur du cercle et à l’extérieur du cercle.

D’abord, le 1er niveau d’interaction se trouve à l’intérieur de son cercle entre qui il Est, ce qu’il Fait et ce qu’il A en retour. Autrement dit, il doit développer la conscience de soi pour être à l’écoute de ce qui se passe en lui-même à travers ses Croyances, ces Valeurs, ses Comportements, ses Résultats et les ressentis Emotionnels que toute cette alchimie génère en lui. Le principe est d’être éveiller pour capter tout changement d’état émotionnel et de conscientiser les raisons de ce changement d’état émotionnel pour une meilleure connaissance de soi.

Ensuite, le 2ème niveau d’interaction se trouve à l’extérieur de notre cercle. Ces interactions englobent tous les échanges que nous avons avec notre environnement extérieur en terme de communication, de partage, de relations sociales, etc. Il est très important de prendre en compte son environnement extérieur pour mieux vivre notre dimension intérieure.

Le rôle du coach en gestion du temps :

Aucune évolution au sens cognitive ou changement ne doit se faire au détriment de la sécurité ontologique de l’individu (du client). A travers ces notions d’évolution, de changement voir de transformation, le rôle du coach devient capital et permet de guider le client dans son cheminement en toute sécurité. La gestion du temps est avant tout une gestion identitaire avant de parler d’organisation opérationnelle. Le coach en gestion du temps doit aider son client à trouver un équilibre durable entre sa stratégie d’action et sa dimension identitaire. S’il n’y a pas d’alignement entre ce que fait le client et qui il est vraiment, aucune organisation ou d’outil ou de technique de gestion du temps ne sera profitable à long terme. Un autre risque existe, c’est que à la fin du processus de coaching, le client perde la motivation et la responsabilisation nécessaire pour poursuivre son chemin sans le coach.

2.1      La Stratégie Cognitive Identitaire SCI : Ancrer le comportement

Le but de la Stratégie Cognitive Identitaire est de permettre au client de se connaitre suffisamment pour développer l’autonomie nécessaire à la réalisation durable des actions qui vont lui permettre d’atteindre son objectif même en l’absence du coach.

  • La personnalité pour une meilleure connaissance de soi

La question de la personnalité est centrale dans le coaching de manière générale et dans le coaching en gestion du temps en particulier. Poser la question de la personnalité en gestion du temps permet au client de mettre en évidence les fondements de sa constructions identitaire et ses sources de motivation intrinsèque en lien avec son identité et qui vont lui permettre d’adapter son comportement à son objectif.

Il existe différentes approches pour définir cette notion de personnalité qui est au final propre à chaque individu et selon sa perception. Il sera très difficile de donner une définition unilatérale de cette notion de personnalité. Pour la suite de l’article, nous allons utiliser les approches cognitives pour définir la personnalité et son importance dans le processus de coaching à travers les Croyances, les Valeurs et les Besoins de l’individu.

  • La personnalité : approches cognitives

Chaque individu est une personne unique dans la mesure où nous avons tous un vécu, une expérience, un parcours et un contexte de vie différents. La manière d’interagir avec l’environnement extérieur est propre à chacun. Notre personnalité découle de tout ce qui constitue notre vie. Voici la définition de la personnalité selon les approches cognitives.

La personnalité est construite dans l’interaction du sujet avec le monde qui l’entoure. Ce sur quoi il est mis l’accent ici, ce sont les processus cognitifs de traitement de l’information. La personnalité est donc construite par le sujet à partir de schémas personnels qui sont le fruit de sa propre interprétation des évènements.

Georges Kelly parlera de « construit personnel ». Le construit personnel est la grille de lecture que chacun se construit pour faire sens du monde qui l’entoure, c’est en d’autres mots ce que l’on connaît en coaching sous le vocable « carte du monde ». Pour résumer, la personnalité s’explique par la somme des expériences vécues par un individu et par sa manière de traiter rationnellement et émotionnellement l’information provenant de ces expériences[9].

Le coaching et le coach se doivent d’intégrer cette distinction personnelle et cette unicité de la personnalité. Le coach doit être neutre vis-à-vis du client, de son histoire et de sa réalité ou du moins de la perception qu’il a de sa réalité. En coaching, le client est quelqu’un de responsable, c’est lui qui sait, qui il est, ce qu’il veut et pourquoi il le veut. Le coach doit composer avec la réalité que le client exprime de lui-même et l’aider à comprendre d’avantage cette réalité pour atteindre son objectif.

  • Les Croyances, Valeurs et Besoins :

Les croyances représentent un cadre de vie que l’individu s’est défini lui-même à travers son parcours de vie et de sa réalité présente. Ce sont comme des pilotes automatiques qui impulsent nos choix et nos décisions de manière consciente ou inconsciente. Ces croyances peuvent être limitantes ou aidantes selon l’effet qu’elles ont dans notre quotidien. Ce cadre des croyances n’est pas fixé dans le marbre, l’individu peut ou se doit d’interroger ses croyances afin de minimiser l’effet des croyances limitantes à travers son propre dialogue interne.

Nos valeurs sont des caractéristiques de nos croyances. Nos valeurs nous permettent d’établir des règles de vie saines épanouissantes dans notre cadre de vie qui est prédéfini par nos croyances. Nos valeurs représentent nos repères dans ce cadre de vie. Ce sont nos critères de sélection.

Nos besoins sont comme des indicateurs qui nous permettent de vérifier que nos valeurs sont nourries à travers ce que nous faisons et qu’elles sont en alignement avec notre cadre de vie défini par nos croyances. Satisfaire nos besoins est vital à notre bien-être et notre épanouissement personnel.

En coaching, le travail sur les croyances, les valeurs et les besoins du client est essentiel.

  • L’importance du CVBLPE en coaching gestion du temps :

En gestion du temps, comme dans tout autre thématique de coaching, il est indispensable de mettre un focus sur les besoins réels du client, les valeurs qu’il cherche à nourrir et le cadre de ses croyances. Sans ce travail préalable sur la dimension cognitive, la gestion du temps dans son aspect opérationnel et pratique n’aura pas d’utilité à long terme pour le client. Tant qu’on ne répond pas aux vrais besoins du client, ses peurs, ses souffrances et son désir d’aller vers cette nouvelle situation de vie, la stratégie d’actions ne sera pas efficace.

A travers sa dimension tactique, le coach doit chercher avant tout de comprendre la réalité subjective et objective du client afin de mieux orienter son questionnement pour le bénéfice de son client et pour l’aider à atteindre son objectif.

La gestion du temps en soi n’est pas une finalité, mais c’est un moyen d’atteindre une finalité, un objectif de vie pour le client. C’est pourquoi il serait inefficace à long terme pour le client de se focaliser uniquement sur l’aspect opérationnel et les outils à mettre en œuvre au risque de perdre la motivation dès la fin du processus de coaching.

Le rapport collaboratif, la dimension tactique, la posture basse du coach, l’éthique et la déontologie du coaching doivent permettre au client de se sentir en confiance et en sécurité pour aborder les causes profondes de sa problématique de gestion du temps qui n’est parfois que la partie visible de l’iceberg. Dans cette démarche, la question des besoins du client est très importante.

Ils existent différentes approches pour identifier les besoins d’un individu, nous allons en citer deux approches : L’approche linéaire d’Abraham Maslow et L’approche systémique de Virginia Henderson.

  • L’approche linéaire d’Abraham Maslow :

La pyramide des besoins est une théorie élaborée à partir des observations réalisées dans les années1940 par le psychologue Abraham Maslow sur la motivation. La ”pyramide de Maslow” a le mérite de présenter synthétiquement l’ensemble des besoins de l’individu social avec cinq niveaux de besoin (voir schéma page suivante).[10]

 

  • L’approche systémique de Virginia Henderson :

Selon Virginia Henderson est une infirmière américaine, il existe trois natures des besoins :

  1. Les besoins primaires, également appelés besoins élémentaires ou physiologiques, sont les besoins indispensables à la survie : se nourrir, respirer, se protéger du froid…
  2. Les besoins secondaires sont des besoins dont la satisfaction n’est pas vitale. Parmi eux on trouve le besoin de mobilité, de se vêtir, de se distraire, d’avoir une vie sociale.
  3. Les besoins fondamentaux correspondent aux besoins de sens : ressentir, penser, créer, décider, croire, mettre du sens…

Suivant la même optique que le modèle de V. Henderson, l’équilibre d’un individu suppose que les trois natures de besoins coexistent.[11]

En résumé, il faut noter que chaque individu a des besoins qu’il cherche à satisfaire au travers de sa stratégie d’action et de comportement. Un besoin non satisfait peut générer de la souffrance. Le coach peut utiliser le travail sur les besoins du client pour mettre en lien le comportement et la motivation à travers les besoins.

2.1.2      Le CVBLPE pour définir ses priorités

Les résultats que nous obtenons au quotidien dans tous les domaines de notre vie sont la conséquence directe ou indirecte de notre manière de gérer le temps, de notre rapport au temps ou encore de notre perception du temps. Notre manière d’agir elle-même s’inscrit dans notre stratégie globale d’action.

Le rôle des émotions dans cette stratégie d’action est de nous servir d’indicateur pour soit nous conforter dans notre perception du temps ou soit nous tourmenter par rapport au temps qui passe. Ce qui peut générer du stress, de l’anxiété, de la perte de sens, voir même de la culpabilité dans certains cas.

En remontant d’un autre cran supérieur, on s’aperçoit que tout cela (les résultats que nous obtenons, le temps qui passe, la stratégie d’action et le ressenti émotionnel) s’inscrit aussi dans la dimension supérieure des croyances, des Valeurs et des Besoins de l’individu. C’est le principe que pose les domaines de conscience de G. Bateson : un outil qui permet de repérer un blocage à un niveau de conscience inférieur et de le résoudre à un autre niveau de conscience supérieur.

 Donc pour obtenir les résultats que nous souhaitons dans le temps, il faut travailler d’abord en conscience sur le niveau supérieur identitaire pour lever les blocages ce qui facilitera le travail sur le niveau inférieur des actions qui n’est qu’une conséquence de qui nous sommes vraiment au sens croyance, valeur et besoin. Donc pour opérer un changement durable, il faut travailler sur les causes profondes qui ont produit les effets que nous vivons aujourd’hui.

Nos valeurs représentent un élément clé dans le CVBLPE et je vais dans un premier temps faire un focus sur les Valeurs pour ensuite faire le lien avec les autres composantes du CVBLPE dans le coaching en gestion du temps. Pour mettre en évidence l’importance des valeurs dans notre manière d’agir, de prendre des décisions et de définir nos priorités, je vais vous présenter un exemples d’application du travail sur les valeurs dans un de mes processus de coaching dont la demande initiale était : « M’aider à définir les bons critères pour pouvoir choisir mon futur compagnon ».

  • Que représentent nos valeurs ?

Nos valeurs représentent nos critères de sélections conscientes ou inconscientes dans toutes les situations. Nous agissons et nous faisons nos choix en fonction de nos valeurs. Donc dans ce processus de coaching, il était important pour le client de connaitre ses valeurs pour pouvoir les nourrir à travers sa stratégie d’action et être aligné.

  • Intentionnalité du coach :

L’intentionnalité du coach lors de ce travail sur les valeurs était de permettre à ma cliente de définir les critères qui vont lui permettre de choisir son futur compagnon qui lui corresponde pour vivre heureux. Comme dit précédemment, nos valeurs constituent nos repères dans la vie et nous guide dans nos choix. C’est pourquoi, le travail sur les valeurs est devenu l’élément fondamental de ma dimension tactique dans ce processus de coaching.

  • Bénéfice pour la cliente :

Les bénéfices de ce travail sur les valeurs pour le client sont : la cohérence, l’alignement et la congruence avec elle-même qu’elle va retrouver en faisant ses choix selon ses propres valeurs ainsi que l’affirmation de soi qui va découler de cet état d’esprit positif impulsé par le fait d’être aligné. Dans ces condition la cliente est en phase avec ses choix et il est heureux.

  • Dimension tactique du coach :

Lors d’un de ce processus de coaching dont la demande de la cliente tourne autour de la définition de critères de choix d’un futur compagnon, j’ai orienté la dimension tactique essentiellement autour du travail sur ses valeurs pour permettre au client de les identifier, de les hiérarchiser et de mettre des éléments indicateurs factuels et des critères de vérification derrière chaque valeur. L’exercice sur les valeurs est un moyen très efficace pour accompagner cette cliente dans son parcours vers l’atteinte de son objectif.

  • Points de vigilance du coach :

En interrogeant les valeurs, le coach doit être vigilant dans son questionnement et dans son écoute pour en s’appuyant sur de la reformulation pour valider que le coach a bien compris les propos de son client.

Un autre point de vigilance se trouve au niveau de l’exercice même de valeurs, le coach veillera à expliquer l’objectif de l’exercice et son rôle dans le processus de coaching à ce moment-là. Le risque est que la cliente considère le travail sur les valeurs comme un simple exercice sans faire le lien avec la dimension cognitive et le reste du processus de coaching.

Le coach sera également vigilant à sa propre écologie en étant attentif à ses réactions face au contenu de son client. Cela renvoie au petit vélo : le regard et la vigilance du coach dans les 3 directions (le client, la relation et le coach).

Une fois que le client a clairement identifié ses Valeurs, la stratégie d’actions sera plus efficace et plus simple à mettre en œuvre car les comportements, les habitudes et les attitudes vont prendre leur encrage sur l’identité profonde en lien avec les Croyances, les Besoins, les Limites, les effets de Parasitage et les Emotions générées chez l’individu quand ses valeurs sont nourries. Ce qui va permettre au client d’agir par soi-même et pour soi-même dans la durée en identifiant ses ressources et ses freins. En d’autres termes, le client devient non seulement responsable de ses actions, il s’épanouit aussi dans son quotidien car il agit selon ses valeurs et il est autonome.

A la 8ème séance de ce processus de coaching et après le travail de clarification des valeurs, ma cliente me dit :

« Le weekend dernier j’ai rencontré quelqu’un, nous avons discuté. J’étais dans l’écoute, dans la compréhension mutuelle et je cherchais des éléments qui répondraient à mes critères donc qui nourriraient mes valeurs si je m’engageais dans une relation avec cette personne. Avant ce coaching j’aurais été dans la séduction et maintenant je suis dans l’écoute, merci. »

Cet extrait de mes séances de coaching montre la puissance du travail sur les valeurs en coaching de manière général en particulier en gestion des priorités.

  • En quoi le travail sur les valeurs peut aider le client dans sa gestion du temps ?

La gestion du temps c’est la gestion des priorités. Quand nous sommes clairs avec nos valeurs et nos critères de choix qui découlent de ces valeurs, nous décidons plus facilement pour réaliser telle ou telle activité car nous savons laquelle de ces activités ou de ces choix nourrirait le plus nos valeurs et nous permettrait d’atteindre notre objectif. Donc la clarification de nos valeurs est un outil de priorisation très efficace que nous pouvons utiliser dans notre gestion du temps et des priorités.

2.2      La Stratégie Comportementale Active SCA : Agir efficacement

Une fois le travail identitaire effectué et que le client a bien identifiés ses Croyances, ses Valeurs, ses Besoins et ses sources de Motivation profonde, on peut commencer à travailler sur la stratégie d’actions pour permettre au client de mettre en place son organisation. A ce stade le rôle du coach en gestion du temps n’est pas de proposer au client les outils ou techniques à utiliser auquel cas nous franchissons la ligne rouge du conseil voire de la formation. Le coach va faire en sorte que le client puisse trouver lui-même les outils ou les techniques qui lui conviennent et qui soient adaptés à son objectif et à sa personnalité à travers le questionnement et tous les leviers de la communication.

Parmi les multitudes de définition du temps, nous adoptons les 3 postulats de base suivantes pour aborder la gestion du temps opérationnel en coaching :

  1. Le temps est une durée qui s’écoule de manière ininterrompue.
  2. Le temps est borné par un début et une fin.
  3. Le temps est une succession d’instant présent.

Le principe de gestion du temps que nous adoptons pour la partie opérationnelle et la stratégie comportementale active est que : Nous utilisons l’instant présent pour nous concentrer sur une activité d’une certaine durée à réaliser dans un laps de temps délimité par une heure de début et une heure de fin.

Le temps est une quantité de ressource dont nous disposons. Gérer son temps reviens reviendrait à s’interroger sur comment gérer cette ressource à notre disposition. Vu que nous n’avons pas d’influence sur le déroulement du temps, nous allons travailler sur les phénomènes temporels c’est-à-dire nos activités ou nos occupations que dans le temps.

Chaque individu dispose de 24h dans une journée, la différence entre deux individus réside dans ce qu’ils font durant ces 24h.

En faisant le parallèle avec les 3 natures de besoins de l’individu de Virginia Henderson (besoins primaires, besoins secondaires et besoins fondamentaux), on peut diviser les 24h de la journée en 3 blocs temps de 8h : un bloc temps sommeil, un bloc temps subsistance et un bloc temps quête de sens (voir le graphe de la page suivante).

 

Nous allons utiliser cette représentation des différents blocs temps pour aborder la partie opérationnelle de la gestion du temps. La question à poser par exemple au client en gestion du temps est : Qu’est que tu fais de chacun de tes bloc temps de la journée ? En d’autres termes, Comment gères-tu ton temps ? Il est primordial de savoir dans quoi on investit notre temps si on souhaite avoir une meilleure gestion du temps.

Un autre élément non négligeable à prendre en compte dans la stratégie comportementale active est de connaitre notre propre rythme biologique pour adapter nos activités à notre niveau d’énergie en fonction du moment de la journée. Par exemple choisir le créneau approprié pour travailler sur une tâche qui nécessiterait beaucoup plus de concentration. Il est important de bien se connaître et de bien connaître son propre rythme biologique pour adapter nos activités en fonction du moment de la journée où nous sommes le plus productif.

Voici 5 étapes que je vous propose en coaching et gestion du temps :

Etape 1 : Collecter les activités à réaliser pour diminuer sa charge mentale

Etape 2 : Prioriser les tâches pour travailler sur ce qui est important en premier

Etape 3 : Planifier pour réserver des créneaux aux choses importantes

Etape 4 : Passer à l’action pour atteindre son objectif

Etape 5 : Intégrer le feedback pour améliorer sa gestion du temps

2.3      Les limites du coaching en gestion du temps

Le rôle du coach est d’accompagner son client dans son parcours de changement. Ce qui veut dire que le client reste l’élément central du processus de coaching. Le client doit être responsable, motivé et autonome pour s’engager dans un processus de coaching.

De manière général, pour le bon fonctionnement du processus de coaching et pour l’atteint de l’objectif du client, le coach doit être vigilant à différents éléments tout le long du processus et dès l’entretien préalable :

  • La demande du client : Pour qu’elle soit une demande qui rentre dans le cadre du coaching et qu’elle ne soit pas une anti-demande par exemple.
  • Le cadre du coaching : Pour bien clarifier les rôles et les responsabilités du client et du coach, les règles, l’éthique et le code déontologique du coaching, les conditions tarifaires, contractuelles ainsi que toutes autre information permettant la définition du cadre et le bon fonctionnement du processus de coaching.
  • Le rapport collaboratif : Etablir un rapport collaboration basé sur les 4 composantes (relation empathique, relation authentique, relation chaleureuse et dimension professionnelle) pour que le client puisse atteindre son objectif. Le coach observe aussi ce qui se passe dans cette relation coach-client dans 3 directions : dans la relation qui se développe avec le client, chez le client et à l’intérieur de lui-même pour s’autoévaluer pendant les séances de coaching  technique du petit vélo.
  • L’écologie du client : Vérifier l’écologie à tout moment du processus de coaching pour garantir la sécurité ontologique du client.
  • Le type de changement dans la demande du client : Identifier le type de changement souhaité par le client en lien avec sa demande. Est-ce que c’est un changement de type 2 (changement de paradigme identitaire ou de représentation du monde plus profond) ou changement de type 1 (orienté comportement pour atteindre un objectif donné sans changer d’identité) ? Est-ce que je suis en phase d’une demande de coaching de transition ou de coaching de performance ? Selon le type de changement identifié, le coach adapte sa dimension tactique et les outils qu’il utilise pour veiller la sécurité ontologique du client. Le coach peut aussi utiliser la spirale dynamique comme grille de lecture afin de savoir si son client entame un changement vertical (rester dans le même système de valeurs) ou un changement horizontal (passer d’un système de valeurs à un autre).
    • La limite entre coaching et conseil-formation

La gestion du temps s’apprête beaucoup au conseil et à la formation sur l’utilisation de tel ou tel outil de gestion du temps. Le risque est que le coach joue le rôle du conseiller ou du formateur en gestion du temps sans ouvrir cet espace intersubjectif où le client fait émerger ses propres solutions qui ferons sens pour lui.

L’erreur à ne pas commettre le culte de l’outil magique.

Souvent, quand il est question de gestion du temps, nous pensons tout de suite agenda (papier ou numérique), checklist, todolist, matrice d’Eisenhower pour la gestion des priorités et j’en passe. Mais il y a une vraie question à se poser en amont pour ne pas tomber dans les travers du conseil ou de la formation avec une proposition immédiate quasi systématique d’un panel d’outils sans aider le client à faire une réelle introspection et une vraie prise de conscience de ses états du moi sans quoi, il n’y aura aucun changement ni évolution durable et écologique.

Parfois ces outils proposés ne sont même pas en accord avec les vrais besoins de la personne. Donc la vraie question à se poser avant de mettre en application tel ou tel outil de gestion du temps c’est : « Quelle utilisation je ferais de tous ces outils, si je ne connais pas un minimum mon rapport au temps, mes croyances au sujet du temps ou les causes profondément ancrées en moi qui me poussent à agir ou à réagir comme tel ? »

2.3.2      La vigilance face au phénomène de transfert/contre-transfert

Un des points de vigilance du coach en gestion du temps est le phénomène de transfert et de contre-transfert. Le coach en gestion du temps est souvent considéré comme un expert de la gestion du temps du fait de sa spécialité. Le client peut avoir une représentation supposée ou exagérée du statut, des capacités et des compétences du coach en gestion du temps. Ce qui peut générer le phénomène de transfert selon lequel, il y a projection affective du client vers le coach.

L’autre cas est vrai aussi, notre propre rapport au temps, en tant que coach expert de la gestion du temps, ne doit pas influencer le processus de coaching ni être projeté sur les représentations du client. Sinon, le phénomène de contre-transfert s’installe mais cette fois c’est le coach qui projette sa vision du monde et sa vision de la gestion du temps sur son client. Le coach peut ainsi réagir en résonnance par rapport à son propre vécu personnel durant les échanges.

Le contre-transfert désigne le sentiment conscient qu’éprouve le coach au regard du vécu et du comportement du client. Le coach réagit alors en résonance par rapport à son histoire personnelle et cesse d’accompagner son client sur l’histoire qui est la sienne. La supervision est dans ce cas nécessaire pour le coach.

Pour gérer ces phénomènes de transfert et de contre-transfert, le coach utilise les leviers de la régulation et de la mise à distance du transfert en s’appuyant sur les éléments posturaux du coach : la bienveillance, le professionnalisme, la connaissance de soi, la maitrise de soi, l’écoute centrée sur le client, l’écoute de la relation, l’authenticité et la congruence.

2.3.3      Le rapport collaboratif et la dimension tactique du coach

Le rapport collaboratif est l’élément de base pour tout processus de coaching. Dès le début du processus de coaching, le coach doit développer et maintenir un rapport collaboratif solide basé sur les 4 composantes de la relation coach-client :

  • La relation empathique – L’empathie : Comprendre les sentiments et les émotions de son client, sans les ressentir lui-même ;
  • La relation authentique – L’authenticité : Être sincère dans sa façon de vivre la relation avec client ;
  • La relation chaleureuse – Être chaleureux : Être chaleureux dans une relation d’accompagnement, c’est à la base accepter le client tel qu’il est, de manière positive ;
  • La dimension professionnelle – Professionnalisme : Être reconnu en tant que coach, la légitimité, l’identité professionnelle, les compétences et les capacités opérationnelles.

Le coaching est, par essence, collaboratif. Coach et client doivent travailler ensemble pour que le client atteigne son objectif défini dans le cadre du processus de coaching. Le client s’engage au niveau de l’assiduité, de l’action et des résultats. Le coach s’engage au niveau des moyens mis en œuvre. Le coach veillera à repérer également la prédominance de tout élément de résistance ou de réactance pouvant nuire au bon déroulement du processus de coaching.

2.3.4      Vigilance concernant le syndrome de l’expert en gestion du temps

Le syndrome de l’expert de la gestion du temps présente un risque, c’est de se focaliser uniquement sur la question de la gestion du temps qui peux cacher une vraie souffrance ou des causes plus profondes dont il ne faut pas passer à côté.

Quand un client sollicite un coach pour une demande en rapport avec la gestion du temps, le coach ne doit pas foncer tête baissée pour traiter la gestion du temps. Il doit d’abord passer par une phase de clarification de la demande du client. Il doit ensuite mener une exploration contextuelle du passé et du présent pour mieux comprendre la réalité, les croyances, les souffrances, les valeurs, les besoins et le désir de son client comme tout autre processus de coaching.

C’est seulement la demande clarifiée en lien avec le contexte et la réalité du client que le coach peut élaborer une stratégie d’actions visant à aider son client pour mieux gérer son temps si c’est ce qui ressort de l’exploration contextuelle et de la clarification de la demande.

Un autre aspect à prendre en compte en tant que coach en gestion du temps : Ce n’est pas par ce qu’on est coach en gestion du temps qu’on gère bien soi-même son temps ou que les outils et les techniques qu’on utilise sont adaptés à tout le monde, loin de-là. Le coach en gestion du temps doit permettre à son client de trouver ses propres outils, ses propres méthodes et ses propres techniques et vérifier l’écologie de son client à travers sa stratégie comportementale active qui doit elle-même s’inscrire dans le cadre de sa stratégie cognitive identitaire pour être aligné, être congruent, retrouver son équilibre et s’épanouir de manière durable.

Conclusion

La question que nous avons tenté de répondre dans cet article est la suivante : Comment utiliser le temps au service de son bien-être durable en prenant en compte ses croyance, ses valeurs et ses propres besoins dans le but de réaliser son rêve, d’être aligné et de s’épanouir indépendamment du temps qui passe ? Comment trouver le juste équilibre entre temps, activités et épanouissement personnel grâce au coaching ?

Voici deux difficultés principales à prendre en compte pour traiter la question du temps en coaching et chez l’individu dans notre société d’aujourd’hui :

  • Nous n’avons pas tous la même perception du temps. Les définitions ou les ressentis du temps diffèrent d’une discipline à une autre, d’un individu à un autre, d’une société à une autre, voir même d’un contexte à un autre. C’est le principe de la relativité lié au temps.
  • Notre société avance de plus en plus vite dans tous les domaines grâce aux évolutions technologiques et la quête de productivité dans un contexte où les individus sont en quête de sens, d’équilibre et d’épanouissement basée sur des critères intérieurs comme leurs valeurs.

C’est dans ce paradoxe d’un monde qui accélère sur des indicateurs extérieurs et de l’individu qui cherche à ralentir parfois pour se recentrer sur lui-même en se basant sur ses propres critères intérieurs que cet article et le coaching en gestion du temps ont tout leur sens en offrant un espace d’introspection, un espace d’exploration et un espace d’échange permettant à l’individu de travailler sur ces Croyances, ses Valeurs et ses Besoins.

 Pour trouver l’équilibre, le bien-être et l’épanouissement grâce au coaching en gestion du temps, je propose deux grandes stratégies : la Stratégie Cognitive Identitaire (SCI) orientée connaissance de soi pour créer un ancrage et la Stratégie Comportementale Active (SCA) orientée action pour produire les résultats dans la durée.

Chacune de ces stratégies influence notre manière de percevoir le temps et les effets réels ou ressentis que cette perception induit dans notre quotidien. Ces deux stratégies complémentaires s’appuient sur le CVBLPE (Croyances, Valeurs, Besoins, Limites, Parasitage et Emotions) et permettent à l’individu de mieux appréhender d’abord sa propre réalité et ensuite de mettre en place des actions pour atteindre son objectif de vie grâce à la gestion optimale de son temps.

Grâce à une bonne gestion du temps en s’appuyant sur les outils et le processus de coaching tout en prenant en compte l’ensemble des sphères ou domaines de vie de l’individu et de sa problématique, le coach doit permettre à son client une meilleure connaissance de soi, de sa réalité, de son objectif, de ses sources de motivation, de ses ressources et de ses freins, de ses peurs ou de ses souffrances pour élaborer une stratégie d’actions adaptée à ses besoins et à la réalisation de son objectif.

Dans cet article nous avons abordé la gestion du temps d’un individu au sens holistique en prenant en compte l’ensemble des sphères de vie de l’individu car tous nos domaines de vie sont interconnectés. Par exemple, la vie professionnelle peut avoir un impact sur la vie personnelle et inversement.

Il peut être intéressant de traiter le thème de la gestion du temps dans un domaine de vie en particulier en faisant un focus sur un contexte de vie spécifique de l’individu. Par exemple, la gestion du temps pour un manager, la gestion du temps pour un étudiant, la gestion du temps pour famille nombreuses, la gestion du temps pour jeune entrepreneur, …  Le champ d’action du coaching en gestion du temps est très vaste en fonction du contexte et de la spécificité de chaque individu.

Un autre élément à prendre en compte depuis 2019 en lien avec la gestion de notre temps au quotidien est l’apparition du COVID19 qui a changé complètement notre rapport au temps de manière général au travers des différents confinements et en particulier notre rapport au temps de travail avec l’introduction massive du télétravail. C’est là aussi un axe de travail à développer dans cette quête d’équilibre individuel grandissant et un contexte social et sanitaire évolutif : Comment gérer son temps et s’organiser quand est en télétravail ?

Pour ma part, au travers la rédaction de cet article, j’ai appris encore d’avantage sur ces deux thématiques qui me passionnent tant à savoir le coaching et la gestion du temps. Je me suis amélioré dans mon organisation quotidien mais aussi dans ma manière de pratiquer le coaching. Ce fut un immense plaisir de rédiger cet article et d’apporter ma pierre à l’édifice du coaching en gestion du temps, tout en espérant que la réflexion se poursuivra en intégrant et en approfondissant les effets du COVID19 sur notre rapport au temps.

« Nous avons tous 24h dans une journée, la différence entre un individu et un autre réside uniquement dans l’utilisation que chacun fait de ces 24h. Cette utilisation est définie à l’amont par notre identité et à l’aval par nos comportements qui eux-mêmes produisent des effets dans notre vie. »

 

Bibliographie

Livres

Si un seul auteur :

 – Moreau JOSEPH I (1948), Le Temps selon Aristote, In: Revue Philosophique de Louvain. Troisième série, tome 46, n°9, 1948. pp. 57-84; doi :

https://doi.org/10.3406/phlou.1948.4129

https://www.persee.fr/doc/phlou_0035-3841_1948_num_46_9_4129

 – Fontaine JACQUES I (1988), Augustin penseur chrétien du temps, In: Bulletin de l’Association Guillaume Budé, n°1, mars 1988. pp. 53-71; doi : https://doi.org/10.3406/bude.1988.1350

https://www.persee.fr/doc/bude_0004-5527_1988_num_1_1_1350

 – Farges A. I (1912), La notion bergsonienne du Temps, In: Revue néo-scolastique de philosophie. 19ᵉ année, n°75, 1912. pp. 337-378; doi : https://doi.org/10.3406/phlou.1912.2025

https://www.persee.fr/doc/phlou_0776-555x_1912_num_19_75_2025

 – Barreau HERVE I (1988), Temps et devenir. In: Revue Philosophique de Louvain. Quatrième série, tome 86, n°69, 1988. pp. 5-36;

https://www.persee.fr/doc/phlou_0035-3841_1988_num_86_69_6484

Marc LACHIEZE-REY I (2015, 2017), Einstein à la plage, Dunod

Eckhart TOLLE I (2000), Le pouvoir du moment présent, Arianne Editions Inc

De 2 à 4 auteurs :

 – Mikael KROGERUS I, Roman TSCHAPPELER, I (2012), Livre des décisions, LEDUC.S Editions

Sites web

 – LAROUSSE I (AAAA), « Accueil > langue française > dictionnaire > temps » in Titre du site, disponible sur [https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/temps/77238]. Consulté le [20/05/2021]

 – IPSOS I (2015), « Le bien-être : une recherche quotidienne » in Titre du site, disponible sur [https://www.ipsos.com/fr-fr/le-bien-etre-une-recherche-quotidienne]. Consulté le [02/05/2021]

 – SANTE PUBLIC FRANCE I (2021), « Comment évolue la santé mentale des Français pendant l’épidémie de COVID-19 – Résultats de la vague 23 de l’enquête CoviPrev » in Titre du site, disponible sur [https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-et-infections-respiratoires/infection-a-coronavirus/documents/enquetes-etudes/comment-evolue-la-sante-mentale-des-francais-pendant-l-epidemie-de-covid-19-resultats-de-la-vague-23-de-l-enquete-coviprev]. Consulté le [11/05/2021]

 – LE TEMPS I (AAAA), « Notre rapport au temps varie selon notre culture » in Titre du site, disponible sur [https://www.letemps.ch/economie/rapport-temps-varie-selon-culture]. Consulté le [26/03/2021]

 – LES ECOLOHUMANISTES I (AAAA), « L’histoire des gros cailloux » in Titre du site, disponible sur [https://lesecolohumanistes.fr/histoire-des-gros-cailloux/]. Consulté le [26/03/2021]

WIKIPEDIA I (AAAA), « Roue de Deming » in Titre du site, disponible sur [https://fr.wikipedia.org/wiki/Roue_de_Deming]. Consulté le [15/05/2021]

[1] [1] https://www.larousse.fr/

[2] [2] Moreau JOSEPH (1948), p.57

[3] [3] Fontaine JACQUES (1988), p.55

[4] [4] Farges A (1912), p.338

[5] [5] Barreau Hervé (1988), p.5

[6] [6] Marc LACHIEZE-REY (2015, 2017), p.24

[7] [7] Sondage Ipsos (2015), https://www.ipsos.com/

[8] [8] https://www.letemps.ch/economie/rapport-temps-varie-selon-culture

[9] [9] Extrait du cours Linkup coaching, Module 5, Le processus de construction identitaire – Développement personnel et professionnel, Apports complémentaires

[10] [10] Extrait du cours Linkup coaching, Module 5, Le processus de construction identitaire – Développement personnel et professionnel

[11] [11] Extrait du cours Linkup coaching, Module 5, Le processus de construction identitaire – Développement personnel et professionnel

Par Théophile Laroussinie

#SOCIOLOGUE #PHILOSOPHE #RECHERCHEETDEVELOPPEMENT #EMOTIONS #CROYANCES #RATIONALITE #ECOLOGIE #ETHIQUE #INSTITUTIONS #CONNAISSANCE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *